Publié le 28 janvier 2026
La logistique en France
La logistique est un élément clé de l’économie moderne, dont le fonctionnement repose sur l’échange de biens, de services et de données au sein de son territoire et au-delà de ses frontières. A ce titre, la logistique est un maillon essentiel de notre circuit marchand et un organe vital pour le fonctionnement de notre société, des entreprises et des territoires.
De quoi parle-t-on ?
La logistique désigne une série d’opérations physiques portant sur des produits agricoles ou industriels et complétant leur fabrication : transport, entreposage, manutention, emballage, constituant une part substantielle de la valeur finale des produits. Elle désigne également une branche des sciences de gestion, considérant l’entreprise et les relations entre entreprises comme un système de flux (de produits et d’informations) qu’il faut gérer comme tel et utiliser comme un moyen d’optimisation d’ensemble des chaînes d’approvisionnement (supply chain management). Enfin, la logistique est une branche économique en tant que telle, composée d’entreprises prestataires réunissant des activités jusqu’alors disjointes pour en offrir le service à leurs clients. On distingue quatre principaux types de logistique :
- la logistique amont ou d’approvisionnement qui vise à assurer la circulation des produits entrant et sortant des sites de production ;
- la logistique interne qui correspond aux flux de fabrication à l’intérieur du lieu de production ou d’assemblage et se situe généralement en amont ;
- la logistique aval qui répond à l’approvisionnement des réseaux de distribution ;
- la logistique inverse ou retour qui correspond aux flux de produits ou d’éléments non utilisables tels quels vers des sites de stockage, de retraitement ou de recyclage.
Le marché intérieur de la France, ses infrastructures et sa capacité d’innovation en font un pays aux multiples atouts. Avec ses quatre grandes portes internationales (Le Havre, Dunkerque, Marseille, Roissy-Charles-de-Gaulle) et ses trois axes logistiques stratégiques majeurs (Méditerranée-Rhône-Saône, Seine, Nord), la France bénéficie d’une position privilégiée en Europe. Le transport maritime représentant 80 % des échanges mondiaux de marchandises, les grands ports maritimes français constituent tout particulièrement un enjeu stratégique pour les chaines logistiques.
1,8 M d’emplois 5e recruteur en France, la filière logistique constitue un débouché attractif pour tous les types profils et parcours.
150 000 C'est le nombre d'entreprises de la filière : stratégique et vitale pour l’économie, l’emploi et le développement des territoires.
200 milliards C'est, en euros, le chiffre d'affaire total de la filière en 2023 : cela représente 7 % de la valeur du PIB national.
La stratégie nationale, co-pilotée avec la direction générale des entreprises et France logistique, s’articule autour de deux axes : faire de la France un territoire leader de la logistique durable en alliant performance et compétitivité au service de sa souveraineté ; accélérer la transition écologique de la filière logistique aux performances optimisées et au service des autres filières économiques.
La tenue de comités interministériels de la logistique (CILOG) permet de faire régulièrement le bilan des actions réalisés et de décider de nouvelles actions. La feuille de route 2025-2026 permet de réaffirmer les priorités conjointes du Gouvernement et de la filière.
La création d’un observatoire national de la logistique a été entérinée en 2022, avec pour objectif de rassembler l’ensemble des informations et des ressources utiles aux professionnels des secteurs public et privé. Ce dispositif est complété par des des observatoires régionaux de la logistique.
L’observatoire produit chaque année un cahier des synthèse et des cahiers thématiques sur l’immobilier logistique, les politiques publiques, l’environnement, les territoires et les filières économiques. Il organise un séminaire annuel depuis 2022 associant les acteurs publics, privés et académiques pour partager les résultats de l’année précédente, échanger sur les tendances constatées et dégager les priorités de travail de l’année à venir.
La logistique urbaine durable
La logistique urbaine désigne les voies et moyens d’acheminer dans les meilleures conditions les flux de marchandises qui entrent, sortent et circulent dans la ville. La logistique urbaine constituent l’ultime composante de la chaîne logistique globale, reliant expéditeurs de marchandises et destinataires finaux, qu’il s’agisse d’entreprises ou de particuliers.
Ce volet urbain représente près d’un tiers du coût logistique total de l’acheminement d’une marchandise et génère des flux de trafic urbains significatifs pour assurer l’approvisionnement des villes. La logistique de nos villes se situe ainsi au croisement de plusieurs enjeux majeurs, aux premiers rangs desquels : la compétitivité de la filière logistique française, l’amélioration de la qualité de vie urbaine, l’adaptation aux nouveaux modes de consommation (dont le e-commerce), la résilience, voire la relocalisation de nos productions et la revitalisation des centres-villes.
La structuration de la logistique urbaine, en concertation avec les différentes parties prenantes, est donc un levier devant rendre possible des avancées dans les domaines de la transition écologique et énergétique (préservation de l’environnement, réduction des émissions de gaz à effets de serre et amélioration de la qualité de l’air) et de la transition numérique.
Afin d’assurer un déploiement plus large sur le territoire national, le programme Innovations territoriales en logistique urbaine durable (InTerLUD) a été retenu par le ministère des transports pour un financement dans le cadre des certificats d’économie d’énergie (CEE) à hauteur de 23,5 M€, en 2023.
L’objectif du programme est de créer un cadre pérenne de dialogue entre les acteurs publics et privés et de déployer 60 chartes dans des communautés d’agglomération de toutes tailles. Un accompagnement est également prévu pour la réalisation des actions inscrites dans les chartes.
Le programme InTerLUD est complété par deux programmes Marguerite et Cyclo-cargologie, qui visent respectivement à accompagner les artisans et commerçants en compte propre vers une logistique plus vertueuse et à développer la cyclologistique.
La transition écologique de la logistique
La décarbonation de la filière est un enjeu clef : le secteur représente 16 % des émissions de gaz à effet de serre en 2025. La stratégie nationale bas-carbone (SNBC) définit les grandes orientations pour réduire les émissions de gaz à effet de serre dans tous les secteurs, dont le transport de marchandises, d’ici 2050. Pour le transport de marchandises, six leviers prioritaires ont été identifiés : la sobriété de la demande ; l’augmentation du taux de chargement des véhicules ; le report vers les modes massifiés (ferroviaire et fluvial) ; l’électrification des véhicules ; l’efficacité énergétique des véhicules ; la décarbonation des carburants utilisés.
Si la SNBC fixe un cadre général, ces objectifs doivent être déclinés à l’échelle des filières économiques, afin de permettre un pilotage opérationnel de cette ambition. C’est précisément l’objet de l’étude de la demande : traduire les objectifs de la SNBC pour le transport de marchandises par filière économique à l’horizon 2030 et 2050.
Initiée en 2023, l'étude de la demande a caractérisé les principaux impacts des évolutions projetées des processus de production, de la consommation et des processus logistiques et dégagé les évolutions nécessaires à l’atteinte des objectifs, sur les différentes filières et sur les leviers de report modal, d’augmentation du taux de chargement et de sobriété. Au-delà de cette projection, un dialogue est engagé avec des premières filières pour construire sur cette base, une trajectoire de décarbonation de leur logistique économiquement soutenable.
Transformation numérique et digitalisation
La transformation numérique est un enjeu clef pour la compétitivité et la souveraineté de la filière. Face à l’émergence d’une multitude de projets, un espace d’échange a été créé pour mettre en synergie les acteurs et garantir leur coordination et deux projets structurants ont été impulsés : la création d’un portail open data logistique.data.gouv.fr ; le soutien à la start-up d’Etat DiaLog qui vise à numériser la réglementation de la circulation routière.
La digitalisation constitue un levier de performance majeur pour la logistique. Depuis plusieurs mois des travaux collectifs ont été engagés pour remédier à la fragmentation actuelle et dégager les orientations et le cadre permettant à l’ensemble des acteurs de tirer pleinement profit de la digitalisation et ainsi contribuer à la compétitivité de l’économie grâce à une continuité numérique entre les systèmes industriels et logistiques. Dans cet objectif, quatre axes ont été dégagés afin de garantir un fonctionnement collectif équilibré préservant la souveraineté des acteurs et des données :
- assurer la souveraineté et la confiance numérique, grâce à la mise en œuvre d’un cadre de confiance conforme au règlement européen (eIDAS2), garantissant l’identité numérique, la signature et la traçabilité des transactions logistiques ;
- construire un socle commun interopérable, grâce au développement d’un langage commun et d’un réseau collaboratif distribué permettant aux systèmes hétérogènes de dialoguer sans rupture ;
- favoriser l’inclusion numérique professionnelle, grâce au déploiement d’une application multi-services logistique donnant accès aux TPE, PME et micro-transporteurs à la digitalisation, au calcul environnemental et à la conformité réglementaire, dans un cadre simple et abordable ;
- créer de la valeur par la donnée, grâce à la standardisation des flux de données logistiques pour permettre l’émergence de services à valeur ajoutée, tels que le calcul et la certification des émissions de gaz à effet de serre, production des reportings, planification intelligente, mutualisation des flux …
Pour mettre en œuvre ces orientations, un projet structurant pour la filière vise à dématérialiser des lettres de voiture, qui désignent le document contractuel entre l'expéditeur et le transporteur. Ce socle permet d’accélérer et de généraliser la digitalisation des lettres de voiture, grâce également au règlement européen pour la numérisation des documents de transport (eFTI) qui rendra possible le contrôle des lettres de voiture numériques dès 2027.
90 % des documents de transport circulant en transfrontalier en Europe, comme les lettres de voiture par exemple, sont au format papier. Afin de rendre compétitif le secteur de la logistique multimodale en Europe, la réglementation européenne impose aux Etats membres d’accepter des informations liées aux marchandises pour la mobilité des biens, présentées sous forme numérique, notamment lors des contrôles.
Le règlement (UE) 2020/1056 concernant les informations électroniques relatives au transport de marchandises (eFTI) prévoit un cadre légal européen harmonisé pour l’échange d’informations relatives au transport de marchandises entre les opérateurs économiques et les administrations (B2A), à des fins de meilleure connaissance des données et de contrôle. Le champ d’application du règlement concerne uniquement les données réglementaires liées à la marchandise (pas celles liées aux conducteurs, aux transporteurs, ni aux véhicules) : à l'exception du secteur maritime, tous les modes de transport sont concernés.
La mise en œuvre du règlement eFTI nécessite de mener conjointement trois projets :
- la création d’un point d’accès national aux données (PAN), liant les plateformes eFTI via des API (application programming interface);
- les applications métiers de contrôle, pour permettre aux agents de contrôle d'accéder via le PAN aux données pour permettre les contrôles ;
- la certification des plateformes eFTI, garantie d’une bonne utilisation du modèle de données avec le bon format pour assurer leur interopérabilité.