Publié le 25 novembre 2025

Mis à jour le 28 novembre 2025

La COP30 de Belém (Brésil) sur le changement climatique a pris fin samedi 22 novembre 2025. Elle s’achève sur un accord décevant qui reflète les blocages majeurs rencontrés au cours des négociations, en particulier de la part de plusieurs pays grands producteurs d’énergies fossiles.

Ivan Guilbert / Terra

Temps de lecture : 4 minutes

Organisée du 10 au 22 novembre 2025, au cœur de l’Amazonie brésilienne, la 30e Conférence des Parties a réuni 189 pays, ainsi que l’Union européenne, et quelque 56 000 représentants de gouvernements, de collectivités et d’acteurs non étatiques (ONG, entreprises, journalistes…).

Les négociations ont abouti à un accord a minima manquant d’ambition et peu équilibré, centré autour de la décision la plus débattue et la plus politique dite de « Mutirão global ».

Malgré les insuffisances du texte, notamment en matière de réponse au déficit d’ambition collective des objectifs climatiques des pays et d’absence d’une feuille de route de sortie progressive des énergies fossiles, la France et ses partenaires européens ont choisi de ne pas s’opposer à son adoption afin de permettre la poursuite de la coopération internationale et de la solidarité avec les pays les plus vulnérables.

Une trentaine d’autres décisions plus techniques ont également été adoptées qui marquent des progrès inégaux.

Les insuffisances du paquet final

Atténuation
L’objectif de limiter à +1,5 °C le réchauffement mondial par rapport à l’ère préindustrielle est bien inscrit dans l’accord final de la COP30, ainsi que l’insuffisance des contributions déterminées au niveau national (CDN). Une initiative volontaire d’« accélérateur de la mise en œuvre mondiale » est créée afin d’accélérer l’action climatique, mais aucune décision concrète n’est prise.

Sortie des énergies fossiles
Alors que le « Consensus des Émirats arabes unis » de la COP28 (Dubaï, 2023) mentionnait la sortie des énergies fossiles, aucune référence n’y est faite dans l’ensemble des décisions adoptées par la conférence de Belém. 
Pour répondre à la demande forte portée par l’Union européenne, les pays développés et les pays vulnérables, le Brésil a annoncé en plénière le lancement d'une feuille de route volontaire de sortie des énergies fossiles. Cette feuille de route s’inscrit dans un processus parallèle et ne sera pas contraignante.

Déforestation
Aucun engagement contraignant sur la déforestation ne figure dans le texte final de cette COP amazonienne. Seul point notable, la création, à l’initiative du Brésil, d’un fonds appelé Tropical Forest Forever Facility (TFFF) et doté d’environ 9 milliards de dollars (sur les 25 milliards initialement visés).

Des avancées modestes

Adaptation
Le triplement du financement de l’adaptation au changement climatique d’ici 2035 a été adopté. Mais la feuille de route ne précise pas la base de calcul. La solidarité avec les pays vulnérables est ainsi renouvelée pour les prochaines 10 années, avec la possibilité de contribution de tous les pays, conformément à l’Accord de Paris et à la décision sur la finance climat adoptée à la COP29.

Transition juste
Un nouveau dispositif volontaire en faveur d’une transition juste a vu le jour : le Belem Action Mechanism (BAM). Il vise à faciliter le partage d’expériences et de bonnes pratiques afin de limiter les impacts sociaux de la transition sur les travailleurs et les communautés dépendantes des énergies fossiles.

Désinformation climatique
Une déclaration sur l’intégrité de l’information sur les changements climatiques a été adoptée par 12 États, dont la France, le 12 novembre 2025. Elle appelle la communauté internationale, la société civile et le secteur privé à une mobilisation internationale coordonnée pour garantir une information sur le climat fiable et transparente. Pour la première fois, la décision « mutirão » reconnaît le problème et accueille les initiatives basées sur la science soutenant l’intégrité de l’information.

Genre
La COP30 a permis l’adoption du plan d’action genre de Belém. Il doit guider l’intégration de la justice de genre dans l’action climatique de 2026 à 2034.

Océan
S’inscrivant dans la dynamique de la 3e Conférence des Nations unies sur l’Océan (UNOC-3, Nice, juin 2025), le Brésil et la France ont annoncé la création d’une Task Force Océan. Cette nouvelle instance fédère déjà 17 pays déterminés à inclure la protection de l’océan dans leurs stratégies d’atténuation et d’adaptation et à accélérer l’intégration des solutions océaniques dans les plans climatiques nationaux.

Méthane
Un sommet sur le méthane a été organisé par la Chine, le Royaume-Uni, la France et la présidence brésilienne, le 9 novembre 2025, rassemblant de nombreux pays dont la Barbade et l’Allemagne. Des engagements volontaires ont été pris afin de réduire les émissions de ce puissant gaz à effet de serre.


L’organisation de la prochaine conférence des Nations unies sur le climat, en novembre 2026, a été très discutée. Suite à un accord de principe entre la Turquie et l’Australie, la COP32 se tiendra dans la ville d’Antalya, sous présidence turque, mais c’est l’Australie qui dirigera les négociations en elles-mêmes.
 

Pour en savoir plus