La stratégie nationale bas-carbone
La transition écologique vers la neutralité carbone
Publié le 29 juin 2026
Les impacts économiques
La stratégie nationale bas-carbone (SNBC) fixe le cap pour réduire les émissions de gaz à effet de serre de la France et atteindre la neutralité carbone d’ici 2050. Mais comment financer cette transition ? Quels seront ses impacts sur notre quotidien, notre pouvoir d’achat ou encore l’emploi ? Et en quoi renforcera-t-elle notre indépendance énergétique ?
En résumé
- Des investissements massifs, mais rentables : d’ici 2030, la France devra doubler ses investissements bas-carbone (passant de 113 milliards d’euros en 2024 à près de 200 milliards par an). Un effort nécessaire pour éviter des coûts bien plus élevés liés aux conséquences du changement climatique (sécheresses, inondations, etc.).
- Une transition créatrice d’emplois : entre 200 000 et 550 000 emplois nets pourraient être créés d’ici 2030, notamment dans les secteurs de la rénovation énergétique, des énergies renouvelables ou encore des transports propres.
- Un pouvoir d’achat préservé, voire amélioré : grâce aux économies d’énergie, la facture énergétique des ménages devrait diminuer d’ici 2030, tout en réduisant notre dépendance aux énergies fossiles (pétrole, gaz), dont les prix sont volatils.
- Une France plus indépendante et compétitive : aujourd’hui, la France importe 99 % de ses énergies fossiles, pour un coût de 60 milliards d’euros par an. En tenant les objectifs de la SNBC, nous pourrions économiser entre 22 et 39 milliards d’euros par an sur ces importations d’ici 2030, tout en développant une industrie verte made in France.
Comment financer la décarbonation de la France ?
Atteindre les objectifs de la transition bas-carbone demande des moyens financiers importants. En 2024, les investissements en faveur du climat atteignent déjà 113 milliards d’euros (dont 17 milliards d’euros portés directement par le secteur public et 96 milliards d’euros par le secteur privé). Les financements favorables à la décarbonation sont aujourd’hui en hausse et cette dynamique doit être renforcée et poursuivie.
Quels sont les besoins en financement de la transition bas-carbone ?
La décarbonation nécessitera des investissements privés et publics bruts supplémentaires qui pourraient s’élever à environ +82 milliards d’euros/an en 2030 par rapport à 2024 d’après la SPAFTE 2025. Cela signifie :
- doubler les investissements bas carbone par rapport à 2024 ;
- diviser par deux les investissements dans les énergies fossiles en 2030 ;
- augmenter de manière significative les parts bas-carbone dans les investissements de chaque acteur.
Quelle est la stratégie publique pour mobiliser les financements nécessaires à la transition bas-carbone ?
Une large gamme de politiques publiques vise à assurer une mobilisation efficiente des financements privés et publics au service de ces investissements pour la transition écologique. Dans un contexte budgétaire contraint, la priorité du gouvernement est de mobiliser les financements privés et de cibler les financements publics selon des critères de justice sociale, d’efficience et d’incitation.
L’intervention publique doit en effet être la plus efficace possible, en s’appuyant sur des leviers réglementaires incitatifs et des outils adéquats de tarifications du carbone, tout en permettant par exemple le financement des biens publics essentiels, et l’accompagnement des ménages et entreprises vulnérables.
Quel est l’impact de la SNBC sur notre quotidien, notre emploi et notre économie ?
La SNBC a été conçue pour protéger le pouvoir d’achat, soutenir l’emploi et renforcer la compétitivité des entreprises, tout en luttant contre le changement climatique.
L'impact sur la croissance et le PIB
À court terme, les investissements massifs dans la transition auront un impact limité sur la croissance.
À long terme, la transition vers la neutralité carbone générera des co-bénéfices (par exemple, réduction de la pollution de l’air, bénéfice sur la santé, etc.)
(Source : Évaluation macroéconomique de la SNBC 3 (Direction générale du Trésor, DGEC, ADEME, CGDD)
L'impact sur le pouvoir d’achat des ménages
D’ici 2030, la facture énergétique des ménages devrait légèrement baisser, avant de baisser fortement à long terme, grâce aux économies d’énergie permises par la SNBC La décarbonation et l’accompagnement des ménages les plus vulnérables permettront de réduire leur exposition aux prix des énergies fossiles.
(Source : Évaluation socio-économique de la SNBC 3 (CGDD, DGEC, Direction générale du Trésor).
L'impact sur l’emploi et les compétences
Selon la stratégie emploi-compétences publiée par le Secrétariat général à la Planification écologique, la mise en œuvre de la transition écologique pourrait être créatrice nette de 200 000 à 550 000 emplois nets d’ici 2030 notamment dans :
- La rénovation des bâtiments.
- Les énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse).
- Les transports durables (véhicules électriques, trains, vélos).
- L’économie circulaire (recyclage, réparation, réemploi).
Plus de 200 000 personnes à former chaque année, surtout des techniciens et ouvriers (installateurs de pompes à chaleur, électriciens, mécaniciens de véhicules propres, etc.). Ces besoins nécessitent de mobiliser l’ensemble des filières économiques et de territorialiser la stratégie, afin d’accompagner les mutations du tissu économique (notamment les TPE et les PME), ainsi que les actifs actuels et futurs en suscitant des vocations, en améliorant l’attractivité des emplois utiles à la transition écologique et en facilitant la formation.
Comment la SNBC renforce-t-elle notre indépendance énergétique ?
Aujourd’hui, la France dépend à 99 % des importations pour ses énergies fossiles (pétrole, gaz), ce qui coûte 60 milliards d’euros par an et nous expose aux crises géopolitiques et aux fluctuations des prix.
Une France moins dépendante et plus compétitive
En tenant les objectifs de la SNBC d’ici 2030, nous pourrons :
- économiser entre 22 et 39 milliards d’euros par an sur nos importations d’énergies fossiles ;
- développer une industrie verte française (batteries, éoliennes, panneaux solaires, etc.), créatrice d’emplois non délocalisables ;
- sécuriser notre approvisionnement en misant sur des énergies produites en France (renouvelables, nucléaire).
Une économie plus circulaire et résiliente
La SNBC encourage :
- Le recyclage et la réparation (pour réduire nos déchets et notre dépendance aux matières premières).
- Les circuits courts
- L’innovation verte
(Source : Évaluation macroéconomique de la SNBC 3)
Lexique
- Neutralité carbone : équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et leur absorption (par les forêts, les sols agricoles ou des technologies de capture).
- Économie circulaire : modèle économique qui vise à réduire les déchets et l’utilisation des ressources (recyclage, réemploi, réparation).
- Tarification du carbone : mécanisme qui fixe un prix sur les émissions de CO₂ pour inciter à les réduire (ex. : taxe carbone, marché de quotas).