Publié le 10 juillet 2026
Prévention des feux de forêt
Forêts, espaces naturels : face à un feu, la France est particulièrement vulnérable. Contre les feux de végétation, des actions de prévention sont menées pour prévenir le risque d’incendie.
Avec 17,6 millions d’hectares de forêt (source : inventaire forestier 2025, IGN) dans l’hexagone et en Corse, la France figure parmi les pays les plus boisés d’Europe. L’importance de ses surfaces boisées la rend vulnérable au risque d’incendie de forêt, notamment en période estivale.
Un incendie de forêt ou de végétation peut être défini comme une combustion, qui se développe sans contrôle dans le temps et dans l’espace, dans un milieu végétalisé. Les incendies dits de végétation concernent eux des formations subforestières de type landes herbeuses ou très peu arbustives, des prairies, des surfaces agricoles, des surfaces en friches, des talus...
Les conditions météorologiques (sécheresse, vent) ont une forte influence sur la sensibilité de la végétation au feu et sur la propagation du feu une fois déclenché. En moins de 10 minutes, le front de flammes peut parcourir un kilomètre et donner naissance à un feu incontrôlable, qui se propage et atteint les forêts, les haies, les champs, les habitations, etc. Les matériaux incandescents (les brandons) transportés par le vent peuvent également être à l'origine de nouveaux départs, en aval du front de flammes et parfois à plus d'un kilomètre de celui-ci.
Sur la période 2006-2021, en moyenne, 11 600 feux ont détruit annuellement 15 700 hectares de forêt et de végétation dans l’hexagone et en Corse (source : Office national des forêts, ONF). L’année 2022 a été une année exceptionnelle, avec plus de 70 000 hectares de forêt et végétation brûlés pour plus de 22 700 feux. L’année 2025 a été marquée par un feu majeur, le feu de Ribaute (massif des Corbières dans l’Aude) avec une surface de 11 130 hectares brûlés et 17 communes touchées.
Un risque majoritairement d’origine humaine
Les feux de forêt peuvent avoir une origine naturelle (foudre, éruptions volcaniques) ou humaine. En France, 90 % des départs de feux de forêt ont pour origine les activités humaines : cela peut être intentionnel, involontaire ou lié aux infrastructures.
D’après l’Office national des forêts (ONF), on distingue les causes suivantes :
- causes accidentelles, notamment liées aux infrastructures de transport (environ 15 % des départs) : lignes électriques, chemin de fer, véhicules ;
- causes involontaires dues aux travaux (environ 35 % des départs) : brûlage de végétaux, bricolage, travaux agricoles, travaux industriels et publics ;
- causes involontaires dues aux activités de particuliers (environ 15 % des départs) : barbecues, jets de mégots de cigarettes, feux d'artifices, déversement de cendres de cheminée, etc...;
- causes intentionnelles (environ 25 % des départs) par malveillance.
La moitié des départs de feux sont dus à des imprudences et à des comportements dangereux. En appliquant les bons gestes au quotidien, de très nombreux feux pourraient être évités. La plupart des feux prennent naissance près des zones habitées ou anthropisées : une majorité des feux se déclenchent à moins de 50 mètres des habitations. Les imprudences liées aux travaux et aux diverses activités de loisirs (pique-nique, camping sauvage, feux d’artifice, bricolage, etc.) se déroulent souvent à proximité de parkings, aux abords des forêts ou dans les jardins. Peu d’imprudences ont lieu au cœur des forêts.
Intensification et extension du risque avec le changement climatique
Les effets du changement climatique peuvent aggraver le risque d’incendie de forêt et de végétation, puisque les conditions météorologiques ont une grande influence sur la propagation et l’intensification des feux :
- des températures plus élevées favorisent la transpiration des plantes et la baisse de l’eau contenue dans les sols. La végétation s'asséchant, elle devient plus sensible au développement des incendies ;
- dans certaines régions, le changement climatique devrait aussi entraîner une diminution des pluies durant l’été, saison propice aux incendies, aggravant le phénomène.
Depuis les années 2000, il est constaté une extension spatiale et temporelle du risque liée au changement climatique. Auparavant essentiellement concentré au Sud-Est (zone méditerranéenne) et au Sud-Ouest (massif des Landes de Gascogne) de la France, les études conduites au niveau hexagonale montrent une extension future sur l’ensemble du territoire.
En 2023, la mission des inspections générales (l’inspection générale de l’administration - IGA, le conseil général de l’alimentation de l’agriculture et des espaces ruraux - CGAAER et l’inspection générale de l’environnement et du développement durable - IGEDD) a dressé un panorama très préoccupant de l’évolution du risque feux de forêt à moyen et long termes :
- une augmentation de la vulnérabilité aux incendies des zones déjà particulièrement touchées (zone méditerranéenne et sud-ouest) ;
- une extension de l’aléa vers le centre et l’ouest, ainsi qu’une intensification dans le sud-est ;
- un allongement important de la saison des feux ;
- une probabilité accrue de concomitance de feux de grande taille et un accroissement notable de leur puissance comme cela a pu être constaté ces dernières années.
Cette intensification est également observée au niveau européen : en 2025, plus d’1 million d’hectares ont brûlé, selon le système d’information européen EFFIS (European Forest Fire Information System). L’Espagne (environ 400 000 ha) et le Portugal (environ 300 000 ha) ont été les pays les plus touchés.
Le changement climatique entraîne également une dégradation de l’état sanitaire des forêts, ce qui peut constituer un facteur de risque supplémentaire.
En conséquence, deux mesures du 3e Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC-3) sont dédiées aux forêts : la mesure 7 « Se préparer à l’augmentation attendue des incendies de forêt et de végétation » et la mesure 38 « Assurer la résilience des forêts, des services associés et de l'économie de la filière bois ».
Les conséquences
Les incendies de forêt et de végétation ont des conséquences environnementales, sociales et économiques importantes :
- risques de pertes de vies humaines ou de brûlures et/ou de blessures ;
- conséquences environnementales : atteinte à la biodiversité et aux paysages, pollution de l’eau par les cendres et les sédiments, dégradation de la qualité de l’air et de la capacité de stockage du carbone par les arbres ;
- émissions de gaz à effet de serre ;
- potentielle aggravation d’autres risques naturels : chute de pierres, glissements de terrain, érosion, crues torrentielles, avalanches en montagne ;
- conséquences sociales : risques psycho-sociaux liés aux incendies dans la zone touchée, impact sur l’accueil du public en forêt ou la chasse…
- conséquences économiques : destruction de bâtiments, perte de valeur et de production de bois, impact sur les activités économiques et touristiques…
Ayons les bons réflexes pour éviter de déclencher un feu de forêt ou de végétation
9 feux sur 10 sont d’origine humaine et pourraient être évités en adoptant les bons réflexes. Avec le changement climatique, le risque d’incendie s’amplifie et s’étend progressivement à la quasi-totalité du territoire hexagonal. Il est donc impératif de poursuivre le développement de la culture du risque. C’est pourquoi l’État met en œuvre de nombreuses actions de prévention et de communication pour développer l'acculturation au risque de feux de forêt et de végétation.
Les campagnes de sensibilisation
Depuis 2018, une campagne nationale de sensibilisation et de prévention des risques de feux de forêt et de végétation est organisée annuellement par le Gouvernement avec l’appui de nombreux partenaires, comme l’Office national des forêts (ONF) et Météo-France. Elle allie à une identité visuelle forte, des messages percutants pour marquer l’ensemble de la population, y compris les plus jeunes, sur les bons réflexes à adopter (au sujet des barbecues, des jets de mégots, de l’usage de matériels pouvant provoquer des étincelles ou dégager de la chaleur et du stockage de combustible). Cette campagne est diffusée via des spots TV ou audio durant les mois de juillet et août. La communication est également relayée sur internet et les radios d’autoroutes.
Aussi, depuis 2023, une campagne spécifiquement dédiée aux obligations légales de débroussaillement est organisée annuellement par le Gouvernement. Cette nouvelle campagne s’adresse au grand public résidant dans les zones à risque et se déroule à l’automne et au début de l’hiver. En effet, ce sont les périodes idéales pour réaliser les gros travaux de débroussaillement. Les végétaux ayant perdu leurs feuilles, les interventions sont facilitées et le volume des rémanents à éliminer est réduit. C’est également une période favorable pour la coupe des broussailles.
La météo des forêts
De juin à septembre, la « météo des forêts » informe quotidiennement le grand public sur le niveau de danger de feux de forêts dans les départements de l’Hexagone et de la Corse.
La météo des forêts apporte une information synthétique aux citoyens sur la sévérité du danger de feu, pour les deux prochains jours, à partir des prévisions des conditions propices à l’éclosion et à la propagation de feux de forêts et de végétation : pluie, humidité et température de l’air, force du vent, état de sécheresse de la végétation. Elle n’est pas destinée aux services d’incendie et de secours, ni aux services de sécurité civile chargés de coordonner la lutte contre les feux. Ces derniers bénéficient d’une assistance spécifique de Météo-France pour les accompagner dans la gestion opérationnelle des moyens d’intervention.
L’information cartographique se présente sous la forme d’un niveau de danger par département, sur une échelle de 4 niveaux (faible à très élevé). Des messages de prévention accompagnent les niveaux de danger les plus élevés, afin de rappeler les bons réflexes et d’éviter les comportements à risque dans les régions et périodes identifiées. Elle est diffusée sur le site de Météo-France et est relayée largement par les médias.
Afin de connaître les conditions d’accès aux massifs forestiers, il convient de se renseigner auprès des préfectures de département.
L'information des citoyens
Le dossier départemental des risques majeurs (DDRM) recense à l’échelle d’un département l’ensemble des risques majeurs par commune et présente les mesures de sauvegarde prévues par les autorités publiques dans le département. À partir de ce document, le maire élabore un document d’information communal sur les risques majeurs (DICRIM) qui présente les mesures de prévention, de protection et de sauvegarde répondant aux risques majeurs susceptibles d'affecter la commune et en tant que de besoin, les consignes de sécurité devant être mises en œuvre en cas de réalisation du risque. Le maire fait connaître au public l'existence du DICRIM par tout moyen approprié et organise, au moins une fois tous les deux ans, des actions de communication relatives aux risques majeurs et aux mesures de prévention et de sauvegarde. Le DICRIM est consultable à la mairie et sur le site internet de la commune.
Depuis 2003, les propriétaires de biens immobiliers doivent fournir aux futurs acheteurs et locataires un état des risques des principaux phénomènes dangereux (pollution, inondation, séisme, etc.) auxquels leurs biens sont exposés. Il s’agit de l’information des acquéreurs et des locataires (IAL) (codifiée à l’article L. 125-5 du code de l’environnement) qui fait partie des diagnostics immobiliers obligatoires que les propriétaires doivent adresser aux futurs acquéreurs ou locataires de logements, bureaux, commerces ou terrains, même inconstructibles. L’état des risques doit figurer dans le dossier de diagnostic technique annexé à la promesse et à l’acte de vente ou au bail de location et doit être remis à la première visite.
Les biens concernés par cette obligation sont notamment ceux situés :
- dans une zone couverte par un plan de prévention des risques d’incendie de forêt ;
- depuis le 1er janvier 2025, dans une zone assujettie aux obligations légales de débroussaillement.
Pour en savoir plus
La journée nationale de la résilience
La Journée nationale de la résilience est une initiative gouvernementale qui vise à diffuser la culture du risque et de la résilience auprès de l’ensemble des publics. L’objectif est que chaque citoyen puisse connaitre les risques majeurs qui l’entourent et s’informe sur les comportements de sauvegardes à adopter, et les modalités d’alerte en cas d’évènement grave. Un appel à projets permet de labelliser des actions organisées toute l’année avec un point d’orgue le 13 octobre en cohérence avec la journée internationale pour la réduction des risques de catastrophes de l’ONU. Parmi les projets labellisés, certains concernent les risques d’incendie de forêt et de végétation.
Développement des connaissances et maîtrise de l’urbanisation
L'amélioration des connaissances sur les feux de forêt et de végétation est essentielle à leur prévention, en particulier dans le contexte du changement climatique, qui induit une intensification du risque dans les zones historiquement touchées (pourtour méditerranéen, Sud-Ouest), une extension géographique (vers le Nord et l’Ouest) et un allongement de la saison des feux.
Une carte de sensibilité au danger de feux de forêt et de végétation est en cours d’élaboration à l’échelle nationale et sera révisée régulièrement (article L. 567.1 du code de l’environnement).
Ces travaux sont réalisés par les opérateurs de l’État : l’institut national de l’information géographique et forestière (IGN), l’institut national de la recherche pour l’agriculture l’alimentation et l’environnement (INRAE), Météo-France et l’office national des forêts (ONF).
Enfin, la maîtrise de l’urbanisation joue un rôle clé en évitant l’installation de nouvelles vies humaines dans les zones les plus dangereuses et en régulant l’urbanisation, notamment aux interfaces forêt-habitat. Les documents d’urbanisme (SCoT, PLU, cartes communales) participent ainsi à la réduction des risques pour les personnes et les biens.
La connaissance des phénomènes
La base de données sur les incendies de forêt en France (BDIFF) est un outil essentiel de centralisation et de diffusion des connaissances sur les incendies de forêt en France :
- elle collecte et centralise, à l’échelle nationale, l’ensemble des données relatives aux incendies de forêt survenus sur le territoire français ;
- elle met à disposition du grand public, des collectivités et des services de l’État des informations clés sur les feux de forêt, notamment leurs causes, les surfaces touchées et leurs localisations.
Hébergée par l’IGN, cette base de données repose sur des déclarations et des renseignements fournis par un réseau de contributeurs, sous le pilotage national des ministères chargés de la forêt et de l’Intérieur.
La BDIFF intègre depuis 2023 les données du site Prométhée, qui recensait les incendies de forêt survenus en région méditerranéenne française.
Le plan de prévention des risques d’incendie de forêt (PPRIF)
Le plan de prévention des risques d’incendie de forêt cible prioritairement les territoires exposés à des niveaux de risque importants et à une pression foncière forte. Il répond aux objectifs de non aggravation de l’exposition et de réduction de la vulnérabilité des personnes et des biens en :
- délimitant des zones d'exposition aux risques à l'intérieur desquelles des constructions ou des aménagements sont interdits, tout en permettant sur d’autres zones un développement raisonné et sécurisé, là où l'intensité de l'aléa le permet ;
- définissant des mesures de prévention, de protection et de sauvegarde ainsi que des mesures relatives à l'aménagement, à l'utilisation ou à l'exploitation de constructions, d'ouvrages ou d'espaces cultivés ou plantés existant à la date d’approbation du plan.
Ces plans, établis à l’échelle communale ou intercommunale, sont opposables aux autorisations d’urbanisme (notamment les permis de construire).
Le guide méthodologique « Plans de prévention des risques – Risques d’incendies de forêt » de 2002 et la note technique du Ministère de la Transition écologique et solidaire du 29 juillet 2015 relative à la prise en compte du risque incendie de forêt dans les documents de prévention et d’aménagement du territoire encadrent la politique de prévention du risque par la maîtrise de l’urbanisation et accompagnent notamment la réalisation des PPRIF.
Pour renforcer la maîtrise de l’urbanisation, la loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023 a créé un nouveau chapitre dédié à la prévention des incendies de forêt et de végétation dans le code de l’environnement. Ce chapitre sur la prévention des incendies de forêt et de végétation facilite la mise en œuvre d’outils de prévention dans le domaine de l’aménagement du territoire sur les territoires présentant le risque le plus élevé. En particulier, grâce à l’instauration d’une :
- nouvelle procédure de « modification simplifiée » (article L. 567-3 du code de l’environnement) qui, sous certaines conditions, permettra aux services de l’État de faire évoluer plus rapidement et plus simplement un PPRIF opposable, lorsque des mesures rendues obligatoires par ce dernier ayant une incidence sur le zonage ont été réalisées ;
- nouvelle servitude d’utilité publique, la « zone de danger » (articles L. 567-4 à L. 567-6 et R. 567-1 à R. 567-4 du code de l’environnement), équivalente à un PPRIF simplifié. Pour les communes qui seront inscrites sur la liste des communes exposées à un danger élevé ou très élevé (article L. 567-1 du code de l’environnement) et dépourvues de PPRIF approuvé, le préfet pourra, sur le fondement de la carte nationale, établir une zone de danger. Les règles d’utilisation des sols qui s’y appliquent sont précisées à l’article L. 567-5 du code de l’environnement.
Le porter-à-connaissance
Le porter-à-connaissance, au sens de l’article L. 132-2 du code l’urbanisme, conditionné à l’élaboration ou à la révision d’un SCoT, PLU(i) ou d’une carte communale, a pour objet de rappeler aux collectivités locales les dispositions législatives et réglementaires applicables, les projets des collectivités territoriales et de l’Etat en cours ou existants et les documents techniques ou les études dont l’Etat dispose et qui sont nécessaires à l’exercice de leur compétence en matière de prévention des risques et de protection de l’environnement.
Les collectivités devant agir pour la prévention des risques naturels prévisibles, il est nécessaire qu'elles puissent utiliser toutes les connaissances à leurdisposition pour appliquer l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme lors de l’instruction des demandes d’autorisations d’urbanisme, afin de satisfaire à l'obligation de garante de la sécurité publique. Ainsi, l’actualisation régulière du PAC sur le volet « risque » répond pleinement à cet enjeu.
Cependant, c’est bien l’existence du risque (aléa et enjeu) et sa connaissance qui sont le fait générateur de l’obligation de recours aux dispositions de l’article R. 111-2 du code de l’urbanisme, et non l’existence d’un PAC.
Pour aller plus loin
Gestion forestière
1. Le rôle de la Défense des forêts contre l’incendie (DFCI)
La lutte contre les incendies de forêt commence très en amont des départs de feux par une politique volontariste de prévention du risque. Ainsi, les services du ministère chargé de la forêt contribuent à :
- définir la stratégie départementale de prévention des incendies de forêt au travers des plans départementaux de protection des forêts contre l’incendie (voir 4) ;
- identifier les massifs constitués de bois, landes, maquis, garrigues exposés au risque incendie ;
- réglementer les usages du feu dans l’espace naturel et les pratiques humaine dans les zones exposées au risque incendie pendant les périodes à risques ;
- entretenir et développer les équipements de Défense des forêts contre les incendies (DFCI) des massifs forestiers (en particulier points d’eau, tours de guet, coupures de combustible, pistes de DFCI) ;
- participer au diagnostic du danger de feu lié à l'état de dessèchement du couvert végétal ;
- assurer des patrouilles de surveillance, de contrôle et de première intervention, grâce notamment à la mobilisation de près d'un millier de forestiers spécialisés des services déconcentrés de l'Etat (DDT(M), de l’Office national des forêts (ONF) et en partenariat avec les forestiers sapeurs de certains conseils départementaux) ;
- veiller, en lien avec les maires, au respect des mesures de débroussaillement obligatoire autour des habitations et en bordure de certaines infrastructures.
En outre, la constitution d’équipes pluridisciplinaires de recherche des causes de feu associant pour chaque département méditerranéen un sapeur-pompier (SDIS), un forestier (ONF ou DDT), et un officier de police judiciaire (services de police et de gendarmerie) permet de mieux connaitre les causes des mises à feux d'origine anthropique et ainsi mieux orienter les actions de prévention.
Pour en savoir plus
2. L’équipement des massifs
La politique d’équipement des massifs est pilotée par le ministère chargé de la forêt. Elle repose autour de 4 axes principaux :
- faciliter l’accès de la forêt aux engins de secours ;
- pérenniser la possibilité d’accès par la mise en place de servitude à destination des services de secours ;
- débroussailler les abords des zones sensibles et les périmètres d’intervention des secours ;
- aménager des points d’eau stratégiques en nombre suffisant.
L’attaque des feux naissants est cruciale dans la stratégie de lutte contre le feu en France. Sa réussite repose sur la rapidité d’intervention et la force de frappe mise en œuvre par les moyens de secours.
Pour permettre aux secours d’intervenir efficacement à proximité du sinistre, des équipements DFCI adaptés sont nécessaires. Cela inclut l’aménagement de pistes ou voies d’accès praticables, qu’elles soient sûres, sans impasse, et qu’un entretien régulier et un balisage clair y soient effectués. Ces pistes peuvent être destinées à un usage exclusif (pistes DFCI avec statut officiel) ou à un usage partagé (pistes d’intérêt DFCI).
Avec ou sans additif, l’eau est l’agent extincteur usuel des feux de forêts. Pour garantir l’efficacité des opérations de lutte contre les incendies, il est crucial d’assurer une alimentation continue en eau, sans risque de rupture pour les lances utilisées par les secours. Le dispositif est d’autant plus fiable si des points d’eau, qu’ils soient naturels (sources, cours d’eau, lacs) ou aménagés (réseau de distribution, retenues, citernes, bassins...) sont suffisamment nombreux, judicieusement répartis sur le réseau des pistes, régulièrement vérifiés et entretenus.
3. Les obligations légales de débroussaillement (OLD)
Débroussailler, c’est réduire la masse de végétaux sur un terrain en créant des discontinuités dans la végétation. Le débroussaillement est une excellente mesure de prévention :il diminue le risque d’incendie et, en cas de départ de feu, permet de freiner sa propagation et son intensité et de faciliter l’intervention des secours. 90% des maisons détruites lors de feux de forêt ne sont pas, ou sont mal, débroussaillées.
C’est pourquoi, dans certains territoires, le débroussaillement et le maintien en état débroussaillé sont une obligation. On parle alors d’obligations légales de débroussaillement (OLD). Les travaux de débroussaillement menés en application des OLD sont des travaux d'intérêt général de prévention des risques d'incendie qui visent à garantir la santé et la sécurité publiques et à protéger les forêts, en particulier les habitats naturels forestiers susceptibles d'abriter des espèces protégées.
Un guide technique permet d’en comprendre les principales caractéristiques, fixées par le code forestier.
Ces obligations concernent 52 départements (mai 2026 - voir carte en ligne sur Géorisque), dans lesquels un arrêté préfectoral définit les modalités locales de mise en œuvre.
L’articulation de ces travaux avec la protection de la faune et de la flore sauvage est précisée par l’arrêté interministériel du 29 mars 2024 relatif aux OLD. Pour les départements concernés, les arrêtés préfectoraux encadrant les OLD pris en application de l’article L. 131-10 du code forestier.
Pour en savoir plus
- Arrêté du 29 mars 2024 relatif aux OLD
- Foire aux questions : les obligations légales de débroussaillement (OLD)
- Obligations légales de débroussaillement | Géorisques
- Guide et fiches techniques relatives à la prise en compte des dispositions de l’arrêté interministériel du 20 mars 2024 relatif aux OLD
4. Les plans de protection des forêts contre les incendies (PPFCI)
Les plans de protection des forêts contre les incendies (PPFCI) sont des documents de planification à l’échelle départementale ou interdépartementale. Ils ont pour objectif de préciser l’application des dispositions du code forestier et leur articulation avec celles du code de l’environnement dans le cadre de la procédure des plans de prévention des risques (PPR).
Ces plans doivent permettre de construire, sur des bases législatives et réglementaires établies, de véritables cadres pour :
- évaluer les risques ;
- identifier les actions prioritaires ;
- planifier la politique de gestion du risque d’incendie de forêt et de végétation, aux échelles spatiales et temporelles les plus appropriées ;
- s’assurer d’une cohérence globale de l’aménagement du territoire et inscrire les actions de DFCI dans une réflexion intégrant les espaces forestiers, mais aussi les zones urbaines, agricoles et naturelles.
Les PPFCI s’appuient sur un état des lieux établi et partagé par l’ensemble des acteurs départementaux intervenant dans la défense des forêts contre l’incendie. Les élus doivent être associés pleinement, et ce le plus en amont possible, à l’élaboration des plans départementaux ou régionaux puisqu’il s’agit de mettre en cohérence les différentes politiques qui concourent à la protection des personnes et des biens, ainsi que des milieux naturels et des espèces remarquables. Les orientations décrites dans les PPFCI concernent à la fois la prévention, la lutte, l’aménagement du territoire, et la mise en œuvre de projets visant à structurer la mobilisation des différentes sources de financement possibles.
La concertation étroite entre l’État et les collectivités territoriales est d’autant plus importante que les orientations des PPFCI sont ensuite déclinées au niveau de plans à l’échelle des massifs forestiers.