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Publié le 08 février 2024

Mis à jour le 22 juin 2026

Temps de lecture : 12 minutes

Vagues de chaleur

  • Adaptation au changement climatique

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Manifestations du changement climatique en cours, les vagues de chaleur sont de plus en plus intenses, fréquentes, précoces et longues. Elles ont des impacts significatifs sur notre santé et sur notre environnement (sécheresse, incendies de forêts, etc.).

Le plan national de gestion des vagues de chaleur a vocation à prendre en compte leurs impacts sur les transports, l’énergie, l’agriculture, l’éducation ou encore les sports.

Les vagues de chaleur en France

Qu’est-ce qu’une vague de chaleur ?

Les vagues de chaleur sont caractérisées par une chaleur intense de courte durée, ou par des températures élevées qui perdurent dans le temps. Cette définition est adaptée au climat de chaque territoire. 

On parle de vague de chaleur nationale lorsque la température moyenne quotidienne nationale dépasse 25,3 °C.

Fréquence et impacts des vagues de chaleur

Manifestations du changement climatique en cours, les vagues de chaleur sont de plus en plus intenses, fréquentes, précoces et longues. En France, avant 1989, elles s’observaient en moyenne une fois tous les 5 ans. Depuis 2000, elles reviennent tous les ans. Cette tendance à l’augmentation des vagues de chaleur va se poursuivre : elles seront deux fois plus nombreuses d’ici 30 ans.

Les vagues de chaleur ont des impacts significatifs sur la santé, en particulier chez les populations vulnérables comme les personnes âgées et les enfants. Elles affectent aussi notre environnement (sécheresse, incendies de forêts, etc.), notre agriculture, notre économie et notre vie sociale et culturelle.

Le plan national de gestion des vagues de chaleur

L’État a mis en place un plan d’anticipation des vagues de chaleur, afin de prévenir et de limiter leurs impacts. Ce plan vise à compléter le dispositif sur les risques sanitaires piloté par le ministère de la Santé et de la Prévention et Santé publique France, en l’élargissant aux impacts non directement sanitaires : transports, énergie, agriculture, éducation, sports, etc. Il s’appuie sur le dispositif de vigilance spécifique mis en place par Météo-France.

Il s’organise autour de quatre axes :

  • Axe 1 : Pour le grand public
  • Axe 2 : Pour les jeunes et personnes vulnérables
  • Axe 3 : Pour les travailleurs et les entreprises
  • Axe 4 : Pour les sportifs et les spectateurs des événements culturels

Le plan national de gestion des vagues de chaleur se décline en 27 actions détaillées, dont 15 mesures phares. Il a été mis à jour en 2024 et vient compléter l’instruction interministérielle du 17 juin 2024 relative à la préparation et au plan de gestion des vagues de chaleur. 

FAQ sur les vagues de chaleur en France

Le terme vague de chaleur est un terme générique qui désigne une période au cours de laquelle les températures peuvent entraîner un risque sanitaire pour la population. On parle de vague de chaleur nationale lorsque la température moyenne quotidienne nationale dépasse 25,3°C. La possibilité de survenue d’une vague de chaleur est plus particulièrement renforcée au cours de la période de veille saisonnière qui s’étend du 1er juin au 15 septembre de chaque année. Avec 33 journées, l’année 2022 détient le nombre record de jours de vagues de chaleur pour un seul été, loin devant 1983 (23 jours) et 2003 (22 jours).

Le terme vague de chaleur recouvre plusieurs situations qui diffèrent selon leur durée et leur intensité :

  • Pic de chaleur : chaleur intense de courte durée (un ou deux jours) présentant un risque sanitaire pour les populations fragiles ou surexposées. Il peut être associé au niveau de vigilance météorologique jaune.
  • Épisode persistant de chaleur : températures élevées qui perdurent dans le temps (supérieur à trois jours). Il peut être associé au niveau de vigilance météorologique jaune.
  • Canicule : période de chaleur intense pour laquelle les indices biométéorologiques (c'est-à-dire la combinaison des températures minimales et maximales moyennées sur trois jours) atteignent ou dépassent les seuils départementaux durant trois jours et trois nuits consécutifs. Elle est associée au niveau de vigilance météorologique orange.
  • Canicule extrême : canicule exceptionnelle par sa durée, son intensité, son étendue géographique, à forts impacts sanitaires mais aussi sociétaux. Elle est associée au niveau de vigilance météorologique rouge.

Le dispositif de vigilance météorologique mis en place par Météo-France assure la prévision de survenue des vagues de chaleur et se matérialise sous la forme d’une carte nationale de vigilance et d’un bulletin de suivi, réactualisés deux fois par jour.

Les vagues de chaleur résultent du passage d’une masse d’air chaud au-dessus de la France, puis de la capacité de l’atmosphère à surchauffer jour après jour quand cette masse est plus statique.

Les vagues de chaleur sont la conséquence directe de l’augmentation de la température de l’air, elle-même liée à l’augmentation des teneurs en gaz à effet de serre de l’atmosphère, sous l’effet des émissions d’origine humaine. Il s’agit d’une manifestation sans équivoque du changement climatique.

Les effets du réchauffement climatique sont déjà à l’œuvre en France. L'année 2026 a connu l'épisode de chaleur le plus précoce jamais enregistré, avec pour la première fois, une vigilance canicule déclenchée dès le mois de mai (le 24 mai). Plus de la moitié de la France a connu un record mensuel de chaleur durant cet épisode. Les deux-tiers des vagues de chaleur recensées entre 1947 et 2025 ont eu lieu après 2000. 

D’ici 2050, le nombre de jours de vagues de chaleur sera multiplié par 5 (par rapport à 1976-2005). Pour accompagner l’ensemble des Français, l’État s’engage à informer, anticiper, protéger. 

Avec son Plan national d’adaptation au changement climatique (PNACC), la France est l’un des pays les plus avancés en matière de planification de l’adaptation au changement climatique. 

Le Gouvernement a également publié le 8 juin 2023 son plan de gestion des vagues de chaleur qui a pour objectif de se préparer de façon systématique en amont de la période estivale puis d’anticiper l’arrivée prévue d’une vague de chaleur et de définir les actions à mettre en œuvre aux niveaux national et local pour en prévenir et en limiter les impacts.

Les vagues de chaleur peuvent influencer la pollution de l'air de trois manières :

  1. lorsqu'il fait beau et chaud, les sources primaires de polluants (comme le pollen) tendent à augmenter ;
  2. le soleil et la chaleur peuvent transformer les polluants primaires en polluants secondaires qui peuvent être encore plus toxiques (comme l’ozone) ;
  3. les vagues de chaleur sont souvent accompagnées de hautes pressions atmosphériques, créant ainsi une couche d'air stagnant au-dessus du sol, ce qui accroît l'intensité de la pollution.

On estime à 47 000 le nombre de Françaises et de Français, qui chaque année, meurent encore de façon prématurée en raison de la pollution de l’air. La réduction de la pollution atmosphérique est donc un enjeu sanitaire majeur.

Malgré une nette amélioration de la qualité de l’air ces dernières années (les émissions de polluants atmosphériques ont été divisées par deux entre 2000 et 2022), la pollution continue de menacer la santé des Français, en particulier ceux qui vivent dans les grandes agglomérations. 

Pour répondre à cet enjeu, les zones à faibles émissions (ZFE) sont un dispositif clef pour réduire l’impact déterminant des émissions des véhicules dans les grandes agglomérations. Le gouvernement travaille à une mise en œuvre juste, en concertant les collectivités et en accompagnant les particuliers et les professionnels. De plus, fin 2022, un nouveau plan national de réduction des émissions de polluants atmosphériques a été adopté. Le PREPA reprend les mesures en cours de déploiement ou que le Gouvernement s’engage à déployer d’ici quatre ans en faveur de la qualité de l’air sur le moyen et long termes dans tous les secteurs d’activité : industrie, transport, résidentiel-tertiaire et agriculture.

Plusieurs grandes villes ont commencé à recenser des îlots de fraîcheur, des sites rafraîchis ou encore les fontaines publiques pour mettre à disposition locale ces informations par affichage sur les lieux concernés. Au-delà de cette mise à disposition locale, les préfets centraliseront ces informations.

Alors que le phénomène d’îlot de chaleur s’accroît de plus en plus en milieu urbain, risquant de créer des conditions de vie très dégradées, le Fonds vert permet aux collectivités de financer des actions de renaturation et de lutte contre les îlots de chaleur.

L’Ademe propose un outil d’aide à la décision baptisé « Plus fraîche ma ville » ayant pour objectif d’aider les collectivités dans le choix de solutions de rafraîchissement urbain pérennes et durables.

Pour lutter contre la surchauffe dans les bâtiments dont elles sont propriétaires, notamment les établissements scolaires et les lycées, les collectivités peuvent s’appuyer sur :

  • Un centre de ressources dédié à la rénovation du bâti scolaire (mis en ligne en mai 2025 ). On y trouve notamment un guide présentant les étapes clés d’une démarche de rénovation et un rappel des financements disponibles.
    • Une subvention du Fonds vert pour les travaux de rénovation énergétique globale. Depuis 2023, ce sont 2 630 projets de rénovation énergétique d’établissements scolaires qui ont été financés pour 841 M€ de subventions.
    • Un prêt de la Banque des Territoires. Via son programme Edurenov, la Banque des Territoires a pour objectif de rénover 15 000 équipements d’ici 2028. Aujourd’hui, ce sont déjà plus de 7 300 écoles qui ont été accompagnées par ce programme depuis son lancement en 2023.

Rénover l’ensemble du parc bâti prendra du temps, mais il est possible, sans attendre, d’améliorer le confort thermique dans les établissements scolaires. La pose de volets, de stores, de ventilateurs au plafond, ou d’équipements de sécurité permettant d’ouvrir les fenêtres la nuit permet de faire baisser sensiblement la température et la température ressentie. C’est pourquoi ces travaux sont également éligibles à un financement du Fonds vert et d’Edurenov.

Avec le changement climatique, les vagues de fortes chaleurs sont devenues plus fréquentes, plus longues et intenses.
En maison comme en appartement, des gestes simples permettent de limiter la surchauffe. 

Comment protéger son habitation pendant une vague de chaleur ?

En journée :

  • fermer les volets, les stores…. pour que le soleil n’atteigne pas les vitres
  • fermer les fenêtres pour ne pas laisser rentrer la chaleur, fermer les portes pour que la chaleur ne circule pas de pièce en pièce
  • éviter toute activité qui produit de la chaleur à l’intérieur du logement (éviter d’utiliser le four, de laisser allumé son ordinateur)
  • rafraîchir son corps en buvant régulièrement (sans attendre d’avoir soif), manger froid, et utiliser un brumisateur et un ventilateur ou un brasseur d’air pour faire baisser la température ressentie

La nuit, dès qu’il fait moins chaud qu’à l’intérieur, ouvrir portes et fenêtres pour faire sortir la chaleur qui s’est accumulée dans la journée.

Pour les animaux domestiques :

  • penser à renouveler fréquemment l’eau mise à la disposition de son animal (toutes les quatre heures) ;
  • s’assurer qu’il mange à sa faim et en quantité raisonnable ;
  • continuer de lui faire faire une activité physique (jeu, promenade...) tout en étant raisonnable ;
  • lui garantir un accès à l’ombre et à des pièces fraîches ;
  • ne jamais le laisser seul dans un véhicule ;
  • vérifier l’état de ses coussinets face à la chaleur et le revêtement des sols ;
  • être vigilant aux signes de déshydratation (fatigue excessive, difficulté à s’alimenter...).

Les opérateurs de transport tels que la SNCF, la RATP et les aéroports en lien avec les collectivités locales qui sont autorités organisatrices des transports, anticipent les vagues de chaleur et mettent en place des mesures pour assurer le meilleur service possible et l'assistance aux voyageurs.

La SNCF et la RATP activent leur plan « fortes chaleurs », renforçant la préparation des trains, métros et RER, ainsi que la surveillance des infrastructures sensibles aux températures élevées. L’impact de la canicule sur les voies peut parfois être très important, et rendre difficile la circulation des trains. Par mesure de précaution, la SNCF peut donc être amenée à réduire par endroits la vitesse de ses trains afin de préserver le matériel, l’infrastructure et les plans de transports prévus.

Une attention particulière est apportée à la prise en charge des voyageurs et le renforcement de l’avitaillement des gares en eau et des bouteilles d'eau sont distribuées pour favoriser l'hydratation. Par exemple, la SNCF met en place une hotline gratuite « Canicule info service » au 0 800 066 666. Les voyageurs sont également sensibilisés aux gestes de prévention à travers des messages de vigilance diffusés sur l’ensemble des canaux notamment dans les gares et les stations.

Sur les routes nationales et autoroutes, les agents des routes sont mobilisés pour s’assurer de la sécurité des automobilistes :

  • des messages de sensibilisation aux bons comportements sont relayés sur les panneaux à messages variables, ainsi que dans les communications de Bison Futé et à la fréquence radio 107.7 pour rappeler aux automobilistes d'être vigilants pendant leur trajet ;
  • les sociétés concessionnaires d’autoroutes peuvent distribuer des bouteilles d’eau en cas de congestion aux péages pendant les heures les plus chaudes, renforcer la quantité d’eau disponible sur les aires de service, et doter les patrouilleurs et agents en intervention de bouteilles d’eau pour pouvoir les distribuer aux véhicules en panne.

Dans les aéroports, des mesures d'information, de régulation de la climatisation et de rafraîchissement sont mises en place pour les passagers et les employés.

La réglementation encourage également les employeurs à aménager les horaires de travail afin d'éviter les moments de forte affluence et à faciliter le recours au télétravail, afin de réduire l'exposition des Français aux pics de chaleur lors de leurs déplacements.

Les incidents sur le réseau public de distribution d'électricité (géré par Enedis) liés aux canicules représentent moins de 5% des incidents réseaux constatés annuellement. Enedis remplace les équipements les plus fragiles du réseau après chaque épisode caniculaire. En parallèle, Enedis a néanmoins établi un Plan d'adaptation aux aléas climatiques pour faire face aux conséquences du changement climatique et anticiper les situations à venir.

Les équipes de maintenance et d'ingénierie de RTE, en charge du transport de l’électricité, anticipent et préparent le réseau pour faire face à ces aléas climatiques tout au long de l'année.

Certains équipements électriques sensibles à la chaleur ont été identifiés, remplacés et font l'objet d'une surveillance accrue lors d'épisodes météorologiques exceptionnels. A l’avenir, les vagues de chaleur pourraient présenter un impact sur la résilience du réseau. Le réseau de transport d’électricité doit donc être adapté pour faire face aux conséquences météorologiques du changement climatique. Au total 23 500 km de lignes, 85 000 pylônes et le système de télécom et contrôle commande seront renouvelés sur l’ensemble du territoire et dans tous les milieux (montagne, campagne, littoral, zones urbaines, etc.) pour un montant estimé par RTE de l’ordre de 24 milliards d’euros sur 15 ans. 

En cas de risque incendie élevé, les préfets peuvent être amenés à prendre des mesures telles que :

  • restriction d’accès aux espaces naturels sensibles ;
  • restriction des activités professionnelles et de loisirs pouvant générer accidentellement des départs de feu (travaux en zones à risque telles que les abords des autoroutes et les bords de voies ferrées, chantiers de BTP, emploi du feu, travaux agricoles) ;
  • complément aux réglementations communales permanentes relatives aux brûlages domestiques.