Publié le 06 septembre 2018

CALIPSO, une classification sonore pour les avions légers

  • Aviation et Environnement

La classification des avions légers selon leur indice de performance sonore (CALIPSO) fait son chemin, une classification qui vise à favoriser le dialogue entre riverains des aérodromes et usagers de l’aviation légère.

CALIPSO, un outil de dialogue

CALIPSO permet :

  • à tous de consulter la classe d’appartenance des avions référencés par immatriculation ou par aérodrome ;
  • aux propriétaires d’avion léger de procéder à une demande de classement.

La France est le premier pays à développer une classification sonore pour les avions légers basée sur des mesures prises en situations réelles de vol et exprimée au moyen d’un indice de performance sonore défini en référence au bruit maximal d’une conversation (68 décibels).

Aujourd’hui, plus de 1250 avions sont référencés dans la base de données CALIPSO qui identifie quatre classes acoustiques.

Depuis juin 2013, ce dispositif novateur met à la disposition du public des données objectives relatives au bruit des avions légers et favorise ainsi un dialogue argumenté entre les usagers de l’aviation légère et les riverains des aérodromes. Si les propriétaires d’avion ne sont pas obligés de faire classer leur appareil, ils y sont fortement encouragés car l’absence de visibilité sur le bruit émis par leur appareil pourra avoir des conséquences sur son exploitation durant les plages horaires où la gestion du bruit s’avère indispensable.

La Classification CALIPSO a été étendue le 1er septembre 2020 aux avions de construction en kit (CNSK) et de construction amateur (CNRA).

La méthode de classification des avions

La classification CALIPSO, qui a fait l’objet d’une concertation avec l’ensemble des intéressés (associations de riverains, fédérations d’aviation légère, industriels…) est entrée en vigueur le 1er juillet 2013 par voie d’arrêté ministériel, à l’issue d’une phase de consultation publique.

CALIPSO s’appuie sur l’indice de performance sonore des avions (IP) déterminé grâce à des mesures prises en situation de vol et exprimé en référence au bruit maximal d’une conversation (68 décibels) :

  • un IP 0 indique en moyenne un niveau de bruit perçu au sol égal à celui de la conversation ;
  • un IP 30 indique en moyenne un niveau de bruit perçu au sol inférieur de 3 décibels à celui de la conversation ;
  • un IP 60 indique en moyenne un niveau de bruit perçu au sol inférieur de 6 décibels à celui de la conversation.

Note : la valeur de 3 décibels correspond à une atténuation perceptible par l’oreille humaine.

En fonction de ce critère, les avions sont classés selon quatre classes, des plus performants aux moins performants :

  • classe A : avions dont l’indice de performance sonore est égal ou supérieur à 60 ;
  • classe B : avions dont l’indice de performance sonore est égal ou supérieur à 30 et inférieur à 60 ;
  • classe C  : avions dont l’indice de performance sonore est égal ou supérieur à 0 et inférieur à 30 ;
  • classe D : avions dont l’indice de performance sonore est inférieur à 0

Questions fréquentes sur CALIPSO

La réalisation du vol de mesures ne nécessite aucune compétence particulière du pilote. Selon le protocole de mesure CALIPSO, l’avion effectue environ huit survols en palier à différentes vitesses, de la plus faible à la plus élevée. Il survole le point de mesure acoustique à une hauteur comprise entre 640ft (195 m) et 960ft (293m). La hauteur de référence est 800 ft (244m). La durée de l’essai en vol est de l’ordre de 30 minutes.

Illustration de la réalisation des mesures de performance sonore des avions légers

Note : la hauteur d’essai fixée à 800 ft a pour but d’obtenir une émergence suffisante du bruit de l’avion par rapport au bruit de fond, en particulier pour les survols opérés à faible vitesse. Les niveaux de bruit sont ensuite corrigés pour refléter le bruit que produit l’avion à une hauteur de 1000 ft (hauteur courante du circuit de piste qui constitue la principale source de gêne ressentie par les riverains).

Le champ d’application de la classification couvre les avions munis d’un certificat de navigabilité (CDN) ou d’un certificat de navigabilité restreint (CDNR), ainsi que les avions de construction en kit (CNSK) et de construction amateur (CNRA) depuis le 1er septembre 2020

Les avions concernés par la classification sont équipés d’un ou plusieurs moteurs à piston et ont une masse maximale au décollage inférieure ou égale à 8618 kilogrammes.

Les avions électriques ne sont donc pas concernés à ce jour par la classification CALIPSO.

La référence utilisée est celle du niveau sonore maximal d’une conversation, soit 68 décibels (dB).

L’indice de performance 0 (IP 0) correspond donc au bruit de la conversation.

Un IP 30 indique que l’avion produit en moyenne un niveau de bruit inférieur de 3 décibels à celui d’une conversation et un IP 60 un niveau de bruit inférieur de 6 décibels à celui de la conversation.

Les avions sont classés selon quatre classes, des plus performants aux moins performants :

  • classe A : avions dont l’indice de performance sonore est égal ou supérieur à 60 ;
  • classe B : avions dont l’indice de performance sonore est égal ou supérieur à 30 et inférieur à 60 ;
  • classe C : avions dont l’indice de performance sonore est égal ou supérieur à 0 et inférieur à 30 ;
  • classe D : avions dont l’indice de performance sonore est inférieur à 0.

Le projet CALIPSO a fait l’objet d’une longue concertation avec les industriels, les fédérations d’aviation légère et les associations de riverains.

Après la parution de l’arrêté, ces différents acteurs constituent un comité de suivi CALIPSO qui a pour mandat l’examen de la mise œuvre de CALIPSO, l’analyse des effets de son utilisation et le cas échéant la définition des actions à mener.

En application de l’article L. 120-1 du code de l’environnement, le projet d’arrêté a fait l’objet d’une consultation publique sur Internet.
 
Ressources : Arrêté du 11 juin 2013 portant classification des avions légers selon leur indice de performance sonore

Le propriétaire de l’avion (particulier, aéroclub, association ou entreprise) ouvre un compte sur le site CALIPSO.
À partir de ce compte, le postulant demande un classement pour son ou ses avions et suit l’état d’avancement du dossier.

Dans environ 80% des cas une mesure n’est pas nécessaire.
L’analyse du dossier de demande de classement permet de classer un avion par équivalence si l’aéronef  présente les mêmes caractéristiques qu’un avion déjà classé.

Si l’avion n’a pas d’équivalent dans la base de référence, alors une mesure sera proposée au propriétaire.

À ce jour, la DGAC prend en charge les dépenses liées à la réalisation des mesures acoustiques hors carburant.

Pour le pilote, c’est :

  • avoir la garantie que l’avion fera l’objet, quel que soit son classement, d’autorisations de vol privilégiées durant les périodes sensibles ou la gestion du bruit s’avère indispensable ;
  • optimiser l’exploitation de l’appareil ;
  • faire progresser la concertation au niveau local et se donner les meilleures chances de préserver l’activité de l’aviation légère dans les régions sur le long terme.

Pour les riverains, la classification CALIPSO a pour objectif de mettre à sa disposition des données objectives relatives au bruit émis par les avions légers.

Elle permet de :

  • résumer le bruit que produit l’avion en situation réelle de vol ;
  • évaluer le bruit perçu par les populations riveraines des aérodromes ;
  • révéler, par comparaison des performances, le gain des dispositifs atténuateurs de bruit ;
  • valoriser les progrès technologiques en matière de réduction du bruit à la source.

Non, toutefois, il convient de noter que sur les aérodromes ou l’outil de dialogue CALIPSO est utilisé, l’absence de visibilité sur le bruit que produit l’avion pourra avoir pour conséquence l’interdiction de vol lors des plages horaires « sensibles » des avions non classés.

L’arrêté initial du 11 juin 2013 relatif à CALIPSO s’appliquait uniquement aux avions équipés d’hélices à pas fixe. L’arrêté modificatif du 25 mai 2016 a étendu le champ d’application aux avions équipés d’hélices à pas variable.

La certification acoustique vise à démontrer qu’un avion ne dépasse pas un niveau sonore admissible à puissance maximale.

Le niveau de bruit affiché sur le certificat acoustique ne révèle pas le niveau de bruit mesuré lors d’un tour de piste qui est la principale source de mécontentement des riverains.

Le certificat acoustique de l'avion ne permet pas d'obtenir une classification CALIPSO.

Les ULM ne sont pas concernés par la classification CALIPSO.

Oui, sauf si votre aéronef présente les mêmes caractéristiques qu’un avion déjà classé. Il pourra dans ce cas être classé par équivalence, et vous n’aurez pas à vous rendre sur un site de mesures.

Si l’avion n’a pas d’équivalent déjà mesuré,  il  appartiendra au pilote d’amener l’aéronef sur un des terrains sélectionnés par la DGAC : Aubenas (LFHO), Moissac (LFCX), Montargis (LFEM), Mauléon (LFJB), Montceau-les-Mines (LFGM) ou Vesoul (LFQW).

Le laboratoire de la DGAC peut se déplacer en tout point du territoire pour un minimum de 10 avions à mesurer.

La DGAC peut subventionner l’achat et la pose de silencieux sous certaines conditions.

Pour plus d’informations, contacter la « division développement durable » de la direction de la Sécurité de l’Aviation civile (DSAC) de votre région.

Contact

Qui contacter pour toute demande d’information ?

Si vous ne trouvez pas la réponse à votre question dans la FAQ ci-dessus, envoyez-nous votre demande à l’adresse électronique calipso.dta-bf@aviation-civile.gouv.fr.

Nous vous répondrons dès que possible.