Publié le 03 novembre 2023

Lutte contre l'antibiorésistance : la nécessité d'une approche interdisciplinaire

  • Communiqué de presse

Depuis le début des années 2000, les liens entre un bon état de l’environnement, la santé humaine et celle des animaux et des végétaux sont prouvés : c’est ce que l’on appelle l’approche « Une seule santé » ou « One health ». Déjà connue pour expliquer la lutte contre les maladies vectorielles comme le paludisme, la maladie de Lyme ou encore la dengue, cette approche reste encore à conforter et à renforcer dans l’analyse plus complète des impacts d’une pollution sur l’environnement et sur la santé. La stratégie nationale biodiversité qui sera présentée prochainement se donne l’objectif d’intégrer l’approche « Une seule santé » dans toutes les politiques publiques et dans tous les territoires. La collaboration entre le ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire, le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires et le ministère de la Santé et de la Prévention sera clef tant sur le plan de la prévention, la coordination de la lutte contre les maladies, mais également dans l’amélioration des connaissances.

L’étude « Lutte contre l’antibiorésistance : cas d’école pour l’approche Une seule santé », diffusée à l’occasion de la Journée mondiale du « One health » par le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires (MTECT), est à ce titre exemplaire de la démarche de recherche du Gouvernement. Elle montre comment la lutte contre l’antibiorésistance constitue aujourd’hui un axe fort de la mise en œuvre de la démarche « Une seule santé ».

 

Les antibiotiques sont des médicaments essentiels dont l’efficacité doit être préservée. Leur usage abusif et inapproprié favorise l'antibiorésistance, qui rend les antibiotiques moins actifs voire inefficaces. L’environnement joue un rôle dans la propagation de l’antibiorésistance : les antibiotiques et les bactéries résistantes sont notamment retrouvés dans les milieux aquatiques et dans les sols ; certains polluants de l’environnement, tels que les biocides ou des éléments traces métalliques (plomb, mercure, cadmium, zinc…) favorisent l’émergence de résistances aux antibiotiques.

 

La lutte contre l’antibiorésistance nécessite donc la mise en œuvre d’une approche interdisciplinaire « Une seule santé », permettant d’associer les mesures pour la santé humaine et animale à des mesures de préservation de l’environnement et des écosystèmes.

 

Le gouvernement est fortement mobilisé pour avancer dans cette direction. Depuis 2021, le méta-réseau de professionnels PROMISE fait travailler plus étroitement ensemble les acteurs de la santé humaine, animale et des écosystèmes, pour mieux comprendre les liens entre l’antibiorésistance et les atteintes à l’environnement et mettre en place un système de surveillance adapté et harmonisé. La nouvelle feuille de route interministérielle pour la maîtrise de l’antibiorésistance affirmera l’importance du développement de la recherche dans cette perspective ainsi que l’établissement d’indicateurs de surveillance intégrés « Une seule santé ».

Le gouvernement soutient aussi les initiatives menées au niveau européen avec notamment le lancement en 2024 de la deuxième action conjointe européenne sur la résistance aux antimicrobiens (incluant l’antibiorésistance), et qui étudiera notamment la faisabilité d’une surveillance standardisée de l’antibiorésistance dans l’environnement à l’échelle de l’UE. Cette action conjointe sera coordonnée par la France et plus précisément par l’institut national de la santé et de la recherche médicale.

 

Sur la base de travaux de recherche comme celui-ci le Gouvernement entend poursuivre son action en déclinant de façon opérationnelle et territoriale les réponses environnementales et sanitaires à l’antibiorésistance mais aussi aux maladies vectorielles comme les arboviroses. Cette feuille de route mobilisera en continue les ministères et leurs opérateurs de recherche et de veille sanitaire.