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Cadre général des filières à responsabilité élargie des producteurs

Le Mercredi 20 avril 2022

Les filières à responsabilité élargie des producteurs (REP) sont des dispositifs particuliers d’organisation de la prévention et de la gestion de déchets qui concernent certains types de produits. Ces dispositifs reposent sur le principe de responsabilité élargie du producteur, selon lequel les producteurs, c’est-à-dire les personnes responsables de la mise sur le marché de certains produits, peuvent être rendus responsables de financer ou d’organiser la prévention et la gestion des déchets issus de ces produits en fin de vie. Les producteurs choisissent généralement de s’organiser collectivement pour assurer ces obligations dans le cadre d’éco-organismes à but non lucratif, agréés par les pouvoirs publics. Douze filières de gestion des déchets fonctionnent actuellement selon ce principe en France, qui est l’un des pays ayant le plus recours à ce dispositif.

Le principe pollueur-payeur

Les filières REP sont des dispositifs particuliers d’organisation de la prévention et de la gestion de déchets, qui concernent certains types de produits. Ils reposent sur le principe de responsabilité élargie du producteur, reconnu dans la directive-cadre européenne sur les déchets, selon lequel les personnes responsables de la mise sur le marché des produits peuvent être rendus responsables d’assurer la prévention et la gestion des déchets issus de ces produits en fin de vie.

Il s’agit d’une application du principe pollueur-payeur.

Un tel dispositif permet l’intégration par le producteur du coût de prévention et de gestion des déchets dans le coût du produit, ce qui l'incite à l’éco-conception de son produit pour réduire ces coûts.

En outre, les contributions versées aux éco-organismes doivent être modulées avec des primes et/ou des pénalités, selon des critères environnementaux incitatifs liés à l’éco-conception des produits, pour faire prendre conscience aux producteurs de l’intérêt de concevoir des produits qui sont facilement triables, recyclables ou qui intègrent des matières premières de recyclage.

Le fonctionnement des éco-organismes

Les producteurs ont généralement le choix de mettre en place des structures collectives (éco-organismes) ou un système individuel pour la gestion des déchets issus de leurs produits.

Ils passent le plus souvent par la solution collective en se regroupant pour constituer une structure à but non lucratif, à laquelle ils versent une éco-contribution (cotisation financière).

Il existe deux modèles type de financement des opérations de prévention et gestion des déchets dans les filières REP :

  • Modèle contributif ou financier. Les éco-organismes récoltent les éco-contributions auprès des producteurs et les redistribuent aux collectivités territoriales ou à d'autres opérateurs qui assurent la collecte et le tri de ces déchets, dès lors que ces collectivités ou ces opérateurs en font la demande,
  • Modèle opérationnel. L’éco-organisme récolte les éco-contributions des producteurs et utilise ces fonds pour contractualiser lui-même avec des prestataires qui assurent la collecte et le traitement des déchets.

En pratique, les éco-organismes mettent en oeuvre tout ou partie de ces deux modèles de financement.

L’agrément des éco-organismes et des systèmes individuels

La loi relative à la lutte contre le gaspillage et à l'économie circulaire ("AGEC") a fait évoluer les modalités de mise en œuvre de la REP.

La procédure à suivre pour solliciter un agrément en vue de la mise en place d’un éco-organisme est précisée aux articles R. 541-86 à R. 541-89 du code de l’environnement et les conditions d’exercice des éco-organismes sont précisées aux articles R. 541-90 à R. 541-132, et R. 541-146 à R. 541-157 du code de l’environnement. Celle relative à la mise en place d’un système individuel est précisée aux articles R. 541-133 à R. 541-136 du code de l’environnement et les conditions d’exercice des systèmes individuels sont précisées aux articles R. 541-137 à R. 541-145 du code de l’environnement.

L’éco-organisme ou le système individuel doit également répondre aux objectifs fixés par le cahier des charges des éco-organismes ou celui des systèmes individuels annexé aux arrêtés portant cahier des charges des éco-organismes et des systèmes individuels de la filière REP des produits qui le concerne.

L'autorité administrative d'instruction des demandes d'agréments est constituée par les ministres chargés de l’environnement et de l’économie, auprès desquels le dossier de demande d'agrément doit être déposé.

Le système individuel ou l’éco-organisme peut solliciter l’accompagnement de l’ADEME (Direction de Supervision des filières REP) dans la réalisation des études et évaluations préalables à leur agrément, conformément à l’article R. 131-26-1.

Afin de solliciter un agrément, ils doivent constituer un dossier tenant compte de leurs spécificités et de leurs produits, incluant l'ensemble des éléments demandés et démontrant qu’ils sont en mesure de répondre aux exigences réglementaires fixées dans les textes mentionnés ci-dessus (notamment en démontrant leur capacité à atteindre les objectifs fixés, en justifiant de la mise en place d'une garantie financière, du marquage de leurs produits dans le cadre d’un système individuel, ou encore le cas échéant du respect des dispositions en matière de réemploi). Il n'existe pas de dossier « type », et il revient à chaque producteur ou éco-organisme de constituer son dossier.

En ce qui concerne les systèmes individuels, l'article 14 du décret n° 2020-1725 du 29 décembre 2020 portant diverses dispositions d'adaptation relatives à la responsabilité élargie des producteurs stipule que les attestations délivrées antérieurement à cette réforme pour les systèmes individuels restaient valables jusqu'au 31 décembre 2021. Depuis cette date, les producteurs doivent soit adhérer à un éco-organisme agréé, soit remplir leurs obligations de responsabilité élargie en mettant en place un système individuel agréé.

Contact ADEME : systemeindividuel.dsrep@ademe.fr

Contact DGPR : bpfrep.bprep.sddec.srsedpd.dgpr@developpement-durable.gouv.fr

 

Les filières nouvelles créées par la loi AGEC

La "AGEC" a prévu de créer, de 2021 à 2025, onze filières supplémentaires qui concernent :

Code de l’environnement :

- Articles L.541-9 à L.541-10-25

- Articles R.541-86 à R.541-178

Un modèle de gouvernance participatif : la commission inter-filières REP

La concertation entre les parties prenantes est l’un des éléments clés de la co-construction de filières durables. Elle s’organise en particulier via la commission inter-filières REP qui est l’instance de gouvernance des filières. Son avis est notamment sollicité sur les projets de cahiers des charges qui fixent le cadre et les objectifs de chacune des filières et sur l’agrément des éco-organismes.

Elle rassemble 5 collèges représentant chacun : les producteurs, les collectivités territoriales, les associations, les opérateurs de gestion des déchets, l’Etat.

Code de l’environnement : article D.541-6-1 (composition de la commission)

Président de la commission : Jacques VERNIER

Secrétariat de la commission : secretariat-cifrep@developpement-durable.gouv.fr

Le calendrier prévisionnel des réunions, les comptes-rendus des commissions et les rapports d'activité

Calendrier prévisionnel des CiFREP pour 2022

Le rapport d'activité 2020-2021

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