Publié le 20 octobre 2020

Mis à jour le 30 janvier 2023

Tout savoir sur le rétrofit électrique

  • Véhicules

Depuis le 4 avril 2020, il est autorisé d’électrifier un véhicule thermique pour réduire ses émissions de gaz à effet de serre et de polluants. Cette pratique, appelée rétrofit, consiste à retirer le moteur thermique ainsi que le réservoir du véhicule et à les remplacer par un moteur électrique et une batterie.

Cette page a pour objectif d'apporter des réponses synthétiques aux différentes questions que vous pouvez vous poser sur le rétrofit.

Les situations peuvent varier d’un rétrofiteur à l’autre. Pour une réponse adaptée, il convient de contacter une entreprise de rétrofit, qui pourra vous donner les informations précises liées à votre demande et à votre type de véhicule.

Le rétrofit électrique, comment ça marche ?

Le rétrofit électrique à batterie ou à pile à combustible consiste à convertir une voiture à motorisation thermique (essence ou diesel) en motorisation électrique (à batterie ou à pile à combustible) afin de lui donner une seconde vie. Le rétrofit électrique permet d’augmenter la part de voitures électriques en circulation et ainsi de diminuer les quantités de CO2 et de polluants atmosphériques émises lors des déplacements quotidiens. Il s'inscrit dans une démarche d'économie circulaire et constitue une offre complémentaire aux véhicules électriques neufs, dont le prix d’acquisition reste encore élevé pour une grande partie de la population, et aux véhicules électriques d’occasion, dont le nombre demeure limité.

Votre voiture doit avoir plus de 5 ans et ne doit pas être déjà électrique.

Le rétrofit permet de bénéficier des avantages d’un véhicule électrique à moindre coût. Les véhicules électriques ne sont pas concernés par les restrictions de circulation liées aux zones à faibles émissions mobilité. De plus, le coût à l’usage et le coût à l’entretien d’un véhicule électrique sont moins importants que ceux d’un véhicule thermique.

Pour en savoir plus sur les restrictions de circulation des véhicules polluants : https://www.ecologie.gouv.fr/certificats-qualite-lair-critair

Les kits déjà fabriqués sont installés en quelques heures ou quelques jours selon les rétrofiteurs. Pour plus d’informations, il convient de contacter les entrepreneurs.

Chez un professionnel de l’entretien et de la réparation automobile habilité par le fabricant pour l’installation, conformément à ses instructions, du dispositif de conversion électrique et qui figure dans la liste des installateurs déclarés par ce fabricant.

Renseignez-vous sur le site de l’association des acteurs de l’industrie du rétrofit électrique : http://association-aire.org/

Comme tout produit vendu, une garantie est obligatoire. L’arrêté du 13 mars 2020 précise que « le fabricant garantit la préservation de l’intégrité de tous les éléments du véhicule transformé avec un dispositif de conversion électrique qu’il commercialise. Il assume la responsabilité d’une détérioration éventuelle de tous les éléments du véhicule transformé et de toute pièce susceptible d’être en contact avec, ou dégradée par tout ou partie du dispositif de conversion électrique ».

Les durées de garantie peuvent différer en fonction du type de batterie installée. Les retrofiteurs s'engagent sur des garanties qui vont de 3 ans à 7 ans, avec des limites complémentaires en kilomètres ou en nombre de cycles de recharge pour certains. Enfin, des périmètres différents de garantie seront également mis en œuvre du type, 2 ans pour les éléments hors batterie et garantie décennale pour les batteries.

Pour plus d’informations, il convient de contacter les entrepreneurs.

 

Quel sont les coûts et les aides ?

Le prix du rétrofit électrique varie en fonction du modèle de véhicule et de son autonomie. Il peut débuter à 8 000 € pour une petite citadine et monter à plusieurs dizaines de milliers d’euros pour un plus gros modèle. La fourchette moyenne d’un rétrofit est néanmoins située entre 15 000 € et 20 000 €. Cependant, ce coût, 2 à 3 fois moins élevé que celui d’un véhicule électrique neuf de même gamme, pourrait baisser à l’avenir grâce aux évolutions techniques et à l’augmentation du nombre de transformations.



De plus, cela doit être mis en perspective avec les économies réalisées sur la durée de vie du véhicule. En effet, le coût moyen de recharge d’un véhicule électrique est de 2 à 3 € pour 100 km, contre 6 à 8 € pour un véhicule thermique. Les pièces du moteur électrique nécessitent également moins d’entretien que celle d’un moteur thermique.



Pour plus d’informations, il convient de contacter les entrepreneurs.

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Depuis le 1er juin 2020, le rétrofit électrique ouvre droit à une prime versée par l’État dont le montant est le suivant :



Jusqu’à 6 000 € pour une voiture si le bénéficiaire est une personne physique :

  • dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 6 358 € ;
  • dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 14 089 € ET dont la distance domicile-travail est supérieure à 30 km ou effectue plus de 12 000 km par an avec son véhicule personnel dans le cadre de son activité professionnelle (critères dits « gros rouleur ») ;

2 500 € pour une voiture si le bénéficiaire est :

  • une personne physique dont le revenu fiscal de référence par part est supérieur à 6 358 € si elle n’est pas considérée comme « gros rouleur », ou entre 14 089 et 22 983 € ;
  • une personne morale ;

Jusqu’à 10 000 € pour une camionnette, en fonction de sa masse, pour une personne physique :

  • dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 6 358 € ;
  • dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 14 089 € ET dont la distance domicile-travail est supérieure à 30 km ou effectue plus de 12 000 km par an avec son véhicule personnel dans le cadre de son activité professionnelle (critères dits « gros rouleur ») ;

Jusqu’à 9 000 € pour une camionnette, en fonction de sa masse, si le bénéficiaire est :

  • une personne physique dont le revenu fiscal de référence par part est supérieur à 6 358 € si elle n’est pas considérée comme « gros rouleur », ou entre 14 089 et 22 983 € ;
  • une personne morale ;

1 100 € pour un véhicule à deux ou trois roues ou un quadricycle à moteur, si le bénéficiaire est une personne physique dont le revenu fiscal de référence par part est inférieur ou égal à 22 983 €.



Le véhicule doit avoir été acquis depuis au moins un an et ne pas être cédé dans l’année suivant la transformation ni avant d'avoir parcouru au moins 6 000 km pour une voiture ou une camionnette, ou 2 000 km pour un deux ou trois roues ou un quadricycle à moteur.

 

Pour en savoir plus sur les aides en faveur de la mobilité propre : https://www.ecologie.gouv.fr/prime-conversion-bonus-ecologique-toutes-aides-en-faveur-lacquisition-vehicules-propres

Les véhicules ayant fait l’objet d’un rétrofit électrique ne sont pas éligibles au bonus.

Questions techniques

Selon l’ancienneté et l’état des composants, ils pourront être réutilisés. Si ce n’est pas possible, ils seront alors recyclés selon les réglementations en vigueur.

Pour en savoir plus, consultez la page dédiée : https://www.ecologie.gouv.fr/vehicules-hors-dusage

Lorsque la capacité de stockage initiale de la batterie descend sous 70 à 80%, il est recommandé de la changer. En pratique, cela correspond généralement à une durée d'utilisation de 7 à 12 ans.

Nombre de rétrofiteurs travaillent à utiliser ces batteries de "seconde vie" pour des usages en stationnaire. Cette seconde activité permettra de rallonger considérablement la vie de ces batteries, de 10 à 15 ans.

En deçà d'une certaine capacité de stockage des batteries, après leur usage en stationnaire pour exemple, un recyclage effectif de ces dernières sera opéré par des professionnels agréés. Des entreprises présentes sur le territoire national sont à même d'effectuer ces opérations de recyclage.

Pour les batteries Lithium-ion des véhicules électriques électriques, la réglementation européenne exige un taux de recyclage de 50 % minimum.

Pour en savoir plus : https://www.ecologie.gouv.fr/piles-et-accumulateurs

Mes démarches après un rétrofit électrique

Vous devez informer votre assureur du changement de motorisation de votre voiture afin que votre contrat d’assurance soit adapté.

Le rétrofiteur se charge de l'homologation de ses kits. Vous n'avez aucune démarche liée à l’homologation à faire.

Le rétrofit électrique, impliquant un changement de motorisation, est une transformation notable au sens de l’article R.321-16 du code de la route. En application de l’article R.322-8, le propriétaire du véhicule transformé doit faire modifier son certificat d’immatriculation.

La périodicité des contrôles techniques n’est pas remise en cause par le changement de certificat d’immatriculation. Il doit donc être effectué dans les 6 mois précédent le 4ème anniversaire de la première mise en circulation de votre véhicule, puis tous les deux ans, dans un centre de contrôle technique agréé.

Cette information vous sera donnée par le fabricant ou l’installateur du rétrofit électrique.

Reportage photo

Le Retrofit en action