Impacts du changement climatique : Santé et Société

Le Jeudi 8 avril 2021

Afin de décrire l'état du climat et ses impacts sur l'ensemble du territoire français, l’ONERC (Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique) s’est doté d’indicateurs. Un indicateur est une information, associée à un phénomène, permettant d’en indiquer l’évolution dans le temps, de façon objective, et pouvant rendre compte des raisons de cette évolution. Dans cette fiche, les indicateurs s'intéressent à la santé et à la société

Exposition des populations aux risques climatiques


Crédits : MTES, Gaspar, 2017 - Insee, RP, 2014, ©IGN, BD Carto, 2016. Traitements SDES, 2019

Cette carte illustre le niveau d'exposition de la population française aux risques naturels liés au climat : inondations, avalanches, tempêtes et cyclones, feux de forêt, mouvements de terrain. Plus la densité de population est forte et plus le nombre de risques climatique identifié par commune est élevé, plus l’indice est fort.
Ces risques sont susceptibles de s'accroître avec le changement climatique, dans la mesure où certains événements et extrêmes météorologiques pourraient devenir plus fréquents, plus répandus et/ou plus intenses. Aussi, il est nécessaire de mettre en place des actions d’adaptation dans les territoires exposés pour limiter leur vulnérabilité aux risques climatiques.
Une analyse des données statistiques montre que 18 % des communes françaises métropolitaines sont fortement ou très fortement exposées aux risques climatiques, 11 % des communes connaissent un risque moyen et 52 % un risque faible ou très faible. A l’échelle régionale, les régions les plus concernées sont les territoires ultramarins avec une exposition forte pour plus de 90 % de leurs communes : Mayotte (100 %), Guadeloupe (97 %), Martinique (94 %) et La Réunion (92 %). La situation insulaire en zone tropicale entraîne une très forte exposition aux aléas d’origine météorologique (cyclones et tempêtes). Pour la métropole, les régions les plus exposées sont la Bretagne (46 %), PACA (44 %) et l'Ile-de-France (40 %). Si en Ile-de-France c'est avant tout la densité de population qui prime, en revanche en PACA et en Bretagne la densité élevée de population est renforcée par un nombre élevé de communes pour lesquelles au moins 3 risques climatiques sont identifiés.

62 %

Actuellement 62 % de la population française est exposée de manière forte ou très forte aux risques climatiques


Crédits : Medde, Gaspar, 2016 - Insee, RP, 2013 (Mayotte, 2012), @IGN, BD Carto, 2010. Traitements SOes, 2016

Plusieurs facteurs interviennent dans l’évolution de l’indicateur d’exposition entre 2005 et 2015 :

  • l’amélioration de la connaissance des risques climatiques identifiés et déclarés par les services de l’État ;
  • l’augmentation de la population.

L’indicateur d’exposition de la population aux risques climatiques a été calculé en 2005 à l’aide des données de la base Corinte (données 2005) et des données du recensement de population 1999. La base de données Corinte a depuis été remplacée par la base de données Gaspar, gérée par la Direction Générale de la Prévention des Risques (DGPR) du Ministère de l'Environnement, de l'Energie et de la Mer.

La comparaison des indicateurs d’exposition des populations aux risques climatiques en 2005 et en 2015 montre une augmentation très imortante du nombre de communes fortement exposées aux risques climatiques (+175%), tandis que le nombre de celles exposées moyennement (+44 %) ou faiblement (+68 %) augmentent dans une moindre mesure. A contrario, la part des communes non exposées a quant à elle fortement diminué (-65 %).

Feux de forêts Météorologique

Surface de la France concernée annuellement par des conditions météorologiques propices aux départs de feux de forêts la période 1959-2014.


Crédits : Météo-France

Cet indice permet d’appréhender le niveau de sensibilité météorologique aux feux de forêts atteint annuellement à l’échelle de la France métropolitaine. Son évolution sur la période 1959-2014 permet d’identifier les années les plus sensibles, l’année la plus sévère en termes de feux de forêts étant l’année 2003, puis 1976. On retrouve ensuite des épisodes assez marqués avec les années début 1960 et début 1990. En regard, la moyenne décennale tracée permet de matérialiser l’accentuation depuis la fin des années 1980 de l’extension spatiale de cette sensibilité. Notamment au cours de la dernière décennie 2003-2012, 8 années sur 10 présentent plus de 30 % du territoire métropolitain concerné par cette sensibilité.

Indice de Rigueur Climatique

Évolution de l’indice de rigueur climatique à partir de 1970


Crédits : Traitement MTES/SDES Données Météo-France

Cet indice permet de caractériser la rigueur de la période hivernale d’une année (de janvier à mai et d’octobre à décembre, période nécessitant le chauffage des habitations) par rapport à la moyenne de la période 1986-2015 depuis 1970. Un indice de 0,9 indique que la somme des DJU (Degrés Jours Unifiés) de la période hivernale de l’année considérée a été plus douce que la moyenne de la période de référence. On peut en déduire que la consommation sensible au climat a été cette année là de 10 % inférieure à ce qu’elle aurait été pour un climat "normal" (égal à la période de référence 1976-2005 ou 1990-2015). On note une baisse sensible de cet indice, en particulier depuis 1988 ce qui coïncide également avec l’augmentation significative des températures de l’air en métropole (températures moyennes annuelles). Avec une valeur de 1,002, l’année 2016 est très proche d’une année « normale », tandis qu’avec une valeur proche de 0,8, l’année 2014 est sans conteste l’année présentant la plus chaude période hivernale depuis 1970 (soit une consommation sensible de 20 % inférieure à la moyenne 1990-2015).

Indicateur de pollen de bouleau

Quantité annuelle de pollens de bouleau depuis 1989


Crédits : Index polliniques (RNSA) ; Températures (Météo-France)

Les quantités de pollens de Bouleau qui sont libérés en Mars-Avril dépendent des températures et du temps qu’il a fait avant à partir du mois de juillet de l’année précédente. Les températures utilisées représentent l’année phénologique du Bouleau à savoir de Juillet à Juin de l’année suivante. Six villes avec des climats et des végétations différents ainsi que des données pollens fiables (RNSA) ont été choisies ; il s’agit de Lyon, Montluçon, Strasbourg, Paris, Toulouse et Amiens. Afin de limiter les effets des variations interannuelles liés à de simples conditions météorologiques, une moyenne mobile sur 4 ans (l’année en cours et les 3 années précédentes) de ces six villes a été réalisée pour avoir la quantité de pollens de Bouleau et la température pour chaque année.
Le changement climatique et la hausse des températures conduit à une modification des dates de floraisons et de pollinisations surtout pour les espèces qui pollinisent à la fin de l’hiver et au début du printemps comme le cyprès, le frêne, le bouleau… Cette pollinisation précoce est liée à la température. Par exemple de décembre 1987 à février 1988 les températures moyennes ont été supérieures aux normales saisonnières sur une grande région nord de la France, la pollinisation a été avancée de 4 à 6 semaines par rapport à la normale pour la plupart des espèces d’arbres qui pollinisent au début de l’année. Cette évolution des températures n’a fait qu’entraîner une hausse de la quantité de pollens de Bouleau émis et donc une augmentation des allergies.
Le changement climatique a aussi une influence sur la durée de la saison pollinique en l’augmentant même si ce dernier paramètre est moins visible que le précédent. De plus, un déplacement vers le Nord ou en altitude de l’aire d’extension de certaines espèces est observable en lien avec le changement climatique. D’après les simulations, les effets du  changement climatique sur les pollens vont se poursuivre et même s’amplifier dans le futur. Après une année 2019 moins intense que 2018, l'année 2020 a un indice pollinique du bouleau particulièrement élevé (même le plus élevé depuis le début des mesures) sur toute la France dû aux conditions météorologiques très favorables pendant la pollinisation et la courbe des quantités de pollens de bouleau sur 30 ans continue d'augmenter. A noter qu'en 2020 en raison de la Covid19, certains données de mesures manquantes ont été remplacé par des données provenant de sites à proximité.

Indicateur de la population exposée aux canicules

Seuils appliqués aux températures minimales (à gauche) et maximales (à droite)

Seuils appliqués aux températures pour le calcul de l'indicateur
Crédits : Santé Publique France

Le plan national canicule défini les canicules départementales comme des périodes d’au moins trois jours pendant lesquelles les moyennes glissantes des températures minimales (cf carte de gauche dans la figure ci-dessus) et maximales (cf carte de droite dans la figure ci-dessus) sur trois jours dépassent des seuils d’alerte départementaux.

Population exposée aux canicules (France métropolitaine) depuis 1974

Exposition des populations aux canicules France métropolitaine
Crédits : Santé Publique France

Population exposée aux canicules (France métropolitaine) depuis 1974
Indicateur présenté par région

Exposition des populations aux canicules Indicateur par région
Crédits : Santé Publique France

L’augmentation de la fréquence et de l’intensité des vagues de chaleur, ainsi que l’extension spatiale et temporelle de leur survenue sont une des conséquences les plus emblématiques et les plus perceptibles du changement climatique. Les vagues de chaleur sont également les événements extrêmes les plus préoccupants en termes d’impact sanitaires ; elles peuvent conduire à un vaste panel d’effets sanitaires, se traduisant par une augmentation du nombre de recours aux soins d’urgence, et une surmortalité importante. Entre 1974 et 2020, 39 297 décès en excès ont été observés pendant ces canicules, dont 15 257 en 2003.
Depuis 2004, le plan national canicule organise une prévention lors des vagues de chaleur les plus extrêmes observées à l’échelle départementale. Le croisement de la survenue de ces canicules avec la population exposée permet d’illustrer la pression croissante que la chaleur fait peser sur la population française.