Publié le 11 décembre 2023

Mis à jour le 04 juillet 2024

Trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC)

  • Adaptation au changement climatique

Pour avancer de manière coordonnée sur le sujet de l’adaptation au changement climatique, La France se dote d’une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique (TRACC). Définie à partir du scénario tendanciel, elle doit servir de référence à toutes les actions d’adaptation menées en France.

Le scénario de référence


Dans le scénario retenu, le réchauffement mondial se poursuit et se stabilise à + 3 °C en 2100 par rapport à l’ère pré-industrielle, soit environ + 4 °C en moyenne sur la France métropolitaine. Ce scénario correspond à la poursuite des politiques mondiales existantes, sans mesures additionnelles.

MTECT/Dicom

Transcription de l'image : La France à + 4 °C

Villes / Analogues climatiques prenant en compte plusieurs paramètres : température moyenne, température minimale de janvier, température maximale de juillet, précipitations annuelles.

Lille aura le climat de Bilbao

Paris aura le climat de Montpellier

Brest aura le climat de Vigo (Espagne)

Lyon aura le climat de Rome

Toulouse aura le climat de Valence

Marseille aura le climat de Séville

En 2023, l'augmentation de la température moyenne annuelle en France est de + 1,7 °C par rapport aux années 1850-1900

En 2050, l'augmentation prévue est de + 2,7°C.

Météo-France, selon Giec

PROJECTIONS

En 2050 :

  • perte d’1/3 de l’aire d’occupation des chênes (première essence des forêts métropolitaines) ;
  • perte de 2/3 de l’aire d’occupation du hêtre avec un repli vers les massifs montagneux et le nord-est de la France.

En 2100 :

  • enneigement limité à 10 jours dans les Pyrénées et à 20-40 jours dans les Alpes (avec des variations géographiques : moins de 5 jours de neige par an dans le sud du massif alpin, par exemple) ;
  • disparition des glaciers alpins d’ici à 2100 ;
  • 40 à 50 nuits tropicales (température supérieure à 20 °C) par an dans les zones urbaines de la moitié nord de la France (autant que le maximum du littoral méditerranéen aujourd’hui), plus de 90 nuits par an dans les zones les plus exposées du pourtour méditerranéen ;
  • vagues de chaleur d’1 ou 2 mois l'été sur l’arc méditerranéen, le couloir rhodanien et la vallée de la Garonne.

Objectifs du projet de trajectoire


La définition d’une trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique doit permettre de :

    • mettre à jour les référentiels de risque , normes et réglementations techniques qui doivent prendre en compte les effets du changement climatique dans tous les domaines (bâtiment, transport, énergie, réseaux, risques naturels…) ;

    • accompagner l’adaptation des collectivités territoriales : la TRACC sera progressivement intégrée dans l’ensemble des documents de planification territoriaux ;

    • accompagner l’adaptation de l’activité économique : pour chaque secteur, des études de vulnérabilité basées sur la TRACC permettront d’élaborer des plans d’adaptation au changement climatique.

Solutions

  • rénovation des bâtiments en tenant compte du confort d’été
  • cours d’école désimperméabilisées et végétalisées
  • rues végétalisées ou avec des voiles d’ombrage
  • protections solaires sur les bâtiments
  • fontaines d’eau potable
  • infiltration des eaux de pluie à la parcelle
  • intégration du confort d’été dans les cahiers des charges des matériels roulants
  • nouvelles cultures : sorgho, chanvre, lentilles, pois chiche, pistaches
  • tourisme à la montagne l’été pour se rafraîchir

Méthode et consultation

Décembre 2022 : rapport de parangonnage des politiques d’adaptation au changement climatique en France et à l’international (8 pays)


30 janvier 2023 : lancement d’un travail sur une trajectoire de référence en matière d’adaptation au changement climatique


23 février 2023 : 1re réunion du comité de pilotage adaptation (ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires, Ademe, BRGM, Météo-France, Cerema, IGN)


16 mars 2023 : 2e réunion du comité de pilotage adaptation


4 avril 2023 : 3e réunion du comité de pilotage adaptation


4 mai 2023 : avis favorable unanime du conseil national de la transition écologique (CNTE) pour l’élaboration d’une trajectoire d’adaptation à +4 °C en France métropolitaine d’ici la fin du siècle


23 mai-15 septembre 2023 : publication et mise en consultation du projet de TRACC


Automne 2023 : lancement des 4 chantiers de déclinaison de la TRACC pour les territoires, les normes, les entreprises et la biodiversité


Janvier 2024 : mise en consultation d’une 1re version du Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC3)

FAQ adaptation

L’adaptation au changement climatique, définie au fil des rapports du groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), est la démarche d’ajustement au climat actuel ou attendu, qu’il s’agisse de la variabilité climatique mais aussi des évènements climatiques extrêmes. Concrètement, les politiques d’adaptation ont pour objectif de réduire notre vulnérabilité face aux impacts actuels et à venir du changement climatique et de tirer parti des éventuelles opportunités qu'il crée.
La démarche d’adaptation, qui agit sur les conséquences du changement climatique, est complémentaire des actions d’atténuation qui visent à réduire les causes du changement climatique, c’est-à-dire les émissions de gaz à effet de serre.

Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique vise à protéger les citoyens et préparer les territoires, l’économie et l’environnement aux conséquences du changement climatique. Il se fonde sur une trajectoire de réchauffement de référence de 2°C en 2030, 2.7°C en 2050 et 4°C en 2100 en France métropolitaine par rapport à l’ère pré-industrielle. Cette trajectoire, qui correspond au scénario tendanciel d’après le GIEC, est destinée à servir de référence à toutes les politiques et aux actions d’adaptation au changement climatique menées en France. Le troisième Plan national d’adaptation au changement climatique s’articulera autour de 4 axes :

  1. protéger les Français,
  2. adapter les territoires et assurer la continuité des infrastructures et services essentiels,
  3.  assurer la résilience de l’économie,
  4. protéger les milieux naturels et le patrimoine culturel.

L’objectif de l’Accord de Paris est de contenir le réchauffement climatique en dessous de 2°C par rapport aux niveaux pré-industriels, et de poursuivre les efforts pour limiter la hausse des températures à 1.5°C. La France prend et continuera de prendre toute sa part dans l’objectif de réduire les émissions mondiales de gaz à effet de serre. Ainsi, la France n’a jamais réduit aussi rapidement ses émissions que lors des six dernières années. Depuis 2017, cette baisse a atteint 12%. Mais, le GIEC indique que, quels que soient les efforts actuels pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, le réchauffement mondial atteindra 1,5°C par rapport à l’ère pré-industrielle dès le début des années 2030. Les scénarios qui permettraient de limiter le réchauffement mondial à 2°C impliquent de très fortes réductions des émissions mondiales de gaz à effet de serre d’ici 2030 alors que ces émissions continuent d’augmenter. C’est une réalité scientifique qu’il convient d’anticiper. S’adapter ce n’est pas renoncer. Anticiper le pire ce n’est pas le souhaiter.

Plusieurs fonds et dispositifs d’aide existent en faveur de l’adaptation au changement climatique. C’est notamment le cas du Fonds vert (2,5 Md€ en 2024) qui prévoit tout un volet de financement des mesures dédiées à l’adaptation (prévention des inondations, adaptation aux risques émergents en montagne, protection contre les cyclones, prévention des risques d’incendies de forêt et de végétation, adaptation au recul du trait de côte, renaturation des villes et villages, rénovation énergétique tenant compte du confort d’été). Les dispositifs d’aides gérés par les agences de l’eau, l’Ademe, la Banque des territoires ou encore Bpifrance sont également des sources de financement de l’adaptation au changement climatique.

Les impacts du changement climatique sur la production agricole sont déjà nombreux mais varient fortement entre les régions, nécessitant le développement des connaissances et notamment la réalisation d’une cartographie de l’évolution des bassins de productions et des industries de transformations d’ici 2050. Il s’agit également d’accompagner les démarches d’adaptation des filières et de développer des ressources génétiques pour des variétés plus résilientes afin d’atteindre l’objectif de sobriété en eau dans les usages agricoles.
Pour assurer la résilience des exploitations, l’évaluation et la révision du Plan stratégique national de la France pour la Politique agricole commune prévues en 2025 serviront de levier d’action.

Les enjeux de connaissance et de recherche sur les impacts du changement climatique sur la biodiversité sont très importants afin d’adapter la gestion des milieux à ces changements. Il est indispensable de s’appuyer sur le développement de la connaissance et les résultats de la recherche pour élaborer en cohérence et synergie les politiques publiques d’adaptation et celles liées à la biodiversité.
Pour être en capacité de s’adapter au changement climatique, les écosystèmes doivent être dans un bon état écologique. L’adaptation au changement climatique est justement un des objectifs du Règlement européen de restauration de la nature. Sa mise en œuvre passera par l’élaboration du plan national de restauration pour la France. L’objectif du troisième plan national d’adaptation au changement climatique est d’aider à prioriser l’action, en mettant l’accent sur les zones nécessitant un besoin de restauration suite aux effets du changement climatique ou pour favoriser l’adaptation de l’écosystème.

Le Plan national d’adaptation au changement climatique prévoit un axe 1 dédié à la protection des citoyens face aux évènements climatiques extrêmes. Il s’agit d’adapter nos lieux de vie et de travail pour faire face aux vagues de chaleur, mais également de revoir les documents structurant de l’aménagement de nos territoires pour anticiper les risques d’inondations, d’incendies de forêts et de végétation, de submersions marines, de retrait-gonflement des argiles et d’érosion du trait de côte accentués par les effets du changement climatique. Les mesures prévues dans l’axe 2 du Plan national d’adaptation au changement climatique visent quant à elles à adapter les services et infrastructures essentiels face aux évènements climatiques extrêmes.

Depuis le deuxième plan national d’adaptation au changement climatique, une commission spécialisée du Conseil national de la transition écologique (CNTE) fait fonction de comité national de suivi de l’adaptation et assure ainsi un suivi annuel de la mise en œuvre effective du plan.
Pour chacune des mesures du troisième plan national d’adaptation au changement climatique seront définis des ministères pilotes ainsi que des indicateurs de suivi. Le CNTE poursuivra son rôle de comité national de suivi de l’adaptation.

Le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des Territoires met à disposition du public de nombreuses ressources pour informer et sensibiliser sur le changement climatique. Deux expositions pédagogiques sur le changement climatique, ses causes et ses conséquences sont mises gratuitement à la disposition du public. Le Centre de ressources sur l’adaptation au changement climatique donne également accès à des informations personnalisées sur la réalité du changement climatique, ses enjeux et les solutions d’adaptation existantes. Une série de reportages sur les impacts déjà constatés en France et les actions mises en œuvre dans les territoires a également été réalisée sur la chaleur, le littoral, les espèces exotiques envahissantes, la sécheresse, l’enneigement et les forêts. Une formation des élus sur le changement climatique et la biodiversité est également en cours de déploiement.
De plus, des consultations publiques sont régulièrement lancées sur le changement climatique. Une consultation a ainsi eu lieu en 2023 sur la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique. En 2024, le Plan national d’adaptation au changement climatique fera l’objet de deux consultations publiques.

La France est en échange fréquent avec d’autres nations, en Europe et à l’international, pour partager les connaissances et les bonnes pratiques sur l’adaptation au changement climatique. Elle participe activement, par exemple, aux travaux de la plateforme européenne ClimateAdapt (https://climate-adapt.eea.europa.eu/) ou à des échanges bilatéraux informels. Une collaboration plus étroite peut avoir lieu dans le cadre de la mise en œuvre de projets d’adaptation, soit en bilatéral, soit à travers des projets européens où plusieurs nations peuvent travailler ensemble. Ces actions sont complétées par la coopération au développement française qui agit dans le domaine de l’adaptation à l’international, notamment à travers un engagement croissant de l’Agence française de développement. S’ajoutent à ces efforts, par exemple, des collaborations individuelles de nombreux acteurs dans le domaine de la recherche ou des filières économiques.
Depuis quelques années, l’intégration croissante de l’adaptation dans toutes les politiques sectorielles et le monde économique change la nature des coopérations. Si la collaboration pouvait au départ être dédiée spécifiquement à l’adaptation, cette dimension et de plus en plus intégrée dans tous les projets susceptibles d’être impactés par le changement climatique, sans forcément en être le sujet principal.
La France participe par ailleurs activement au sein des enceintes de négociation multilatérales telles que les négociations climatiques de la Convention climat des Nations unies sur le changement climatique (CCNUCC) et y défend une ambition croissante pour l’adaptation au changement climatique. Ces efforts sont complétés par le soutien que la France apporte aux activités des banques multilatérales en faveur de l’adaptation.