Biodiversité Aéroportuaire

Le Vendredi 21 octobre 2022

Les aérodromes, comportant souvent de vastes zones non-imperméabilisées, représentent des espaces propices à l’accueil de la biodiversité ordinaire et remarquable. La Direction générale de l’Aviation civile accompagne les exploitants dans leurs démarches sur le sujet, tout en veillant au strict respect des exigences de sécurité.

Les aéroports : une richesse biologique remarquable insoupçonnée

Contrairement à ce que l’on pourrait penser, les aéroports ne sont pas des lieux délaissés par la nature. Bien au contraire, les plateformes aéroportuaires constituent un réel réservoir de biodiversité. Les plus de 400 aérodromes et aéroports de France métropolitaine et d’Outre-mer représentent une surface d’environ 460 km², soit l’équivalent de cinq fois celle de Paris.

En moyenne, 75% de la surface des aérodromes est constituée d’espaces naturels (couvert herbacé, prairie, champs, bois, etc.), accueillant une grande diversité d’écosystèmes et d’espèces. Ils peuvent incontestablement être vu comme une extension des milieux naturels environnants, participant aux continuités écologiques du territoire, et même devenir des zones de refuge pour la faune et la flore face aux différentes pressions exercées par l’Homme (artificialisation des sols, pollution des eaux, dégradation ou destructions des habitats…).

Une partie de la biodiversité présente sur les aérodromes constitue cependant un risque pour la circulation aérienne. Toute action en faveur de la biodiversité doit donc se faire en tenant impérativement compte de l’enjeu prioritaire de sécurité aérienne. Il est malgré tout possible de trouver un équilibre écologique compatible avec l’activité aérienne par l’amélioration des connaissances de la faune et de la flore présentes, la gestion proportionnée du risque animalier (entretien des zones végétalisées, techniques d’effarouchement, etc.) et la protection de la faune non dangereuse pour la sécurité aérienne.
 

La recherche d’une meilleure conciliation entre biodiversité et sécurité

Consciente du double enjeu de la préservation de la biodiversité et du respect des exigences de sécurité aérienne, la DGAC accompagne les initiatives des exploitants d’aéroports dans ce domaine. Pour le monde aéronautique, la logique d'équilibre de la biodiversité rejoint celle d'une meilleure sécurité relative aux risques animaliers, aviaire en particulier, en évitant les pullulations. Vis-à-vis des territoires et des associations de protection de la nature, elle permet d’impliquer fortement les acteurs du transport aérien dans le déploiement de la stratégie nationale pour la biodiversité.

Le service technique de l’aviation civile propose aux exploitants des méthodes d’évaluation et de suivi de la biodiversité pour obtenir une meilleure connaissance des écosystèmes et des espèces présents sur les espaces aéroportuaires. Ces méthodes permettent aux exploitants de perfectionner la prévention du risque de collisions animalières, de faciliter la prise en compte de la biodiversité dans la planification des évolutions de l’aérodrome (aménagements, travaux, etc.) et d’intégrer pleinement la biodiversité dans les projets et les politiques d’exploitation de l’aérodrome (à travers la démarche ERC : éviter, réduire, compenser). Elles conduisent également à définir un ensemble d’actions adaptées aux enjeux de la préservation des habitats, espèces animales et végétales identifiés, à participer à la connaissance de la biodiversité française et à sensibiliser les différents acteurs (du territoire et du transport aérien) à l’importance de notre patrimoine naturel commun.

 Aérobio  - un label pour récompenser l’engagement des aéroports en faveur de la biodiversité

La plupart des grands aéroports français ont adopté un programme en faveur de la biodiversité et opté pour une gestion adaptée et raisonnée du couvert végétal. Plus de la moitié d’entre eux ont déjà réalisé des inventaires de la faune et de la flore.
Le travail de l’association Aéro Biodiversité, s’inscrit dans la Stratégie nationale pour la biodiversité. Elle propose ainsi aux aérodromes adhérents d’évaluer la biodiversité de leurs plateformes par la science participative. La méthode d’inventaire choisie s’appuie sur des protocoles participatifs, notamment ceux développés dans le cadre de Vigie Nature par le Muséum National d’Histoire Naturelle (MNHN). Elle permet de mieux connaître la biodiversité des plateformes et surtout l’appropriation par le personnel de ces connaissances.

L’association, reconnue d’intérêt général, œuvre depuis 2015 sur de nombreuses plateformes aéronautiques de toutes tailles et dans différentes régions pour améliorer la connaissance en matière de biodiversité. Un nombre croissant d’aéroports se portent candidats pour rejoindre l’association qui outre ses membres fondateurs (Air France, la DGAC et le Museum national d’Histoire naturelle) compte aujourd’hui 54 aéroports.

En 2021, l’association a créé le label « Aérobio » pour récompenser le travail et l’engagement des aéroports poursuivant durablement une démarche de protection et de valorisation de la biodiversité. Décerné pour 3 ans par un comité indépendant et éthique issu du conseil scientifique du Muséum National d’Histoire Naturelle, le label se décline en trois niveaux en fonction de l’engagement progressif de la plateforme.
En novembre 2021, les aéroports de Paris-Orly, Tarbes-Lourdes-Pyrénées et Perpignan-Sud de France ont tous trois reçu le label « Aérobio ». De nombreuses autres démarches de labellisation ont été engagées en 2022.

 

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