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Publié le 29 juin 2026

Mis à jour le 08 juillet 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Suivi des impacts environnementaux de la stratégie nationale bas-carbone

Comment la stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) agit-elle sur l’environnement ? Suivez ses effets concrets grâce à des indicateurs transparents et réguliers.

En bref

La stratégie nationale bas-carbone (SNBC 3) est accompagnée d’une Évaluation Environnementale Stratégique (EES). Cet outil permet : 

  • d’anticiper les effets de la SNBC 3 sur l’environnement (eau, air, sols, déchets, etc.) ;
  • de mesurer ses impacts réels grâce à des indicateurs actualisés chaque année ;
  • d’ajuster les politiques publiques si nécessaire.

Bilan initial : l’EES conclut que la SNBC 3 aura des effets majoritairement positifs ou neutres sur l’environnement. Certains domaines (ressources, qualité de l’air, déchets) nécessitent cependant une vigilance accrue et font l’objet d’un suivi renforcé.

Quels indicateurs sont suivis ?

Pour évaluer l’impact de la SNBC 3, des indicateurs clés ont été sélectionnés. Ils couvrent 7 thématiques environnementales et seront mis à jour annuellement. Ces indicateurs couvrent les principaux points de vigilance relevés au travers de l'EES.

Ressources

La SNBC 3 a un effet plutôt positif sur les ressources minérales : la sortie des énergies fossiles, la sobriété et le recours aux matériaux biosourcés réduisent notre consommation de matières premières. À l'inverse, certaines technologies bas-carbone (batteries, éoliennes, nucléaire) accentuent la pression sur des matières stratégiques comme le lithium ou le cobalt, d'où le rôle clé de l'économie circulaire et du recyclage. 

L'indicateur retenu, l'empreinte matières de la France, mesure le volume total de matières premières mobilisées par notre consommation.

Eau

La SNBC 3 a un effet plutôt positif, mais limité, sur la ressource en eau : la sobriété et surtout les orientations agricoles (moins de pesticides, meilleure gestion des engrais, pratiques favorisant le cycle de l'eau) réduisent la pression sur l'eau, en quantité comme en qualité. À l'inverse, certains leviers de décarbonation (électrification des transports, énergies renouvelables, biomasse, captage du carbone) et le changement climatique peuvent accroître les besoins en eau. 

Les indicateurs retenus, les prélèvements et consommations d'eau douce par usage, mesurent cette pression sur la ressource.

L'objectif projeté de la SNBC est un prélèvement d'eau douce total de 28,59 milliards de mètres cubes en 2030.

Artificialisation

La SNBC 3 a un effet plutôt positif, mais limité, sur les sols et la gestion de l'espace : elle freine la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers en s'inscrivant dans la trajectoire « Zéro artificialisation nette » (ZAN), et améliore la qualité des sols (moins d'engrais minéraux, allongement des rotations, légumineuses enrichissant les sols). La surface forestière progresse, tandis que l'artificialisation, même si elle se poursuit, est nettement maitrisée. 

L'indicateur retenu, la consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers, mesure ce rythme d'artificialisation.

La cible de consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers cumulés sur la période 2021-2030 est de 123 milliers d'hectares 

Biomasse

La SNBC 3 prévoit une mobilisation accrue de la biomasse (bois-énergie, résidus agricoles et agroalimentaires) pour remplacer les énergies fossiles : c'est un levier important de décarbonation. Cette hausse de la récolte doit toutefois être encadrée pour préserver la biodiversité, en orientant la récolte vers les peuplements abîmés ou dépérissants et en privilégiant une production nationale, mieux maîtrisée, plutôt que le recours aux importations. 

L'indicateur retenu, la production d'énergie primaire à partir de biomasse solide, mesure la quantité d'énergie issue de la biomasse en France.

L'objectif cible de la SNBC 3 en 2030 correspond à celui inscrit dans la PPE 3, de 138 TWh.

Qualité de l'air

La SNBC 3 a un effet positif sur la qualité de l'air, principalement grâce à la baisse de la dépendance aux énergies fossiles, qui réduit de nombreuses pollutions locales. Les nouvelles pratiques agricoles diminuent les émissions d'ammoniac, de méthane et de particules fines, tandis qu'une vigilance reste nécessaire sur certaines sources (carburants de synthèse, combustion des déchets, chauffage au bois). 

L'indicateur retenu, les émissions totales de polluants atmosphériques (SO2, NOx, PM2,5, COVNM, NH3), permet de suivre la réduction de ces polluants.

À l’horizon 2030, la SNBC 3 et son évaluation environnementale stratégique (EES) visent à limiter les émissions annuelles de plusieurs polluants atmosphériques à des niveaux cibles : 105,2 kt pour le dioxyde de soufre (SO₂), 499,46 kt pour les oxydes d’azote (NOₓ), 147,09 kt pour les particules fines (PM2,5), 860,89 kt pour les composés organiques volatils non méthaniques (COVNM) et 530,17 kt pour l’ammoniac (NH₃).

Déchets

La SNBC 3 a un effet plutôt positif sur la prévention et la gestion des déchets, grâce à la sobriété matière, au recyclage et à la valorisation des sous-produits. Mais certains chantiers de la transition génèrent de nouveaux flux de déchets à gérer : remplacement d'équipements (chaudières, véhicules), travaux de rénovation, batteries en fin de vie, équipements solaires ou éoliens usagés, déchets de la filière nucléaire ou du captage du carbone. 

L'indicateur retenu, la quantité de déchets des activités économiques (DAE) par filière, permet de suivre l'évolution de ces volumes.

Risques technologiques

Sur les risques technologiques, la SNBC 3 a un effet globalement neutre : la baisse de l'usage des énergies fossiles réduit certains risques, mais de nouvelles solutions bas-carbone (hydrogène, captage et stockage du carbone, nouveaux fluides ou combustibles) en créent d'autres, dont le déploiement reste encadré. Sur les risques naturels, la stratégie joue un rôle plutôt favorable, en limitant l'artificialisation et en encourageant des pratiques (agroécologie, haies, renaturation, prévention des incendies) qui atténuent érosion, inondations ou canicules. 

L'indicateur retenu, l'inventaire des incidents et accidents technologiques, permet de suivre l'évolution de ces risques.

Les autres indicateurs (issus de l’EES) sont actualisés tous les 2 ans. Ils permettront de suivre dans le temps les incidences de la SNBC, et le cas échéant de mettre en œuvre les mesures correctives qui s’avéreraient nécessaires. Ils alimenteront également la préparation de la prochaine SNBC et son EES.

Autres indicateurs environnementaux de la SNBC 3

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