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Publié le 09 juin 2026

Temps de lecture : 5 minutes

Loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement du 26 novembre 2025 (dite loi Huwart)

  • Urbanisme et aménagement du territoire

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La loi de simplification du droit de l’urbanisme et du logement du 26 novembre 2025, dite loi Huwart, vise à mettre à disposition des porteurs de projets de construction et d’aménagement un cadre plus simple, plus lisible et plus sécurisé. Elle répond à une double ambition : faciliter l’évolution des documents d’urbanisme et accélérer l’autorisation des projets, tout en renforçant la capacité des collectivités à maîtriser le foncier et à accompagner les transformations urbaines.

Identité de la loi

LOI n° 2025-1129 du 26 novembre 2025 de simplification du droit de l'urbanisme et du logement


Nombre d’articles : 31


Processus législatif : 
La proposition de loi a été déposée le 1er avril 2025.
Adoptée en première lecture par l’Assemblée nationale puis par le Sénat, elle a fait l’objet d’un accord en commission mixte paritaire le 3 juillet 2025. Le texte de la commission mixte paritaire a été adopté définitivement à l’automne 2025. 

Le Conseil constitutionnel a déclaré la loi partiellement conforme dans sa décision du 20 novembre 2025, conduisant à la suppression des articles censurés avant promulgation. 

La loi a été promulguée le 26 novembre 2025 et publiée au Journal officiel du 27 novembre 2025.

Objectifs de la loi

La loi du 26 novembre 2025 met en place un ensemble de mesures visant à simplifier et transformer la manière dont les collectivités, les aménageurs, les professionnels du logement et les particuliers conduisent leurs projets. Elle intervient sur plusieurs volets : 

  • l’évolution des documents de planification ;
  • la simplification des procédures liées aux autorisations ;
  • l’accélération des délais de recours ;
  • la lutte contre les constructions illégales ;
  • la transformation des espaces existants ;
  • la mobilisation du foncier.

Publics concernés

  • Les collectivités territoriales (communes, intercommunalités) et leurs services d’urbanisme ;
  • Les établissements publics fonciers (EPF) et les sociétés publiques d’aménagement ;
  • Les professionnels du secteurs de l’aménagement et de la construction : aménageurs, promoteurs immobiliers, architectes et bureaux d’études ;
  • Les services de l’État chargés de l’aménagement et de la construction ;
  • Les acteurs du logement social et, plus largement, du monde du logement ;
  • Les propriétaires fonciers et particuliers déposant des autorisations d’urbanisme.

Mesures phares de la loi

La loi allège les procédures liées aux documents d’urbanisme. La modification des PLU et des SCoT devient la procédure de référence, tandis que la révision est réservée aux changements les plus structurants. La possibilité de recourir à la participation du public par voie électronique est étendue, en remplacement de l’enquête publique, ce qui contribue à réduire les délais. Les SCoT ne sont plus frappés de caducité en cas d’absence d’évaluation et celle-ci est désormais programmée tous les dix ans. Les territoires pourront fusionner le schéma de cohérence territoriale (SCoT) et le plan local d’urbanisme intercommunal (PLUi) en un document unique lorsque les deux relèvent du même établissement public.

Afin de fluidifier la mise en œuvre des opérations d’aménagement et de construction, la loi pérennise le permis d’aménager multisites, permettant d’autoriser en une seule fois des opérations complémentaires situées à proximité. Elle sécurise également les projets en cours en figeant pendant trois ans les règles d’urbanisme applicables après la délivrance d’un permis initial, afin de permettre au projet de connaître des adaptations malgré d’éventuelles évolutions ultérieures du plan local d’urbanisme (PLU). Les communes peuvent en outre instaurer, dans des périmètres plus étendus, une densité minimale pour promouvoir des formes urbaines plus compactes et mieux maîtriser le foncier.

Le volet contentieux fait l’objet de mesures destinées à réduire les délais et limiter les recours abusifs. Le délai de recours gracieux ou hiérarchique contre une autorisation est ramené à un mois et ne proroge plus le délai contentieux, permettant d’obtenir plus rapidement une décision définitive. Une présomption d’urgence s’applique désormais en cas de recours contre un refus d’autorisation, afin de garantir un traitement rapide, et le délai dans lequel il peut être recouru à la substitution de motifs est limité. La loi encadre par ailleurs les conditions dans lesquelles un document d’urbanisme peut être remis en cause à l’occasion d’un contentieux individuel.

Pour lutter plus efficacement contre les constructions illégales, les sanctions administratives sont renforcées : l’amende pourra atteindre 30 000 euros et les astreintes pourront être portées à 1 000 euros par jour, dans la limite de 100 000 euros. En cas d’inaction d’une collectivité malgré une mise en demeure, l’État pourra se substituer à elle pour faire respecter la réglementation. Les possibilités de démolition des constructions irrégulières sont également élargies, y compris en dehors des zones urbaines, afin de préserver les espaces naturels, agricoles et forestiers.

La transformation des tissus urbains existants (zones commerciales, d’activité ou pavillonnaires) constitue un autre axe essentiel de la réforme. Les maires disposent de marges de dérogation élargies pour autoriser certains projets, comme les surélévations ou les logements étudiants. Les règles prévoyant la création de places de stationnement peuvent également faire l’objet de dérogations pour encourager les mobilités alternatives et faciliter la transformation du bâti existant.  La loi crée un nouveau dispositif d’« opération de transformation urbaine » facilitant l’évolution des anciens lotissements et soutenant les projets ambitieux de renouvellement urbain. Elle permet enfin de faciliter le changement de destination au sein des zones d’activité économique, pour favoriser la mutation des zones commerciales notamment.

Enfin, le texte renforce les outils fonciers et les dispositifs d’hébergement pour les travailleurs. Les communes peuvent désormais adhérer de manière autonome à un établissement public foncier, tandis que la durée maximale de portage foncier est allongée à dix ans pour faciliter les projets de logement social. Les résidences hôtelières à vocation sociale pourront servir temporairement à loger les travailleurs des grands chantiers, et un nouveau dispositif est créé pour loger temporairement les travailleurs en mobilité.