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L’autopartage en France

Le Mardi 23 novembre 2021

L'autopartage permet à plusieurs personnes d'utiliser un véhicule commun

Autopartage, de quoi parle-t-on ? 

L’autopartage est la mise à disposition de véhicules en libre-service, au profit d’usagers et pour la durée et la destination de leur choix. Les véhicules peuvent appartenir à l’opérateur d’autopartage ou à la collectivité. 

L’autopartage se distingue de la location traditionnelle par une mise à disposition des véhicules en libre-service et disponibles en 24/7, avec des conditions d’utilisation qui permettent des trajets d’une heure ou moins, et sans remise des clés en main propre. L'autopartage réduit la dépendance à la voiture et favorise le report vers d'autres modes de mobilité. En ce sens, il réduit la consommation d'énergie et les émissions de polluants. En outre, il permet de libérer de l'espace urbain utilisé auparavant pour le stationnement des véhicules. 

On peut distinguer 4 grands dispositifs d'autopartage :

  • autopartage « en boucle » avec une restitution du véhicule à la station de départ ;
  • autopartage en trace directe avec une restitution du véhicule dans une station possiblement différente de celle de départ ;
  • autopartage « sans station  » ou en « free-floating » ;
  • autopartage entre particuliers, facilitée ou non par une plateforme de mise en relation (type Getaround).

L’Association des Acteurs de l’Autopartage (AAA) est une association crée début 2020, regroupant 14 acteurs majeurs de l’autopartage en France et 6 membres associés d’horizons différents : opérateurs, fournisseurs de technologie, d’équipements et de services à l’autopartage, etc.

L’association a pour objectif de promouvoir et développer l’autopartage en France, d’œuvrer auprès des acteurs publics locaux et nationaux pour porter les bonnes pratiques et ainsi pérenniser cette transition, mais aussi de défendre les intérêts de la filière et contribuer aux relations harmonieuses entre tous ses acteurs.

Chiffres et état des lieux

D’après l’AAA : 

Au cours de l’année 2020, 294 000 Français ont utilisé un service d’autopartage, soit une baisse relative de 13% du nombre d’usagers par rapport à 2019, et cela en dépit d’une réduction de 30 à 40% des déplacements des Français en raison de la crise sanitaire. 

Au 1er janvier 2021, 11 546 véhicules sont partagés en France dans 700 communes contre 11 618 véhicules un an plus tôt. Les opérateurs ont donc maintenu leur offre durant la crise sanitaire. D’après une étude ADEME et 6-t (2019):

  • l’abonné à un service d’autopartage réduit ses émissions de gaz à effet de serre de 10% ;
  • l’usage d’une voiture en autopartage remplace celle de 5 à 8 voitures particulières. C’est donc 80% de l’espace public qui peuvent être réaffectés à d’autres usages ; 
  • les utilisateurs sont plus souvent des hommes (55%), des actifs en situation d’emploi (81%), des cadres (61% des actifs), des urbains (75%) et des diplômés du supérieur (86%), utilisant l’autopartage en agglomération pour des visites, achats, sorties ;
  • l’utilisation de l’autopartage est fortement liée à celle du vélo et des transports collectifs. Le succès de l’autopartage passe par la complétude du bouquet de mobilité proposé à l’utilisateur ;
  • l’inscription à un service d’autopartage fait, en moyenne, varier fortement à la baisse l’utilisation de la voiture personnelle : -31% de jours d’utilisation. En outre, 68% des autopartageurs ont connu une expérience de démotorisation.
     

Le cadre juridique mis en place par l’État pour favoriser le développement de l’autopartage

Par les collectivités

La loi d’orientation des mobilités (LOM) publiée fin 2019 renforce le champ d’action des collectivités dans le développement des mobilités actives (vélo, marche), partagées (covoiturage, autopartage) et solidaires. 

L’article L1231-1-1 du code des transports, créé par la LOM, prévoit que les autorités organisatrices de la mobilité (AOM) sont les autorités compétentes pour organiser l’autopartage sur leur territoire. 

Les communes et les intercommunalités gestionnaires de voirie ou détentrices du pouvoir de police de circulation/stationnement sont impliquées dans la mise en œuvre opérationnelle des projets (création de stations, autorisations d’implantation, etc.)

L’AOM peut délivrer un label autopartage aux véhicules affectés à cette activité au regard de caractéristiques des véhicules, qu’elle fixe en amont. Il doit s’agir d’exigences environnementales, mais le label peut également concerner l’information usager, le système de réservation, l’entretien des véhicules, etc. Le label « autopartage » peut permettre aux véhicules détenteurs de ce label de bénéficier de places de stationnement réservées. 

L’AAA a publié en novembre 2021 un guide à l’attention des territoires qui souhaitent développer l’autopartage sur leurs territoires : www.asso-autopartage.fr/guide-destination-collectivites.

Par les entreprises

La mutualisation de flottes entre plusieurs entreprises ou le recours à des véhicules partagés pour les déplacements des collaborateurs (au lieu de l’acquisition de véhicules de service) permet de réduire les coûts de l’entreprise, et d'inciter les employés à une mobilité plus durable.

Comment ça marche ?

Les innovations en matière d’autopartage

La gestion de flotte connectée apparaît progressivement comme indispensable et les technologies de gestion en temps réel une nécessité, notamment sur mobile. Les logiciels de gestion de parcs de véhicules en autopartage se développent fortement et les usages de télématique embarquée ne cessent de se multiplier. Ainsi il est possible de vérifier l’état de son véhicule facilement, d’optimiser leur taux de rotation ou encore d’améliorer ses trajets.

En plein développement, on trouve les services dautopartage sans réservation ni station (« freefloating ») : des voitures en libre-service 24h/24, accessibles sans réservation et pouvant être stationnées n'importe où en ville.

La Ville de Paris, dans le cadre de son plan de lutte contre la pollution liée au trafic routier et de ses objectifs de dédieselisation du parc automobile a lancé le développement d’un service alternatif de mobilité à destination des commerçants et artisans. Cette expérimentation est basée sur un système de partage en boucle de véhicules utilitaires électriques.

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