La logistique urbaine durable

Le Jeudi 28 octobre 2021

Les actions de la France en faveur d’une logistique urbaine efficace, respectueuse de l’environnement et durable sur nos territoires.

Définition et enjeux de la logistique urbaine

La logistique urbaine est « l’art d’acheminer dans les meilleures conditions les flux de marchandises qui entrent, sortent et circulent dans la ville ». La logistique urbaine est donc l’ultime composante de la chaîne logistique globale, reliant expéditeurs de marchandises et destinataires finaux, qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers.

Ce volet urbain représente près d’un tiers du coût logistique total de l’acheminement d’une marchandise et génère des flux de trafic urbains significatifs pour assurer l’approvisionnement des villes. La logistique de nos villes se situe ainsi au croisement de plusieurs enjeux majeurs, aux premiers rangs desquels : la compétitivité de la filière logistique française, l’amélioration de la qualité de vie urbaine, l’adaptation aux nouveaux modes de consommation (e-commerce), la résilience, voire la relocalisation de nos productions et la revitalisation des centres-villes.

La structuration de la logistique urbaine, en concertation avec les différentes parties prenantes, est donc un levier devant rendre possible des avancées dans les domaines de la transition écologique (préservation de l’environnement) de la transition énergétique (réduction des émissions de gaz à effets de serre) et de la transition numérique (développement du e-commerce).

Les politiques de soutien du ministère sur la logistique urbaine

En 2015, 14 organismes publics et privés du secteur de la logistique ont signé le cadre national pour les chartes de logistique durable en ville afin d’améliorer le fonctionnement des livraisons en conciliant à la fois transition écologique et développement économique et social.

Le cadre national pour les chartes de logistique urbaine durable repose sur deux principes :

  • la concertation entre les collectivités territoriales et les acteurs économiques et sociaux (chargeurs, transporteurs, logisticiens, commerçants, riverains) ;
  • la signature de chartes locales d’engagements volontaires pour des actions de logistique urbaine, dans un grand nombre d’agglomérations sur tout le territoire.

Entre 2017 et 2018, six collectivités volontaires, de tailles variées, ont expérimenté les outils du cadre national afin de les amender pour répondre au mieux aux besoins des collectivités territoriales et des acteurs privés de la logistique.

Le programme InTerLUD

Dans la continuité et afin d’assurer un déploiement plus large sur le territoire national, le programme Innovations territoriales en logistique urbaine durable (InTerLUD) a été retenu par le ministère des transports pour un financement dans le cadre des certificats d’économie d’énergie (CEE) à hauteur de 8,1 M€.

L’objectif du programme est de créer un cadre pérenne de dialogue entre les acteurs publics et privés et de déployer 50 chartes dans des communautés d’agglomération de toutes tailles, mais aussi de sensibiliser les collectivités territoriales au sein de 257 EPCI de plus de 50 000 habitants sur les enjeux de la logistique urbaine durable, ainsi que les opérateurs économiques au sein de 150 EPCI.

Une collectivité ou une fédération d’entreprises intéressée par la démarche pourra trouver les renseignements et les contacts sur le site internet www.interlud.green

France mobilités - Innovation en transport de marchandises et logistique

En cohérence avec la loi d'orientation des mobilités, la démarche France mobilités vise à soutenir, dans tous les territoires, l’expérimentation, le développement et la diffusion de solutions innovantes qui améliorent durablement la mobilité du quotidien du dernier kilomètre, accessibles à tous et plus respectueuses de l’environnement.

Ouverte à tous les acteurs de la mobilité (collectivités, entreprises, start up, incubateurs, fonds d'investissements, organismes de formation, associations, laboratoires de recherche, etc.), elle permet de soutenir des initiatives locales de ces acteurs, se construit grâce à aux retours d’expériences et propositions venant du terrain et offre en retour les outils nécessaires à la diffusion des bonnes pratiques.

La démarche France mobilités participe à la promotion de l'innovation française portée par de nombreux acteurs institutionnels et s’appuie sur les démarches existantes (French Tech, France expérimentation plan d’investissements d’avenir…) au bénéfice de ses membres.

France mobilités vise à répondre à trois objectifs :

  • créer et animer une communauté d’acteurs qui jouent un rôle dans les mobilités ;
  • faciliter les expérimentations de solutions innovantes de mobilité ;
  • déployer des solutions innovantes pour tous et dans tous les territoires, particulièrement en zones rurales et périurbaines.

Construit depuis le départ pour et avec les acteurs concernés, l’offre de service France mobilités, animée par l’Agence de l’innovation pour les transports de la DGITM s’organise autour d’une facilitateur, d’une plateforme collaborative des solutions et projets de mobilités, d’un appui en ingénierie territoriale dans tous les territoires de France, d’outils d’accompagnement des innovations sur les volets commande publique, aides et dispositifs de financements, ainsi quede formations pour la création d’une culture commune de l’innovation.

France mobilités s’adresse à l’ensemble des thématiques de la mobilité du quotidien et du dernier kilomètre, organisées en huit axes.

  1. L’information voyageur et de billettique multimodale
  2. Les transports collectifs et l’optimisation des trafics routiers
  3. La mobilité partagée
  4. La logistique urbaine
  5. La mobilité pour tous
  6. La connaissance de la mobilité
  7. L’aménagement de l’espace public et les modes actifs
  8. Limiter les déplacements

En septembre 2021, France mobilités référençait 50 solutions innovantes pour la logistique urbaine, et 18 expérimentations. Des renseignements complémentaires sont disponibles sur le site internet de France mobilités.

La mission logistique urbaine durable

À l’occasion du premier Comité interministériel de la logistique (CILOG), le Gouvernement a souhaité confier à Anne-Marie Idrac, présidente de Francelogistique, Anne-Marie Jean, vice-présidente de l’eurométropole de Strasbourg et présidente du port autonome de Strasbourg, et Jean-Jacques Bolzan, adjoint au maire de Toulouse et président de la Fédération des marchés de gros de France, une mission relative à la logistique urbaine durable.

Le CILOG du 21 octobre a été l’occasion de remettre leur rapport, rendu public à cette occasion.

    Les propositions du rapport

    • Mettre en place un accompagnement permettant de meilleurs échanges entre les collectivités et l'État dans le choix des pratiques publiques à instaurer dans les territoires, grâce à l'intervention du Groupement des autorités responsables de transport (GART)
    • Mettre à disposition des collectivités de nouveaux outils de gestion du stationnement pour les livraisons pour dépénaliser le stationnement aux aires de livraison et expérimenter de nouveaux services
    • Mettre en place des actions de formation et d'information des acteurs de logistique urbaine
    • Permettre un accès et une exploitation plus faciles des données de logistique urbaine en facilitant la numérisation des arrêtés de circulation et la transmission de données relatives aux aires de livraison
    • Mettre en place un observatoire national de la logistique urbaine
    • Faciliter la transition énergétique dans le domaine du transport routier de marchandises

    Les missionnés ont présenté les conclusions de leurs travaux, fruits d’un travail de près de six mois en concertation avec l’ensemble des parties prenantes de la logistique urbaine (collectivités locales, agences de l’État, chargeurs, transporteurs, acteurs de l’immobilier logistique, etc.). La feuille de route proposée repose sur plusieurs recommandations concrètes en faveur d’une logistique urbaine efficace, respectueuse de l’environnement et durable sur nos territoires.

    Les axes stratégiques retenus par le Gouvernement

    • Missionner le groupement des autorités responsables de transport (GART) afin d’organiser les réflexions et actions autour d’une logistique urbaine durable au plus près des territoires. Un appui financier du ministère chargé des Transports auprès du GART est prévu pour faciliter l’atteinte de cette ambition.
    • Engager deux chantiers opérationnels, l’un législatif, l’autre technique pour exploiter le plein potentiel des données de logistique urbaine :
      • un groupe de travail d’évolution législative sera mis en place par la DGITM pour rendre obligatoire la numérisation des arrêtés de circulation et la transmission de données statiques sur les aires de livraison par les collectivités en complément des obligations faites aux services numériques d’assistance aux itinéraires (article 122 de la loi de lutte contre le dérèglement climatique) ;
      • un observatoire national de la logistique urbaine, organisé autour de structures déjà existantes – notamment publiques. Ces structures pourront agir en tant que tiers neutres chargés de la collecte des données auprès des acteurs de terrain. Les données pourront alimenter le point d’accès national transport.data.gouv.fr
    • Étendre la dépénalisation du stationnement aux aires de livraison pour en améliorer la gestion et permettre des expérimentations. Le GART conduira les concertations à venir. Il sera en lien avec la DGITM qui nommera un chef de projet dédié et contribuera financièrement au recrutement d’un chargé de mission au sein du GART.
    • Engager des actions pour développer la formation et l’information sur la logistique urbaine afin de responsabiliser davantage les parties prenantes. La mission propose notamment que soient donnés aux collectivités les outils nécessaires à la l’intégration de la logistique urbaine dans les documents d’aménagement territoriaux, afin de sécuriser le foncier dédié à la logistique urbaine. Le Ceremasera mobilisé dans la production de guides méthodologiques, en particulier pour accompagner la mise en place des zones à faibles émissions (ZFE).