Publié le 28 avril 2023
Mis à jour le 29 avril 2026
Risques naturels en montagne
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Les risques en montagne présentent des caractéristiques géographiques, environnementales et socio-économiques spécifiques. La pente et le relief conditionnent fortement les phénomènes naturels rencontrés.
Les aléas présents en montagne sont multiples (chutes de blocs, glissements de terrains, laves torrentielles, crues torrentielles, avalanches, séismes, tsunami dans les lacs, etc.), soudains, rapides (cinétique plus élevée en montagne qu’en plaine) et souvent de forte intensité. Un même territoire est couramment concerné par plusieurs phénomènes. Ces territoires peuvent aussi être affectés par des risques non spécifiques à la montagne comme les feux de forêt.
En outre, les aléas présentent la particularité de s’inscrire dans des territoires aux enjeux contraints sur le plan spatial. En effet, les risques en montagne ont la spécificité d’être directement liés au développement économique et agro-touristique avec des attentes particulières en termes d’habitabilité, d’accessibilité et de mobilité pour le fonctionnement de ces territoires et leur développement.
Changement climatique et risques en montagne
Le changement climatique est déjà manifeste dans les territoires de montagne : dans les Alpes et les Pyrénées françaises, la température a ainsi augmenté de + 2 °C au cours du 20ème siècle, contre + 1,4 °C dans le reste de la France. Ce réchauffement influence particulièrement la cryosphère (ensemble des masses de glace, de neige et de sols gelés). À l'échelle régionale, les glaciers français ont perdu 40 % de leur volume depuis la fin des années 1960 et 70 % de leur superficie depuis la fin du petit âge glaciaire. A ce rythme, les scientifiques considèrent qu’il n’y aura plus ou presque plus de glaciers en France d’ici 2100. Le réchauffement affecte également le pergélisol (sols gelés en permanence en haute altitude).
Ces changements majeurs entraînent l’intensification des risques naturels en haute montagne, qui peuvent avoir des conséquences dans des zones habitées. Ils doivent donc être anticipés pour adapter nos politiques publiques et protéger les territoires et les populations qui y habitent.
Ces risques d’origines glaciaire et périglaciaire (ROGP) regroupent les risques naturels localisés en haute montagne : ils sont liés aux glaciers (risque d’effondrement du glacier lui-même, risque de rupture d’une poche d’eau ou d’un lac glaciaire...), au dégel des terrains jusqu’à présent gelés en permanence (pergélisol) occasionnant des chutes de blocs, l'effondrement de parois, etc.
Afin d’adapter la réponse collective à cet enjeu, le Gouvernement a engagé un ensemble d’actions concrètes pour renforcer la recherche, améliorer la connaissance des zones les plus à risques, y engager prioritairement des actions de prévention et de gestion des risques et développer l'information et la culture du risque. Ces actions sont détaillées dans le plan d’actions interministériel sur les sur les risques d’origine glaciaire et périglaciaire 2024 – 2026.
Ses objectifs sont les suivants :
- le renforcement de la recherche pour la prévention des risques d’origines glaciaire et périglaciaire, l’appui des chercheurs étant indispensable pour comprendre les phénomènes et prioriser les recherches afin de mieux prendre en compte les risques qui en découlent ;
- une meilleure caractérisation des aléas et des zones à risque, par un processus de levée de doutes, afin d’identifier les sites à étudier et sur lesquels engager prioritairement des actions de prévention et/ ou de protection,
- la prévention des risques et la gestion des sites à risque ;
- l’information et le développement de la culture du risque en mobilisant les collectivités locales et l’État pour améliorer la connaissance des risques par les citoyens et des bons comportements à adopter en cas de crise par la population.
Ce plan d’actions interministériel décrit ces actions et leur calendrier de réalisation. Ses principales mesures sont reprises dans la mesure 6 du Plan national d’adaptation au changement climatique.
Le changement climatique affecte également d’autres aléas, en particulier l’avalanche, potentiellement les mouvements de terrains et les phénomènes torrentiels mais la caractérisation de cette influence est très complexe et nécessite encore d’approfondir les recherches et d’améliorer la connaissance pour une prise en compte dans la prévention des risques. C’est une des actions de la mesure 6 du Plan national d’adaptation au changement climatique.
Afin de faire un état des lieux des connaissances disponibles, le service de restauration des terrains en montagne de l’Office national des forêt et INRAE ont co-écrit des notes de synthèse concernant l’impact du changement climatique sur les phénomènes naturels hydro-gravitaires à l’origine de risque en montagne (crues torrentielles, phénomènes rocheux, glissements de terrain, avalanches).
Les notes sont téléchargeables ici.
Avalanches
Une avalanche correspond à un déplacement rapide d’une masse de neige sur une pente, provoqué par une rupture d’équilibre du manteau neigeux. Elle peut se produire spontanément (évolution du manteau neigeux en fonction des conditions météorologiques et nivologiques) ou être provoquée naturellement (surcharge du manteau neigeux suite à d'importantes chutes de neige, pluies, séismes…), accidentellement (passage d’un skieur, de faune) ou volontairement (déclenchement artificiel).
Les avalanches concernent plus de nombreuses communes de montagne et font plusieurs dizaines de victimes chaque année en France peuvent occasionner d’importants dégâts. La plupart des victimes sont des pratiquants d’activités de loisirs, mais les avalanches menacent aussi des routes et des zones urbanisées et perturbant l’activité des vallées.
C’est pourquoi en France, des moyens de surveillance, de prévision et de protection sont déployés pour informer et prévenir le risque. Cette politique de prise en charge du risque est basée sur la prévention (amélioration de la connaissance du phénomène, cartographie, prévision, réglementation, etc.) et la protection.
Pour aller plus loin, le site Géorisques fournit des informations sur la prévention du risque d'avalanche.
Appel à projets « Stratégie territoriale pour la prévention des risques en montagne » (STePRiM)
Le ministère chargé de la prévention des risques a lancé un appel à projets « Stratégie territoriale pour la prévention des risques en montagne » (STePRiM) afin d’aider les collectivités à promouvoir et mettre en œuvre, selon une approche multipartenariale, des démarches pilotes de prévention de l’ensemble des risques naturels qui caractérisent les territoires de montagne.
Pour qui ?
Vous êtes un EPCI, un parc naturel, un syndicat mixte ou tout autre groupement de collectivités sur un territoire inclus tout ou partie, dans un massif montagneux français (dans l’Hexagone, à la Réunion, en Guadeloupe et en Martinique) ?
La question de la prévention des risques naturels (avalanches, chutes de blocs, glissements de terrain, crues torrentielles…) est centrale pour l’aménagement de votre territoire et le développement de son bassin de vie ?
Le cahier des charges STePRiM précise le contour de l'appel à projets et les modalités de réponse. Il s'attache également à fournir des éléments pour aider les collectivités candidates à construire leur projet de gestion intégrée des risques naturels en montagne via la STePRiM, qui peut se décliner au travers d'un programme d'études préalables (appelé antérieurement "STePRiM d'intention"), ou d'une stratégie opérationnelle (appelé antérieurement "STePRiM complète").
Comment postuler ?
Toutes les informations pratiques se trouvent dans le cahier des charges. Les collectivités intéressées sont invitées à se manifester auprès de la Direction départementale des territoires (et de la mer) (DDT(M)), ou de la Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DEAL) en outre-mer, dont elles relèvent.