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Les émissions mondiales de carbone ont fortement augmenté au cours de la dernière décennie, mais des solutions existent pour les réduire drastiquement, selon les scientifiques du GIEC

Le Mardi 17 mai 2022


Crédits : Laurent Mignaux / Terra

Même si tous les pays respectaient leurs objectifs climatiques d’ici 2030, le réchauffement serait probablement supérieur à 1,5°C, au-delà de l’un des objectifs fixés dans l’Accord de Paris. C’est ce que souligne le troisième volume du 6e rapport d’évaluation du Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC). Publié lundi 4 avril 2022, ce nouveau volet est consacré à l’atténuation du changement climatique. Il rappelle que tous les secteurs d’activité ont la possibilité de réduire considérablement leurs émissions.

Des émissions qui continuent d’augmenter

Le troisième et dernier volume du 6e rapport d’évaluation du GIEC fait le point sur l’atténuation, c’est-à-dire les mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).

Selon cette nouvelle évaluation, les émissions mondiales ont continué à augmenter fortement au cours de la dernière décennie, mais moins vite que lors de la décennie précédente.

Une évolution qui s’explique en partie par le fait que l’amélioration de l’efficacité énergétique n’a pas compensé l’augmentation globale de l’activité dans de nombreux secteurs économiques.

Toujours trop d’énergies fossiles

Autre constat, même si le coût des énergies renouvelables a considérablement baissé et si leur déploiement s’est accéléré, cela n’a pas permis de réduire les émissions venant des combustibles fossiles.

À elles seules, les infrastructures d’énergie fossile existantes ou déjà planifiées conduisent à un réchauffement supérieur à 1,5 °C.

Un objectif qui s’éloigne

Plus largement, les experts alertent : même si les Contributions déterminées au niveau national (CDN) sont respectées d’ici 2030, l’objectif de réchauffement global 1,5 °C qui fait partie de l’objectif de température de l’Accord de Paris est probablement hors de portée et celui de 2 °C, qui en fait également partie, nécessitera des réductions d’émissions très fortes après 2030.

Les politiques actuelles des pays conduisent à un réchauffement global de 3,2 °C d’ici la fin du siècle, par rapport au niveau préindustriel.

Objectif de l’Accord de Paris

Limiter à un niveau bien inférieur à 2 °C l’augmentation de la température mondiale au cours du siècle et poursuivre les efforts pour limiter à 1,5 °C, par rapport au niveau préindustriel.

Vers le zéro émission nette

Limiter le réchauffement à 1.5 °C nécessite d’atteindre le zéro émission nette de CO2 à l’échelle mondiale en 2050. Cela ne sera possible que si tous les secteurs font leur transition : bâtiments, transports, énergie, industrie, agriculture…

Et, préviennent les auteurs du rapport, plus la réduction des émissions sera tardive, plus les effets négatifs seront importants.

Depuis 2019, la France a atteint ses objectifs climatiques annuels et s’est engagée à atteindre la neutralité carbone en 2050. Toutefois, les scientifiques du GIEC rappellent que les efforts doivent se mener au niveau mondial.

C’est pourquoi, au niveau européen, l’Union s’est aussi dotée d’un objectif de neutralité carbone d’ici 2050 et d’un objectif intermédiaire de −55 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2030 (loi climat européenne de 2021). Pour y parvenir, elle a lancé « Prêt pour 55 » (Fit For 55), un paquet de 12 propositions législatives organisant la transition de tous les secteurs de l’économie. Nombre de ces textes, comme le mécanisme d’ajustement carbone aux frontières ou le règlement batteries, incitent les partenaires commerciaux de l’Europe à réduire également leurs émissions.

Zéro émission nette ?

Le Parlement européen définit le zéro émission nette, c’est-à-dire la neutralité carbone, comme « un équilibre entre les émissions de carbone et l’absorption du carbone de l’atmosphère par les puits de carbone. » Les principaux puits de carbone naturels sont le sol, les forêts et les océans.

Les solutions

Le rapport du GIEC détaille les solutions pour parvenir à réduire drastiquement les émissions de GES.

Dans le secteur de l’énergie, plusieurs transitions majeures s’imposent : réduction substantielle de l’utilisation des combustibles fossiles, déploiement des sources d’énergie à faibles émissions, efficacité énergétique, économies d’énergie…

Dans l’industrie, le défi ne sera relevé qu’en combinant toutes les options d’atténuation, parmi lesquelles : efficacité énergétique, flux circulaires de matériaux, nouveaux processus de production utilisant de l’électricité, de l’hydrogène…

Les solutions axées sur la demande et les technologies à faible émission de GES peuvent réduire les émissions du secteur des transports dans les pays développés et limiter la croissance des émissions dans les pays en développement.

Les scientifiques s’intéressent également à l’évolution du modèle agricole, au captage de CO2 (puits de carbone naturels ou technologiques) ou encore à l’organisation de la ville…

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