Publié le 29 avril 2024

Mis à jour le 08 juillet 2024

Capture, utilisation et stockage du carbone (Carbon Capture, Utilization and Storage – CCUS)

  • Énergies

La capture, l’utilisation et le stockage du dioxyde de carbone (CCUS) font partie des innovations technologiques qui vont nous permettre d’atteindre la neutralité carbone et notre objectif de réindustrialisation.

Le CCUS : de quoi s’agit-il ?

Le CCUS (Carbon Capture, Utilisation and Storage) se réfère à un ensemble de technologies visant à capturer les émissions de dioxyde de carbone (CO₂) :

  • pour injecter et stocker le CO₂ dans des formations géologiques adaptées, et donc éviter  qu’il ne soit simplement relâché dans l’atmosphère où il contribuerait au réchauffement climatique ;
  • pour l’utiliser comme ressource dans la fabrication de produits.

Le CCUS implique une succession d’étapes :

  • La capture sur un site industriel vise à extraire le CO₂ issu du processus industriel et à le concentrer.
  • Le transport : une fois capté, le CO₂ est acheminé vers des lieux de stockage ou d’utilisation, situés en mer ou sur terre, par canalisations ou bateaux, ou, dans le cas de volumes plus réduits, en trains, barges, camions, etc.
  • Le stockage : l’injection de CO₂ sous forme dense dans des structures fermées, des bassins sédimentaires, ou dans d’anciens gisements d’hydrocarbures déplétés, permet de stocker le CO₂ de manière sûre et permanente dans le sous-sol.
  • La valorisation (ou « utilisation »), alternativement au stockage, consiste à utiliser le CO₂ capté pour la fabrication de produits.

Les technologies CCUS deviennent matures, et plusieurs projets commencent déjà à être déployés à l’échelle industrielle dans le monde, et notamment en Europe. En France, des projets de démonstrateurs industriels CCUS existent pour le captage et stockage de CO₂.

Le CCUS, un levier de décarbonation majeur pour l’atteinte de la neutralité carbone

Le Groupe d’experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), dans son évaluation des trajectoires permettant d’atteindre des émissions mondiales net zéro de CO₂ (condition clé de la stabilisation du réchauffement planétaire) évalue le rôle de la capture et séquestration du carbone (CCUS) comme une option crédible pour contribuer à la réduction des émissions provenant de grands systèmes industriels ou énergétiques. Par ailleurs, le GIEC estime que le déploiement des technologies CCUS est à ce jour largement inférieur à celui cohérent avec une limitation du réchauffement sous 2°C.

En outre, l’Agence Internationale de l’Énergie estime que le CCUS permettrait de réduire d’environ 10% des émissions mondiales de gaz à effet de serre (GES) à horizon 2050. L’intérêt de recourir aux technologies de CCUS pour lutter contre le changement climatique a également été acté dans la décision de la COP28 qui s’est tenue à Dubaï en décembre 2023.

Au niveau européen, le règlement « Net-Zero Industry Act » (NZIA) fera du CCUS une option stratégique clé pour l’atteinte de la neutralité carbone à horizon 2050, au même titre que l’hydrogène, les énergies renouvelables électriques et le nucléaire. Ce cadre prévoit ainsi le développement de 50 millions de tonnes de capacité annuelle de stockage géologique de CO₂ au sein de l’Union Européenne d’ici 2030, ainsi que des obligations pour les producteurs d’hydrocarbures de contribuer à l’atteinte de ces objectifs.

Dans ce cadre, le gouvernement a lancé le 26 avril 2024 pour 3 mois, un Appel à Manifestation d’Intérêt (AMI) adressé à tous les acteurs de la filière : émetteurs ou transformateurs de CO₂, transporteurs, opérateurs du sous-sol type géothermiciens ou sociétés de monitoring… Les industriels sont invités à faire connaître à la DGEC leurs capacités (techniques, technologiques ou financières) ou leur volonté de contribuer au développement du captage du CO₂ à des fins de stockage géologique.

Cet AMI permettra notamment de préciser le cahier des charges d’un futur Appel À Projets (AAP) mené pour soutenir des actions permettant d’améliorer la connaissance du sous-sol et de favoriser la recherche de capacités de stockage de CO₂ en France.

Appel à manifestation d’intérêt

Accélération du stockage souverain de CO₂

Au niveau français, les premières orientations stratégiques du déploiement du CCUS ont été publiées en juin 2023 et ont fait l’objet d’une consultation publique ainsi que d’un avis du Haut Conseil pour le Climat, confortant l’approche française en matière de CCUS.

Publié le 4 juillet 2024, le document « État des lieux et perspectives de déploiement du CCUS en France » constitue la suite des travaux entrepris depuis l’année dernière.