Publié le 08 avril 2021
Mis à jour le 10 avril 2024
Filière bois construction
Le bois est par nature un matériau qui capture le carbone présent dans l'atmosphère, et qui est renouvelable. L'utilisation de produits et systèmes constructifs bois permet aux constructions qui les mettent en œuvre de réduire leur émission de Gaz à effet de serre sur l'ensemble de leur cycle de vie, et de stocker du carbone sur le long terme. La loi ELAN met ainsi en avant les propriétés des matériaux biosourcés et leur capacité de stockage carbone. Cet atout est également un levier important pour l'atteinte des objectifs de la SNBC (Stratégie nationale bas carbone). Le Ministère de la transition écologique met donc en œuvre des outils d'accompagnement au développement de de la filière bois Française, particulièrement sur le volet construction.
Plan d'action interministériel
En 2018, le Gouvernement a identifié 18 actions prioritaires pour accompagner le développement de la filière bois, regroupées dans un plan d'action interministériel.
Ce plan d’action comprend trois axes :
- Mobiliser et renouveler durablement la ressource forestière ;
- Développer les marchés finaux, soutenir l’innovation et l’investissement ;
- Améliorer la performance environnementale de la filière et son développement dans les territoires.
Le contrat stratégique de filière 2018-2022
La filière forêt-bois est reconnue depuis 2013 comme l’une des 34 filières industrielles d’avenir de la Nouvelle France industrielle. Sous l’égide du comité stratégique de filière, un contrat stratégique de filière bois a été élaboré en 2014 puis renouvelé en 2018. Il formalise les engagements réciproques entre l’État, les Régions et les organisations professionnelles autour d‘axes stratégiques et de projets structurants. .
Il vise à promouvoir l’usage du bois et à renforcer la compétitivité de la filière, ces mesures s’articulent autour de 4 défis :
développer l’analyse stratégique de la filière
accompagner le développement et la transformation des entreprises
valoriser et mobiliser la ressource et sécuriser les approvisionnements à court et moyen terme
développer le bois dans la construction, la rénovation et l’agencement
En avril 2021, Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée auprès du ministre de l’Economie, des Finances et de la Relance, chargée de l’industrie, Emmanuelle Wargon, ministre déléguée au Logement auprès de la Ministre de la Transition Ecologique, Julien Denormandie, ministre de l’Agriculture et de l’Alimentation, Renaud MUSELIER, président des Régions de France et Luc Charmasson, Président du CSF Bois ont signé l’avenant au contrat de la filière bois 2021-2022.
L’avenant vient conforter l'ambition du Gouvernement en faveur de la filière forêt-bois, en actualisant le contrat de filière signé en 2018 et en proposant 3 nouveaux axes structurants en réponse aux enjeux prioritaires du plan France Relance :
L’optimisation du puits de carbone du secteur forêt-bois au service des transitions écologiques et bas carbone
Une mobilisation renforcée de la filière et de l’Etat en faveur de la souveraineté industrielle de la France, en cohérence avec le potentiel forestier national, par un soutien aux implantations industrielles et à la relocalisation d’unités de transformation de bois
Une coopération intra et inter-filières pour renforcer les compétences, développer la valeur ajoutée à partir des marchés en croissance, valoriser l’offre de bois issu de la forêt française gérée durablement, optimiser le fort potentiel d’emploi du secteur forêt-bois notamment en milieu rural.
Cette actualisation du contrat tire les enseignements de la crise sanitaire qui a rappelé le rôle stratégique de la filière bois notamment pour le conditionnement des produits de première nécessité, à partir d’une ressource naturelle de proximité. Le bois est le seul matériau de commodité où la France peut s’appuyer sur un approvisionnement en bonne part indépendant (64% du bois d’œuvre consommé provient de la forêt française) et où la matière est à la fois renouvelable et recyclable.
Les plans bois-construction
Dès 2009, le ministère a engagé une réflexion aux côtés des professionnels de la filière afin d’identifier les obstacles au développement du bois dans la construction. Cette démarche s’est traduite par la mise en place de plans d’actions, financés par l'État, le Codifab et l’interprofession nationale France bois forêt.
Le plan bois-construction I (2009-2015)
En 2009, la direction générale du logement et de la nature (DGALN) a initié un travail de concertation avec les organisations professionnelles du bâtiment et de la filière bois afin d’identifier les freins réglementaires, normatifs et techniques au développement de la filière.
Le plan bois-construction II (2014-2017)
Entre 2014 et 2017, la DGALN a apporté son soutien à trois nouveaux axes stratégiques identifiés comme prioritaires par la filière.
la formation des professionnels
la réhabilitation des bâtiments (isolation thermique et agrandissement)
la valorisation de la ressource en bois feuillus dans la construction.
Le plan bois-construction III (2018-2020)
Ce troisième plan a permis d’accompagner les besoins de la maîtrise d’ouvrage et a facilité l’appropriation des référentiels techniques de la filière bois par les acteurs de l’ingénierie du bâtiment.
Les travaux liés aux différents Plans bois sont valorisés à travers des guides pratiques, fiches techniques, retours d’expériences, outils pratiques, vidéos, supports de formations, études et mis en ligne via différents sites web :
Le Plan bois IV (2021-2024)
Le Plan bois 4 a pour objectif l’accentuation de l’utilisation du bois (ressource renouvelable et bas carbone) dans la construction, et l’exploration de sujets d’avenir pour la filière.
Des travaux axés sur l’économie circulaire et le développement durable seront menés sur une durée de 3 ans :
- L’éco-conception des produits bois
- Le réemploi et la réutilisation des produits et constructions bois
- Les atouts en matière de développement durable de la filière bois
- La mise à disposition un outil de conception et de mise en œuvre d’isolation thermique par l’extérieur
Le projet ReUse
L’objectif de ce projet, financé par le Ministère de la transition écologique et mis en œuvre par le FCBA, est de mettre au point des méthodes et solutions de construction/déconstruction bois qui limitent la production de déchets grâce à une anticipation du réemploi en amont. Pour cela, dès la conception, le projet envisage une approche systématique de démontabilité des systèmes constructifs bois. Afin d’alimenter cette réflexion, le projet se base sur l’analyse du réemploi des systèmes actuels afin de les faire évoluer vers la facilitation du réemploi.
La première partie du travail consiste à proposer une méthodologie de dépose et de récupération des matériaux pour une possibilité de réemploi (diagnostic de l’existant, estimation des performances résiduelles, mise en œuvre de la déconstruction).
La deuxième partie du travail consiste à l’amélioration de la conception pour lever les freins détectés dans la déconstruction des ouvrages bois actuels (diagnostic des freins, proposition de solutions).
Ces réflexions ont été complétées par l’organisation d’un Hackathon entre la France et le Canada, ayant rassemblé des acteurs de la construction et des écoles d’ingénieurs sur deux journées de travail. Des propositions de systèmes de construction/déconstruction innovants ont été faites.
La végétalisation des toitures sur structure bois
La végétalisation des toitures sur structure bois est aujourd’hui assez rare à observer en France. Elle possède pourtant de nombreux avantages à l’échelle du bâtiment et à celle du quartier. S’il est intéressant de combiner la végétalisation et la structure bois, c’est d’abord pour pouvoir combiner tous les avantages de ces deux techniques : stockage du carbone, rétention des pollutions et des eaux pluviales, isolation thermique, essor de la biodiversité, atténuation des îlots de chaleur urbains... Ces aspects environnementaux prenant de plus en plus d’importance dans le milieu de la construction, il est essentiel de se pencher sur ces nouvelles manières de faire, pour allier le confort de l’habitant à sa santé et à l’impact environnemental des bâtiments. La végétalisation et la structure bois sont deux procédés qui ont aujourd’hui beaucoup de cachet, et donnent une image positive et agréable au bâtiment.
Béline Cossou, étudiante à l’ENTPE, a effectué une étude visant à identifier les freins et leviers de la végétalisation des toitures sur structure bois au sein du Ministère de la transition écologique.
Le travail de Béline Cossou a permis de proposer des perspectives de travail pour un élargissement des possibilités de végétalisation en toiture des bâtiments bois.
Nous avons souhaité explorer davantage ces pistes d’évolution, notamment mécaniques, avec pour idée plus long terme de compléter les règles de l’art et techniques courantes existantes pour les toitures végétalisées.
L’étude ci-dessous est le fruit d'un travail commun entre le FCBA et l'Adivet. Elle étudie la faisabilité mécanique de structures et éléments porteurs en bois avec une végétalisation supérieure à 150 daN/m².
Les Lab’ 2051 « construction bois »
Le Lab’ 2051 est un collectif de travail piloté par le Ministère de la transition écologique. Il fait suite au Lab’ EcoCité et au Lab’ Villes durables. Plusieurs thématiques de travail prioritaires ont été identifiées dont celle de la construction bois. L’objectif est d’identifier les besoins des maîtres d’ouvrages (principalement publics) dans le but de massifier la construction bois. Ce travail a débuté début 2020 et implique des maîtres d’ouvrages publics moteurs dans l’acte de construire en bois, et des acteurs de la filière bois.
Pour plus d’informations sur le dispositif Lab’ 2051.
Pour plus d’informations sur le Lab’ « construction bois ».
Le projet CityZenWood
Le projet « City Zen Wood », initié en 2019, est soutenu par le CODIFAB, France Bois Forêt et le Ministère de la transition écologique. Ce programme a pour ambition de proposer des outils et des méthodologies d’évaluation objective de l’influence des matériaux dont le bois, sur le confort des usagers et d’en tester la pertinence par la réalisation d’une campagne de mesures.
Ce programme s’inscrit dans le cadre de collaborations engagées entre FCBA et les acteurs japonais depuis 2011. Dans ce sens le Ministère de la transition écologiue apporte son soutien au FCBA au titre des politiques publiques en faveur du bois construction, et du partage d'expérience international sur la construction bois. L’un des objectifs de cette démarche franco-japonaise est de mieux apprécier « le niveau de confort des usagers dans les constructions bois » et de « comprendre pourquoi on associe aussi volontiers les ambiances bois au calme, à la sérénité, à une notion de chaleur… ».
La première étude City Zen Wood analyse les effets physiologiques liés à la stimulation deplusieurs sens (toucher de la main, toucher du pied, odorat et vue) au contact du bois en comparaison avec d'autres matériaux (béton, PVC et aluminium). Elle est disponible sur le site du CODIFAB ici.
La seconde étude compare les effets du bois d’origine française avec du bois d’origine japonaise sur la stimulation de certains sens. Le toucher et l’odorat sont analysés à travers la mesure de réponses psychologiques et physiologiques. Un des objectifs est d’analyser l’éventuelle influence de l’origine des essences de bois surles réponses d’une cohorte de sujets français : sont-ils plus sensibles aux essences de bois avec lesquelles ils ont été en contact durant leur vie, existe-t-il un effet culturel ?
Urbanisme et construction bois/biosourcés
Le Plan local d’urbanisme intercommunal (PLU(i)), même s’il ne peut ni imposer ni interdire l’usage de certains matériaux de construction, peut parfois restreindre indirectement le choix du bois en structure, en plancher ou en façade à cause de hauteurs maximums à ne pas dépasser ou de contraintes architecturales. Il convient donc d’identifier ces risques et les opportunités en amont afin de guider les pétitionnaires dans leurs démarches et leur permettre d’utiliser si nécessaire les dérogations permises par la loi.
Le PLU(i) peut également favoriser indirectement l’utilisation de bois et biosourcés dans le bâtiment, via la rédaction de ses objectifs et de son règlement.
Le guide Construction bois/biosourcés et documents d'urbanisme est destiné :
- Aux collectivités et aménageurs qui s’interrogent sur leviers que peuvent proposer les documents d’urbanisme pour permettre ou inciter l’utilisation de matériaux bois/biosourcés dans le bâtiment,
- aux maîtres d’ouvrage souhaitant utiliser les outils de dérogation ou de bonus prévus par la loi.
Il explique plus précisément comment appliquer certains articles du code de l’urbanisme (CU) et du code de la construction et de l’habitation (CCH) concernant le bonus de constructibilité et la dérogation de hauteur pour les constructions exemplaires.
Mesures législatives et réglementaires en faveur du bois ou des matériaux biosourcés dans la construction
La loi n° 2015-992 du 17 août 2015 relative à la transition énergétique pour la croissance verte prévoit notamment les dispositions suivantes.
« Toutes les nouvelles constructions sous maîtrise d’ouvrage de l’État, de ses établissements publics ou des collectivités territoriales font preuve d’exemplarité énergétique et environnementale et sont, chaque fois que possible, à énergie positive et à haute performance environnementale » (article 8 I).
- Décret n° 2016-1821 du 21 décembre 2016 relatif aux constructions à énergie positive et à haute performance environnementale sous maîtrise d’ouvrage de l’État, de ses établissements publics ou des collectivités territoriales
- Arrêté du 10 avril 2017 relatif aux constructions à énergie positive et à haute performance environnementale sous maîtrise d'ouvrage de l'État, de ses établissements publics et des collectivités territoriale
Mise en place des bonus de constructibilité
- Décret n° 2016-856 du 28 juin 2016 fixant les conditions à remplir pour bénéficier du dépassement des règles de constructibilité prévu au 3° de l’article L. 151-28 du code de l’urbanisme
- Arrêté du 12 octobre 2016 relatif aux conditions à remplir pour bénéficier du dépassement des règles de constructibilité prévu au 3° de l’article L. 151-28 du code de l’urbanisme.
La loi Elan du 23 novembre 2018 a introduit plusieurs mesures en faveur du bois et des matériaux biosourcés dans la construction :
- Introduction de la préfabrication (dispositif constructif largement utilisé en bois construction) dans le code de la construction et de l’habitation ;
- Annonce de mesures en faveur de la construction de maisons individuelles préfabriquées ;
- Annonce d’une réglementation environnementale en 2020 qui devra prendre en compte le stockage de carbone dans les matériaux de construction que les matériaux biosourcés permettent.
Le label Bâtiment biosourcé permet de valoriser l’utilisation des matériaux biosourcés dans la construction. Il définit un cadre réglementaire, d’application volontaire. Il dispose de plusieurs niveaux d’exigence quantitatifs (en fonction de la masse mise en œuvre) et qualitatifs (fiche de déclaration environnementale et sanitaire, recourt au bois issu de forêts gérées durablement, assurer une faible émission de composés organiques volatils).
Ce label a été défini par le décret n° 2012-518 du 19 avril 2012 relatif au label Bâtiment biosourcé et l’arrêté d’application du 19 décembre 2012 relatif au contenu et aux conditions d’attribution du label Bâtiment biosourcé.