Le vélo et la marche, des modes de déplacements vertueux et avantageux

Le Mardi 13 juillet 2021

La marche et le vélo sont des modes de déplacement peu onéreux, rapides, bénéfiques pour la santé et l’environnement. Ils constituent des outils précieux au service de la transition écologique. Pour favoriser leur utilisation, le ministère chargé des transports a mis en place plusieurs initiatives et aides financières.

  • ¼ des déplacements se font exclusivement à pied
  • 45% des trajets effectués en voiture en France font moins de 5 km ; 60% pour les déplacements domicile-travail.
  • 85% des Français sont à moins de 5 km d’un service public ou d’un mode de transport
  • La marche est le mode de déplacement le plus performant pour les trajets de moins d’1 km et le vélo pour les trajets de moins de 5 km et davantage avec un vélo à assistance électrique

Le plan vélo et mobilités actives

Aujourd’hui, le vélo ne représente que 3 % de nos trajets. Le Plan vélo, présenté le 14 septembre 2018 par le Gouvernement, a pour objectif de tripler cette part pour atteindre 9 % en 2024.  Le plan est composé en 4 axes regroupant une trentaine de mesures : la sécurité, la lutte contre le vol, les incitations, et la culture vélo.

Axe 1 - Sécurité : développer les aménagements cyclables et améliorer la sécurité routière

Les mesures de sécurité routière

Afin d’améliorer la sécurité, le plan vélo prévoit notamment le développement de zones de circulation apaisée, de double sens cyclables sur l’ensemble de la voirie urbaine en agglomération jusqu’à une vitesse maximale autorisée de 50 km/h, la réalisation de sas aux feux et l’autorisation du port de dispositifs d’éclairage renforcés.

Le plan vélo prévoit aussi d’aider les collectivités à financer des projets d’infrastructures cyclables sur leur territoire.

Les appels à projets Fonds Mobilités actives – Aménagements Cyclables

Le plan vélo prévoit aussi d’aider les collectivités à financer des projets d’infrastructures cyclables sur leur territoire.

350 millions d’€

c’est le montant du fonds national « mobilités actives » créé dans le cadre du plan vélo.

Le fonds national de 350 M€ a pour objectif de soutenir, accélérer et amplifier les projets de création d’itinéraires cyclables au sein des collectivités.

Le programme AVELO pour aider les collectivités à s’engager dans une politique cyclable

En parallèle de sa mise en œuvre, l’ADEME soutient depuis 2019 227 territoires pour un montant de 15 M€, à travers le programme Avelo. Un deuxième programme Avelo2 a pour objectif de soutenir 400 territoires sur la période 2021-2023, un appel à candidature a été lancé en mars 2021. Cet accompagnement permet :

  • Le cofinancement d’études (schéma directeur cyclable) ;
  • Le cofinancement d’expérimentation de services vélo (prêt/location de vélos, atelier d’autoréparation, vélo école…) ;
  • Le cofinancement de campagne de communication grand public pour promouvoir le vélo ;
  • La création de postes de chargés de mission vélo.

De plus, la dotation de soutien à l’investissement public local (DSIL) avec 500 millions d’euros sur 5 ans dans le cadre du Grand plan d’investissements finance les projets des collectivités pour "développer des services de transport de proximité durables", notamment les aménagements cyclables.

D’autres dispositifs de soutiens aux collectivités locales sont recensées sur https://aides-territoires.beta.gouv.fr/

Le développement de pistes cyclables temporaires

Les pistes cyclables temporaires constituent une solution simple et adaptée pour permettre aux cyclistes de se déplacer en sécurité en créant de nouvelles voies de circulation pour les vélos ou en élargissant des pistes cyclables existantes. Il en est de même pour les aménagements provisoires pour les piétons. Dans le contexte particulier de la crise sanitaire 2020, le Cerema, opérateur du ministère de la Transition écologique, a diffusé des guides pratiques à destination des gestionnaires de voirie.

Axe 2 - Sûreté : mieux lutter contre le vol

L’identification des cycles

Pour lutter contre le vol, le recel et la revente illicite des vélos, depuis le 1er janvier 2021, tous les vélos neufs vendus en France doivent avoir un numéro d’identification qui permettra lorsque le vélo est retrouvé après un vol de contacter le propriétaire. Cette mesure concerne également les vélos vendus d’occasions vendus par des commerçants à partir du 1er juillet 2021.

Pour en savoir plus

Stationnements sécurisés dans les gares et pôles d’échange

Le plan vélo prévoit également de développer les stationnements sécurisés dans les bâtiments et dans l’espace public. Un équipement de stationnement vélo est sécurisé dès lors qu’il permet d’attacher un vélo par le cadre et au moins une roue, et qu’il bénéficie d’un système de fermeture sécurisé ou d’une surveillance.

En particulier, les principales gares et pôles d’échanges devront être équipés en stationnement sécurisés à compter du 1er janvier 2024. Un décret à paraître fixera la liste des gares soumises à l’obligation d’équipement en stationnement vélo sécurisés ainsi que le nombre de places minimales et les caractéristiques.

Stationnements sécurisés des vélos dans les constructions

La loi d’orientation des mobilités a renforcé le stationnement sécurisé des vélos dans les bâtiments d’habitation, lieux de travail, services publics et ensembles commerciaux pour les constructions neuves et les bâtiments dont le parc de stationnement automobile est en travaux. Un décret et arrêté à paraitre préciseront les dispositifs de sécurisation, homogénéisent les applications aux différents types de construction et la praticité des dispositifs et fixent une surface minimale par place et un nombre de place minimum pour l’ensemble des espaces de stationnement vélo.

Les programmes CEE « Espace multimodal augmenté » porté par SNCF et « Alveole » porté par la FUB permettent ainsi un accompagnement technique et financier des territoires concernant la mise en place de stationnement sécurisé.

Axe 3 - Créer un cadre incitatif reconnaissant pleinement l’usage du vélo comme un mode de transport vertueux

Le choix de prendre son vélo pour se rendre au travail, ou accéder à des services et des activités doit devenir une réalité accessible pour de nombreux citoyens. Plusieurs mesures d’incitations fiscales à destination des entreprises y contribuent, les employeurs jouant un rôle clé dans l’usage du vélo.

Pour encourager la pratique du vélo, l’État a mis en place notamment un forfait mobilité durable en remplacement de l’indemnité kilométrique vélo (IKV), d'un montant de 500 euros par an maximum pour les employés du secteur privé et de 200 euros par an pour les employés du secteur public.

Soutien à l’achat d’un vélo à assistance électrique (VAE)

L'État accorde une subvention, sous condition de ressource, pour acheter un vélo à assistance électrique à condition de bénéficier d'une aide obtenue au niveau local. Le montant de l'aide de l'État est identique au montant de l'aide accordée par la collectivité territoriale, dans la limite de 200 €.

Achat d'un vélo à assistance électrique : comment bénéficier du bonus écologique ?

Achat d'un vélo à assistance électrique : comment bénéficier du bonus écologique ?

Afficher la version texte de l'infographie

Pour bénéficier de l'aide à l'achat d'un vélo à assistance électrique, je dois :

  • être majeur ;
  • être domicilié en France ;
  • avoir un revenu fiscal de référence par part inférieur ou égal à 13 489€ ;
  • avoir bénéficié d'une aide à l'achat versée par une collectivité territoriale (ville, région...) pour le même vélo.

Le montant de l'aide est alors identique au montant de l'aide accordée par la collectivité territoriale dans la limite de 200€.

Pour bénéficier de l'aide à l'achat d'un vélo à assistance électrique, mon vélo doit :

  • être neuf ;
  • avoir une batterie sans plomb ;
  • avoir un moteur auxiliaire électrique pour aider au pédalage limité à 250W et 25 km/h.

Vous ne devez pas le vendre dans l'année suivant son achat et ne pourrez bénéficier qu'une seule fois de l'aide. La demande d'aide doit être formulée dans les 6 mois suivant la date de facturation du cycle.

Le formulaire est disponible sur le site de l'agence de services et de paiements (ASP) : https://www.asp-public.fr/bonus-velo-assistance-electrique

Vous y trouverez des exemples concrets pour comprendre comment fonctionne le bonus écologique.

Les incitations fiscales

Le choix de prendre son vélo pour se rendre au travail, ou accéder à des services et des activités doit devenir une réalité accessible pour de nombreux citoyens. Plusieurs mesures d’incitations fiscales à destination des employeurs y contribuent, employeurs qui jouent un rôle clé dans l’usage du vélo.

Le forfait mobilités durables

Prévu dans la loi d’orientation des mobilités, le forfait mobilités durables a été mis en place dès mai 2020. Il permet aux employeurs du secteur privé de prendre en charge jusqu’à 500 euros par an et par salarié les frais de déplacement de leurs salariés sur leur trajet domicile-travail effectué à vélo, en covoiturage ou à l’aide d’autres services de mobilité partagée (véhicules en autopartage, engins en free-floating…).

Ce forfait est exonéré d’impôt sur le revenu et de cotisations sociales. Il remplace l’indemnité kilométrique vélo mise en place jusqu’à ce jour, mais le décret prévoit le maintien de cette prise en charge lorsqu’elle est en vigueur dans les entreprises et prévue dans les accords salariaux existants.

Le forfait mobilités durables est également mis en place dans la fonction publique, pour les déplacements à vélo ou en covoiturage, à hauteur de 200 euros par an et par agent.

La réduction d'impôt pour les entreprises mettant à disposition de leurs salariés une flotte de vélos pour leurs déplacement domicile-travail

Cette mesure permet aux entreprises de bénéficier d’une réduction d’impôt sur les sociétés égale aux frais générés par la mise à disposition gratuite de leurs salariés d’une flotte de vélos pour leurs déplacements entre leur domicile et leur lieu de travail (dans la limite de 25 % du coût de la flotte de vélos). La flotte de vélo peut avoir été achetée ou louée par l'entreprise.

Le document BOI-IS-RICI-20-30-20190213 de l'administration fiscale apporte des précisions sur les frais pouvant être inclus dans la réduction d’impôt (notamment la dotation aux amortissements ou la location des vélos, les frais d’installation ou de location de garage, de l’entretien de la flotte, ...), les modalités de calcul du plafond (achat ou location) et les obligations déclaratives incombant aux entreprises qui souhaitent obtenir le bénéfice de cette réduction.

Enfin, par mesure de tolérance et de simplification, l'Urssaf ne retient pas la valeur des frais générés par cette mise à disposition comme un avantage en nature.

[Playlist vidéo] Vélo : témoignages

Afficher la version texte de la vidéo



Moustache, Norauto, Leboncoin, Solicycle... découvrez des initiatives développées autour du vélo.

Développer l’intermodalité train-vélo et car-vélo

La loi d’orientation des mobilités instaure l’obligation de prévoir des emplacements dédiés à l’emport de vélos non démontés à bord des trains neufs et rénovés affectés au transport de voyageurs. Le décret relatif à l'emport de vélos non démontés à bord des trains de voyageurs a été publié le 19 janvier 2021 (Décret n° 2021-41 ) et est issu d’une vaste consultation de l’ensemble des parties prenantes. Ce texte met en place une obligation de 8 emplacements pour vélos minimums dans les trains neufs ou rénovés à partir de mars 2021. Il s’applique en particulier aux trains d’équilibre du territoire conventionnés par l’Etat, aux services librement organisés comme les TGV et aux services d’intérêt régional (TER). L’aménagement obligatoire d’emplacements vélos concerne les matériels roulants dont l’achat ou la rénovation est engagée à compter de mars 2021.

La loi d’orientation des mobilités a également prévu qu’à compter du 1er juillet 2021, les autocars neufs utilisés pour des services réguliers de transport public routier de personnes, à l’exception des services urbains, seraient équipés, à leur mise en service, d’un système pour transporter au minimum cinq vélos non démontés. Après échanges avec les acteurs, les conditions d’application de ces dispositions pour les services librement organisés ont été précisées dans le décret n° 2021-190. Ce texte encadre les conditions de réservation du service d’emport de vélos ainsi que les informations minimales à mettre à la disposition des usagers. C’est ainsi que les opérateurs de transport peuvent prévoir des modalités de réservation différentes selon les saisons.

Axe 4 - Développer une culture vélo

Le savoir rouler à vélo

Plusieurs actions seront mises en place pour faire en sorte que le « réflexe vélo » puisse être adopté naturellement dès le plus jeune âge.

Cela passe notamment par la généralisation du Savoir rouler à vélo. C’est un programme qui propose aux enfants de 6 à 11 ans, de suivre une formation encadrée de 10 heures. À l’horizon 2022, tous les enfants entrant au collège doivent maitriser la pratique du vélo en autonomie dans les conditions réelles de circulation. Ce qui concerne environ 850 000 enfants, pour une classe d’âge.

Ce programme multi-partenarial (fédérations sportives, associations d’usagers de la bicyclette, associations de prévention, établissements scolaires voire collectivités locales...), est piloté par le ministère des Sports. Les ministères chargés de l’Éducation nationale et de la jeunesse, de l’Intérieur et des Transports sont associés à la construction de ce programme et à son déploiement.

Pour plus d'informations

Mai à vélo

Développer une culture vélo passe également par sa promotion. En mai 2020, le ministère chargé des Transports a annoncé la mise en place de la fête nationale « Mai à vélo » dès 2021. Ce mois entier célébrant le vélo, a pour objectif de fédérer les fêtes qui existent déjà, réunir l’ensemble des acteurs, donner l’élan national pour le reste de l’année et faire découvrir le vélo à tous les publics sous toutes ses formes : au quotidien, en balade, en touriste ou comme sportif.

Ressources et références