Publié le 26 juin 2024
Mis à jour le 13 janvier 2026
Suivi des émissions de gaz à effet de serre
Les émissions de gaz à effet de serre (GES) d’origine humaine entraînent un réchauffement de la température moyenne de la surface terrestre et perturbe les équilibres écosystémiques. La lutte contre le changement climatique vise à maintenir les conditions d’habitabilité de la Terre.
Objectifs internationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre
Au niveau mondial, l’Accord de Paris fixe l’objectif de maintenir la température mondiale « nettement en dessous » de 2 °C d’ici à 2100 par rapport aux niveaux préindustriels, et de « poursuivre les efforts » pour limiter ce réchauffement global à 1,5 °C.
Pour relever ces défis et faire de l’Europe le premier continent neutre pour le climat en 2050, l’Union européenne (UE) s’est dotée d’une feuille de route : le pacte vert pour l’Europe, lancé en 2019.
Elle a traduit cette ambition en inscrivant dans le droit européen le principe de la neutralité climatique en 2050 et prévoit des jalons intermédiaires s’agissant de la réduction des émissions de gaz à effet de serre. À l’horizon 2030, l’Union européenne et ses États membres se sont engagés collectivement à réduire les émissions de gaz à effet de serre européennes de 55 % net en 2030 par rapport à 1990 (contre -40 % brut antérieurement).
Objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre
En lien avec son engagement pris lors de l’Accord de Paris, la France s’est fixé l’objectif d’atteindre la neutralité carbone, c’est-à-dire l’équilibre entre nos émissions et les absorptions de gaz à effet de serre, dès 2050.
Pour mener sa politique d’atténuation du changement climatique, la France a mis en place un outil de planification : la Stratégie nationale bas-carbone, dont la deuxième édition en vigueur (SNBC-2) a été adoptée en avril 2020.
Cette stratégie prévoit des réductions majeures d’émissions de GES dans tous les secteurs d’activité émetteurs : transport, bâtiments, industrie, agriculture, production d’énergie, déchets.
L’objectif national actuel à l’horizon 2030, tous secteurs confondus, est de réduire d’au moins 40 % nos émissions brutes de GES par rapport à 1990. La SNBC-3 en cours d’élaboration, dont un projet a été publié mi décembre 2025, rehausse cet objectif de réduction à -50 % entre 1990 et 2030.
Pour réussir la transition vers une économie décarbonée et durable, la SNBC fixe des objectifs contraignants à court et moyen terme – les budgets carbone, arrêtés par décret – et donne les orientations stratégiques sectorielles de long terme.
Suivi des émissions de gaz à effet de serre et comparaison aux objectifs
La comparaison des émissions de la France (sur la base des inventaires les plus à jour) au budget carbone de la période considérée est un indicateur clé du suivi de la mise en œuvre de la stratégie. Elle permet notamment de constater l’impact récent de mesures passées.
Sources des données d’émissions de gaz à effet de serre
Plusieurs dispositifs sont mis en place au niveau national pour suivre les émissions de gaz à effet de serre :
Inventaire Secten
L’inventaire au format Secten (secteurs économiques et de l’énergie), établi par le Citepa, sert au suivi de la politique climatique nationale. Dans cet inventaire, les GES sont alloués aux secteurs économiques ou aux activités qui les ont émis. Il comprend 7 secteurs : industrie de l’énergie, industrie manufacturière, résidentiel/tertiaire, transports, agriculture, déchets, utilisation des terres et changement d’affectation des terres et foresterie. Cet inventaire est établi annuellement avec, à chaque nouvelle édition, une pré-estimation des émissions de GES pour l’année n-1 et les données consolidées à partir de n-2.
Baromètre
Pour répondre au besoin de réactivité lié aux enjeux de l’urgence climatique et de qualité de l’air, le Citepa propose des estimations mensuelles des émissions de gaz à effet de serre et de polluants atmosphériques dans l’année en cours. Le baromètre des émissions mensuelles est calculé en cohérence avec les émissions annuelles. Il permet de suivre l’évolution des émissions au fils des mois de l’année en cours et de comparer les émissions mois à mois avec l’année précédente. Il est établi trimestriellement.
En complément, le Citepa propose désormais des estimations prévisionnelles des émissions de GES de l’année en cours, en collaboration avec l’Insee, afin de permettre d’anticiper l’atterrissage annuel et la bonne trajectoire cible, au cours de l'année N en cours.
Analyse des dernières données d’émissions annuelles de GES disponibles
Transcription de l'image : 23080_infog_GES-2024.jpg
La France réduit encore ses émissions de CO2
Baisse de 1,8 % en 2024, par rapport à 2023 (estimation provisoire)
Transports : -1,2 % / 34 % des émissions de CO2 de la France
Industrie : -1,4 % / 17 % des émissions de CO2 de la France
Énergie : -10,2 % / 9 % des émissions de CO2 de la France
Agriculture : -0,5 % / 21 % des émissions de CO2 de la France
Bâtiments : -0,7 % / 15 % des émissions de CO2 de la France
Déchets : -0,0 % / 4 % des émissions de CO2 de la France
En 2024, les émissions de gaz à effet de serre nationales hors puits de carbone (secteur UTCATF - utilisation des terres, changement d'affectation des terres et foresterie) se sont élevées à 369,2 MteqCO2, en baisse de -1,8 % par rapport à 2023 (376,1 MteqCO2), représentant -6,9 MteqCO2 de différence, selon la pré-estimation « proxy » du Citepa. Les émissions poursuivent ainsi leur baisse et s’établissent à un niveau inférieur à celles de 2020, qui représentaient déjà un record historique (396,1 MteqCO2 sans UTCATF).
Cette baisse brute de 1,8% marque toutefois un ralentissement dans le rythme de réduction des émissions de GES, après une baisse de 6,8 % des émissions brutes entre 2022 et 2023.
(Source : Secten 2025)
Analyse des dernières données d’émissions trimestrielles de GES disponibles
Le Citepa a mis en ligne le 13 janvier 2026 une estimation provisoire des émissions de gaz à effet de serre (GES) sur les neuf premiers mois de l'année 025, ainsi qu’une nouvelle prévision des émissions pour l’année complète 2025.
Des émissions en baisse modérée sur les 9 premiers mois de l’année
Selon ce baromètre, après une faible hausse au premier trimestre 2025 (+0,7 %), les émissions de GES hors puits de carbone ont ensuite baissé au deuxième (-2,6 %) et au troisième (-3,7 %) trimestres par rapport aux mêmes périodes en 2024. Au global, les émissions de GES hors puits de carbone s’établiraient à 270,0 Mt CO2e sur les neuf premiers mois de 2025, en baisse par rapport à la même période en 2024 (-1,7 %, soit -4,7 Mt CO2e).
Cette évolution sur les neuf premiers mois de 2025 par rapport à la même période en 2024 s’explique principalement par une baisse des émissions dans l’industrie (-2,0 Mt CO2e), et dans une moindre mesure dans les transports (-1,4 MtCO2e), dans l’agriculture (-0,8 Mt CO2e) et les bâtiments (-0,6 Mt CO2e). Les émissions de l’énergie évoluent à la marge (+0,2 Mt CO2e).
Une baisse attendue pour l’ensemble de l’année 2025, mais à un rythme insuffisant
Le baromètre prévoit également que les émissions de GES hors puits de carbone pourraient être de 363,4 Mt CO2e sur l’ensemble de l’année 2025, en baisse de -1,6 % par rapport aux émissions provisoires de 2024 du Secten 2025 .
Cette valeur permettrait le respect du budget carbone annuel indicatif 2025 de la SNBC 2 en vigueur (374 Mt CO2e ), ainsi que le budget carbone provisoire indicatif pour l’année 2025 du projet de Stratégie nationale bas-carbone n°3 (SNBC 3) publié en décembre 2025 (366 Mt CO2e ). Ces résultats divergent selon les secteurs, avec un retard plus important en termes de trajectoire vis-à-vis de la SNBC 3 pour les secteurs des transports et des bâtiments.
Consulter la note commune de la Direction générale de l’énergie et du climat, du Secrétariat général de la planification écologique et du Commissariat général au développement durable sur l'evolution des émissions de gaz à effet de serre sur les neufs premiers mois de l'année 2025 et la prévision sur l’année 2025 complète au format SECTEN 2025.
Les émissions nationales depuis 1990
Figure 1 : Évolutions des émissions territoriales de GES brutes (hors émissions et absorptions associées à l’usage des terres et à la foresterie) et nettes (incluant les émissions et absorptions associées à l’usage des terres et à la foresterie) depuis 1990.
(Sources : données Secten de juin 2025, dont l’année 2024 est une pré-estimation)
Les émissions nationales depuis l’Accord de Paris
Figure 2 : Émissions brutes de gaz à effet de serre et comparaison aux budgets carbone
(Sources : données Secten de juin 20242025, dont l’année 2023 2024 est une estimation dite « proxy »).
À noter : (i) Le budget carbone 2015-2018 a été clôturé en 2020. Il ne fait plus l’objet « d’ajustements techniques » et il n’est ainsi plus opportun de recalculer le solde de ce budget carbone sur la base d’inventaires ultérieurs au risque de créer une distorsion dans l’analyse ; (ii) ce graphe fait apparaître les budgets carbone de la SNBC-2 ajustés, à titre indicatif et provisoire, en 20254. L’ajustement final du budget carbone 2019-2023 sera effectué en 2025 sur la base des données d’inventaires consolidées pour 2023.