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Publié le 29 juin 2026

Mis à jour le 01 juillet 2026

Temps de lecture : 7 minutes

Les collectivités territoriales : motrices de la neutralité carbone dans les territoires

Pour que la France atteigne la neutralité carbone en 2050, l’action locale est décisive : les collectivités ont entre leur mains 25 % des leviers d’action de la planification écologique nécessaires pour réduire de moitié nos émissions brutes entre 1990 et 2030. De la planification énergétique à la gestion des déchets, découvrez comment les collectivités pilotent la transition écologique grâce aux outils réglementaires et aux leviers opérationnels. En tant que collectivités, découvrez aussi les références utiles pour coordonner la transition climatique de votre territoire.

En résumé

  • La territorialisation de la stratégie nationale bas-carbone est essentielle pour l’atteinte de la neutralité carbone à horizon 2050.
  • Par leurs documents de planification réglementaires (plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), schémas régionaux climat-air-énergie (SRCAE) et schémas régionaux d’aménagement, de développement durable et d’égalité des territoires (SRADDET)), les collectivités coordonnent la transition climatique de leurs territoires. 
  • Différents outils et leviers à la main des collectivités existent également pour décarboner leur fonctionnement et les missions relevant de leurs compétences : BEGES, mobilité, rénovation, cantines, urbanisme, achats publics, etc. 

Pourquoi territorialiser la stratégie nationale bas-carbone

La stratégie nationale bas-carbone (SNBC) définit la feuille de route de la France pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre. Pour les collectivités, définir et piloter une stratégie climatique territoriale et s’aligner sur la trajectoire de la SNBC est, au-delà d’une obligation légale compte-tenu des rapports d’opposabilité, une opportunité de :

  • renforcer la coordination des acteurs locaux sur les enjeux climat-air-énergie.
  • donner de la cohérence aux projets de territoire sur le long terme.
  • challenger les compétences directes des collectivités (mobilité, déchets, habitat) qui sont au cœur du modèle de transition.

Comment territorialiser la stratégie nationale bas-carbone ?

Les documents de planification territoriale

Pour coordonner la transition climatique, les collectivités pilotent à l’échelle de leur territoire des documents de planification, notamment réglementaires, qui leur permettent de construire une stratégie climatique qui s’articule avec la SNBC.

À l'échelle régionale : le SRADDET, SRCAE, SAR et SDRIF

La Région définit la stratégie régionale de transition climatique et d'aménagement à moyen et long terme à travers l'un ou plusieurs (selon les territoires) des documents suivants.

Dans 11 régions métropolitaines, le SRADDET est le document de référence en matière d’objectifs de développement des énergies renouvelables, de stratégie d’atténuation et d’adaptation au changement climatique, et de stratégie d’aménagement. Le SRADDET est défini par au L. 4251 du CGCT. Les modalités d’élaboration de chaque SRADDET sont prévues par délibération du conseil régional.

Le SRADDET doit notamment : 

  • fixer une trajectoire permettant d'aboutir à l'absence de toute artificialisation nette des sols ;
  • prendre en compte la SNBC, notamment dans la temporalité de ses objectifs quantitatifs, qui doit suivre celle des budgets carbones (en application des articles L. 222-1-A à L. 222-1-D du code de l’environnement et L .100-4 du code de l’énergie) ;
  • prendre en compte les objectifs et mesures du plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques;
  • être revu à la suite de l’adoption de la PPE, pour être compatible avec les nouveaux objectifs de celle-ci, dans les 6 mois suivants l’adoption du décret qui les fixe.  

Plus d’informations sur les SRADDET

  • En vigueur en Ile-de-France, en Corse et en Outre-mer, le SRCAE définit les orientations régionales pour l'air, l'énergie et le climat.
  • Il est défini à l’article L. 222-1-A à L. 222-1-D du code de l’environnement et il doit faire l’objet d’une évaluation et d’une révision tous les 5 ans.
  • Il comporte également une annexe intitulée « schéma régional éolien » où sont proposées les zones de développement de l’éolien.

Plus d’informations sur les SRCAE

  • Le SDRIF, qui est l'outil de planification d'aménagement du territoire de l'Ile-de-France, définit notamment la trajectoire permettant d’aboutir à l’absence de toute artificialisation nette des sols dans cette région.
  • Il est défini aux articles L123-1 du code de l'urbanisme et suivants.
À l'échelle locale : le PCAET

Le Plan Climat-Air-Énergie Territorial (PCAET) est l'outil central et ensemblier de coordination de la transition climatique pour les intercommunalités (EPCI) de plus de 20 000 habitants. Il est définit aux articles R. 229-51 à R.229-56 du code de l’environnement. Les PCAET sont mis à jour tous les six ans et font l’objet d’un bilan à mi-parcours et d’une évaluation finale.

Le PCAET comprend :

  • un diagnostic ;
  • une stratégie territoriale ;
  • un programme d'actions ;
  • un dispositif de suivi et d’évaluations. 

Les PCAET doivent s’articuler explicitement avec le schéma régional existant (SRADDET ou SRCAE), ou avec la SNBC.

Plus d’informations sur les PCAET 

À savoir

Votre PCAET doit être publié sur la plateforme nationale.

Plateforme Territoires et climat
Illustration

Schéma des rapports d'opposabilité entre la SNBC et les documents de planification

Schéma organisé en quatre niveaux territoriaux, présentés du haut vers le bas : International, National, Régional et Intercommunal. Il décrit comment la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) s'articule avec les autres documents de planification, et la nature des liens juridiques qui les relient.

Niveau International

À ce niveau figurent deux ensembles de documents :

  • Les documents onusiens : Accord de Paris sur le climat, Cadre mondial biodiversité, Objectifs de développement durable, etc.
  • Les documents européens : Pacte vert européen, Politique agricole commune, etc.

Les documents onusiens « sont respectés par » les documents européens. L'ensemble du niveau international « est respecté par » les documents juridiques nationaux.

Niveau National

Au sommet de ce niveau figurent les documents juridiques : codes de l'environnement, de l'énergie et de l'urbanisme, loi de transition énergétique pour la croissance verte, loi énergie-climat, loi climat et résilience, lois sectorielles, etc.

Ces documents juridiques « sont respectés par » trois ensembles de documents placés en dessous :

  • Les documents transversaux : Plan France 2030, SNB (stratégie nationale biodiversité), PREPA, SNMB (stratégie nationale de mobilisation de la biomasse), etc. 
  • Les documents sectoriels : feuilles de route de décarbonation des filières les plus émettrices, planification écologique sectorielle, etc.
  • Les documents transversaux et les documents sectoriels "prennent en compte" la SFEC (stratégie française pour l'énergie et le climat). 
  • La SFEC est composée du PNACC (plan national d'adaptation au changement climatique) et de la PPE (programmation pluriannuelle de l'énergie), cette dernière incluant le SMDP (stratégie pour le développement de la mobilité propre). La SFEC comprend aussi la SNBC (stratégie nationale bas-carbone), que la PPE prend en compte. 

Niveau Régional

Ce niveau comprend trois documents, outils de planification et d'aménagement.

  • Le SRCAE (schéma régional climat air énergie). 
  • Le SAR (chapitre individualisé valant SRCAE).
    • Le SRCAE et le SAR prennent en compte la SNBC.
  • Le SRADDET (schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires).
    • La SRADDET est compatible avec la PPE et prend en compte la SNBC. 

Niveau Intercommunal

Ce niveau comprend 2 outils de planification et d'aménagement et le PCAET, qui est une démarche climat/énergie.

  • Le PLUi/PLU (plan local d'urbanisme intercommunal / plan local d'urbanisme).
    • Le PLUi/PLU « prend en compte » le SCoT et le PCAET
  • Le SCoT (schéma de cohérence territoriale).
    • Le SCotT« prend en compte » le SAR. 
  • Le PCAET (plan climat-air énergie territorial), identifié comme une démarche climat énergie.
    • Le PCAET prend en compte le SCoT et la SNBC, et est compatible avec le SAR. 

Les règles générales des documents intercommunaux sont compatibles avec les documents régionaux. 
Les objectifs des documents intercommunaux prennent en compte les documents régionaux. 

Liste des sigles utilisés

  • PCAET : plan climat-air énergie territorial.
  • PLU/PLUi : plan local d'urbanisme / intercommunal.
  • PNACC : plan national d'adaptation au changement climatique.
  • PPE : programmation pluriannuelle de l'énergie.
  • PREPA : plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques.
  • SAR : schéma d'aménagement régional.
  • SCoT : schéma de cohérence territoriale.
  • SDMP : stratégie pour le développement de la mobilité propre.
  • SFEC : stratégie française pour l'énergie et le climat.
  • SNB : stratégie nationale biodiversité.
  • SNBC : stratégie nationale bas-carbone.
  • SNMB : stratégie nationale de mobilisation de la biomasse.
  • SRADDET : schéma régional d'aménagement, de développement durable et d'égalité des territoires.
  • SRCAE : schéma régional climat air énergie.

Savez-vous où en est l’action climatique territoriale ?

En février 2026, plus de 80% de la population vit dans un EPCI doté d’un PCAET.

Des rapports d’évaluation des politiques climatiques des collectivités sont réalisés :

Les BEGES pour décarboner l’activité des collectivités

Outre la coordination de la transition climatique à l’échelle de leur territoire, les collectivités sont également responsables d’émissions liées à leur fonctionnement et aux missions relevant de leurs compétences.

Qu’est-ce qu’un BEGES pour les collectivités ?

Un BEGES pour les collectivités est une évaluation des émissions générées par ses activités (liées à son patrimoine et à ses compétences). 

Qui est concerné ?

La réalisation d’un BEGES est obligatoire pour :

  • les régions et départements ;
  • les communes et intercommunalités (EPCI) de plus de 50 000 habitants (seuil basé sur la population totale qui est la somme de la population municipale et de la population comptée à part de l’EPCI) ;
  • les autres personnes morales de droit public employant plus de 250 agents.
Fréquence et sanctions

Contrairement aux entreprises, les collectivités doivent réaliser leur BEGES tous les trois ans.

  • Simplification : Une collectivité peut intégrer son BEGES directement dans son PCAET pour éviter une double publication.
  • Sanctions : En cas de non-réalisation, l'amende peut atteindre 50 000 € (100 000 € en cas de récidive).

Quelques leviers d’action concrets et opérationnels pour les collectivités

Les collectivités agissent directement sur le climat à travers la gestion de leur patrimoine et de leurs compétences. Une plateforme propose déjà de recueillir les solutions portées par les maires afin de les partager avec leurs pairs. Voici et également ci-dessous quelques obligations qui portent sur des compétences des collectivités territoriales.

Le parc automobile public est estimé entre 400 000 et 450 000 véhicules, dont environ 290 000 véhicules légers appartenant aux collectivités, une grande partie étant des véhicules utilitaires légers.
Les collectivités disposant d’un parc de plus de 20 véhicules doivent, lors du renouvellement de leur flotte, acquérir une part minimale de véhicules à faibles émissions (VFE) et à très faibles émissions (VTFE), conformément au code de l’environnement

L’alimentation représente près d’un quart de l’empreinte carbone des Français.  Les collectivités territoriales jouent un rôle central dans la restauration collective, notamment via les cantines scolaires. À titre d’exemple, les communes servent environ 720 millions de repas par an parmi les 3,1 milliards de repas de la restauration collective en France.
La loi EGAlim impose plusieurs obligations dans la restauration collective, notamment : 

  • au moins 50 % de produits de qualité et durables, dont 20 % de produits biologiques ;
  • diversification des sources de protéines ;

Les établissements doivent déclarer leurs pratiques chaque année sur la plateforme nationale ma-cantine.

Les collectivités gèrent environ 280 millions de m² de bâtiments tertiaires, soit près de 30 % du parc tertiaire national.

Le dispositif Éco Énergie Tertiaire organise la réduction progressive de la consommation d’énergie dans les bâtiments tertiaires de plus de 1 000 m² (écoles, bâtiments administratifs, équipements culturels ou sportifs).

L’objectif principal est une réduction de 40 % de la consommation d’énergie finale d’ici 2030 par rapport à 2010. Les consommations énergétiques et les progrès réalisés sont suivis via la plateforme OPERAT, qui centralise les données déclarées par les gestionnaires de bâtiments.

Chaque année, 20 000 à 30 000 hectares d’espaces naturels ou agricoles sont artificialisés en France. Cette dynamique contribue à l’étalement urbain, augmente les déplacements et réduit les surfaces naturelles, avec des impacts sur la biodiversité, la production agricole et le stockage de carbone.

La loi Climat et résilience fixe l’objectif de zéro artificialisation nette (ZAN) des sols en 2050, avec un objectif intermédiaire de réduction de moitié du rythme de consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers entre 2021 et 2031 par rapport à la consommation de la décennie précédente.

Les collectivités disposent d’un levier important via les documents de planification et les documents d’urbanisme, qui leur permettent de limiter l’ouverture de nouveaux espaces à l’urbanisation et de privilégier le recyclage des friches, la réhabilitation de bâtiments, la densification du bâti existant, la limitation de vacance des logements, la mutualisation d’usage de bâtiments, etc.

Les collectivités territoriales représentent 58 % de la commande publique, soit 45,6 milliards d’euros. Les achats publics durables constituent un levier majeur pour orienter les marchés vers des pratiques plus respectueuses de l’environnement. La loi Climat et résilience impose aux acheteurs publics d’intégrer au moins un critère environnemental dans l’attribution des marchés publics.

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