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Publié le 26 septembre 2018

Mis à jour le 27 mai 2026

Temps de lecture : 4 minutes

Adaptation des territoires aux évolutions du littoral

  • Littoral et milieu marin

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En France, près de 20 % des côtes reculent sous l’effet combiné de l’érosion côtière et de la montée du niveau de la mer. Ce phénomène est connu sous le nom de recul du trait de côte. Face à cette réalité accentuée par le changement climatique, la Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) et son programme d’actions visent à anticiper les évolutions du littoral et à accompagner l’adaptation des territoires concernés.

Les littoraux français, à la fois attractifs et fragiles, subissent de fortes pressions : urbanisation, croissance démographique, activités économiques concentrées. Ils sont exposés à l’érosion côtière, à la submersion marine et aux effets du changement climatique (élévation du niveau de la mer, tempêtes plus fortes et fréquentes).

Le littoral français en chiffres

  • 20 000 km de littoral français sont soumis à un phénomène d’érosion. Aucune région côtière française n’est épargnée par le phénomène de recul du trait de côte. 
  • 30km² de terres ont disparu en France à la suite du recul du trait de côte depuis 50 ans.
  • 1 Français sur 8 vit dans une commune littorale.
  • Le littoral compte 5,5 millions de logements.

La Stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte : un cadre de référence

La stratégie nationale de gestion intégrée du trait de côte (SNGITC) vise à mieux anticiper les évolutions du littoral et à accompagner l’adaptation des territoires concernés. Elle a pour objectif de renforcer la résilience des espaces littoraux en s’appuyant sur le rôle des milieux naturels pour atténuer les effets du changement climatique et de repenser l’aménagement du littoral.

La loi Climat et Résilience du 22 août 2021 a consacré l’existence de la SNGITC, définie à l’article L.321-13 A du code de l’environnement comme le "cadre de référence pour la protection du milieu et la gestion intégrée et concertée des activités au regard de l’évolution du trait de côte à l’échelle d’une cellule hydro-sédimentaire et du risque qui en résulte".

La stratégie nationale est élaborée par l’État en concertation avec les collectivités territoriales, le Conseil national de la mer et des littoraux, la communauté scientifique, les acteurs socio-économiques et les associations de protection de l’environnement concernés.

Elle s’articule avec les autres plans et stratégies nationales : Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), Stratégie nationale pour la mer et le littoral (SNML), Stratégie nationale biodiversité, Stratégie nationale de gestion du risque inondation.

Elle couvre les espaces littoraux de la France hexagonale, de la Corse et des départements et régions d’outre-mer (DROM).

La SNGITC incite à un renforcement des connaissances, interroge les alternatives aux logiques défensives par le développement de solutions fondées sur la nature. Elle invite les décideurs à repenser leurs politiques d’aménagement et de préservation de la biodiversité, et à définir des stratégies à l’échelle de leur territoire pour favoriser leur adaptation.

Les cartes locales d’exposition au recul du trait de côte 

S’adapter au changement climatique implique pour les collectivités de repenser l’usage du littoral, afin de pouvoir définir des projets de territoire, inscrits dans la durée et tenant compte des dynamiques d’évolution côtière.

La loi Climat et Résilience a introduit l’établissement par décret d’une liste des communes devant élaborer une carte locale d’exposition au recul du trait de côte de leur territoire et l’intégrer dans leur document d’urbanisme. Les cartes locales délimitent, à l’échelle d’une commune ou d’une intercommunalité, les zones exposées au recul du trait de côte, aux échéances 30 et 100 ans.

A ce jour, 371 communes volontaires ont rejoint le décret-liste. Elles peuvent ainsi bénéficier de nouveaux outils d'aménagement opérationnels.

Le ministère s’est appuyé sur l’expertise technique et scientifique du BRGM et du Cerema pour mettre à disposition des collectivités concernées un guide de recommandations nationales pour l’élaboration des cartes locales prévues par la loi, ainsi qu’un cahier des charges-type pour faciliter le recrutement de bureaux d’études par les collectivités.

L’accompagnement des collectivités territoriales

Face aux défis posés l’érosion côtière et l’élévation de niveau de la mer, l’État met à disposition des acteurs territoriaux des outils pour soutenir la mise en œuvre de solutions d’adaptation.

La mobilisation des établissements publics fonciers (EPF) et du Conservatoire du littoral pour l’acquisition du foncier et le portage des projets pour le compte des collectivités territoriales est encouragée. Les EPF ont vu leurs compétences élargies par la loi Climat et Résilience. Ils constituent un acteur ancré dans les territoires pour soutenir les collectivités afin de développer une stratégie foncière (acquisition, renaturation et repli stratégique).

Depuis 2023 avec le Fonds vert, l’État cofinance les projets des collectivités volontaires et mobilisées via une mesure dédiée : il contribue ainsi au financement des cartographies locales, de l’élaboration des stratégies locales et des études et investissements dans le cadre des projets partenariaux d’aménagement Trait de côte. En 2026, l’élargissement du cahier d’accompagnement de la mesure « Trait de côte » permet de cofinancer également les observatoires du littoral, des mesures de gestion souple (solutions fondées sur la nature, dispositifs innovants d’atténuation de la houle, etc.) et des études pour engager la recomposition spatiale, notamment via des stratégies foncières. 

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