Publié le 11 juillet 2023

Sécheresse en France

  • Mieux prévenir et sensibiliser aux risques

  • Mieux préserver notre planète

Décryptage des causes de la sécheresse en France, des actions menées pour y faire face et des mesures pour économiser l’eau.

Les restrictions d'eau me concernent-elles ?

Site VigiEau

Sécheresse et météorologie

La sécheresse est un épisode de manque d’eau plus ou moins long, mais suffisant pour que les sols et la flore soient affectés. Ce phénomène peut être cyclique ou exceptionnel et entraîne des conséquences variées : assèchement des cours d’eau, déstabilisation des milieux naturels, impact sur l’approvisionnement en eau potable, augmentation du risque d’incendies, etc.

La sécheresse peut résulter d’un manque de pluie, quand la quantité d’eau issue des précipitations est nettement inférieure aux normales saisonnières sur une période prolongée. Les épisodes de sécheresse peuvent être aussi le résultat d’une utilisation trop intensive ou inadaptée de l’eau disponible.

On distingue ainsi trois grands types de sécheresses :

  • la sécheresse météorologique, provoquée par un manque de pluie ;
  • la sécheresse agricole, causée par un manque d’eau dans les sols et qui nuit au développement de la végétation ;
  • la sécheresse hydrologique, lorsque les lacs, rivières, cours d’eau ou nappes souterraines ont des niveaux anormalement bas.

Avec le changement climatique, les sécheresses seront de plus en plus récurrentes

Le changement climatique modifie déjà le cycle de l’eau. Les épisodes de sécheresse sont de plus en plus fréquents et débutent plus tôt dans l’année.

Cette année, dès février, le Comité d'anticipation et de suivi hydrologique (CASH) s'est réuni pour faire le point sur la situation hydrologique et anticiper le risque de sécheresse en France métropolitaine cet été.

Les feux de forêt et de végétation

Les épisodes de sécheresse et de canicule accentuent la sensibilité de la végétation au feu. En 2022, 72 000 hectares d'espaces naturels ont été détruits par les flammes. Ce sont nos activités et nos actions qui sont le plus souvent la cause de ces incendies : 9 feux sur 10 sont d’origine humaine. En période de sécheresse, il faut donc redoubler de vigilance. 

Alors, ayons dès aujourd’hui les bons réflexes pour ne pas être à l’origine d’un départ de feu de forêt ou de végétation.

Retrouvez toutes les informations sur la campagne nationale lancée par le Gouvernement : feux-foret.gouv.fr

Pour faire face aux périodes d'insuffisance de la ressource en eau, les préfets peuvent prendre des mesures exceptionnelles, graduelles et temporaires de limitation ou de suspension des usages de l’eau non prioritaires pour les particuliers et les professionnels, selon 4 niveaux de gravité :

  1. Vigilance : inciter les particuliers et les professionnels à économiser l’eau (niveau de sensibilisation, pas de restriction) ;
  2. Alerte : réduction de tous les prélèvements en eau et interdiction des activités impactant les milieux aquatiques, restrictions en matière d’arrosage, de remplissage et de vidange des piscines, de lavage de véhicules et d’irrigation de cultures ;
  3. Alerte renforcée : réduction de tous les prélèvements en eau et interdiction des activités impactant les milieux aquatiques, restrictions renforcées en matière d’arrosage, de remplissage et de vidange des piscines, de lavage de véhicules et d’irrigation de cultures ;
  4. Crise : ce niveau est déclenché pour préserver les usages prioritaires, interdiction des prélèvements en eau pour l’agriculture (totalement ou partiellement), pour de nombreux usages domestiques et pour les espaces publics.

L’ensemble de ces arrêtés est disponible sur le site VigiEau.

Tous les départements peuvent être concernés. Le site VigiEau, actualisé chaque jour, recense sur une carte nationale tous les arrêtés de restriction d'eau pour l’ensemble des départements et permet de consulter l’arrêté de restriction le concernant.

Les seuils entraînant des mesures de restriction d’eau sont définis au niveau local par les préfets. Ce système facilite la réaction en situation de crise et permet la transparence et la concertation entre les différents usagers d’un même bassin. 

Les arrêtés de restriction sont publiés sur le site internet des services de l'État dans les départements concernés pendant toute la période de restriction. Ils sont également adressés au maire de chaque commune concernée pour affichage à titre informatif.

Pour savoir si votre département fait l’objet de restriction, rendez-vous sur VigiEau.

Action du gouvernement face à la sécheresse

De nombreux acteurs sont impliqués dans la surveillance des ressources en eau : le ministère de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, Météo-France, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM), l’Office français de la biodiversité (OFB) mais aussi Voies navigables de France (VNF).

Les niveaux des eaux souterraines et les débits des cours d’eau sont mesurés en permanence. Tous les mois, un bulletin de situation hydrologique est publié dans chaque région ou bassin par les directions régionales de l’environnement, de l’aménagement et du logement (DREAL).

Face aux risques de tension sur les ressources en eau sur les court et long termes, le Gouvernement a décidé de proroger le déplafonnement des agences de l’eau à hauteur de 100 millions d’euros afin d’accompagner les collectivités pour le financement d’études et de travaux sur les réseaux d’eau potable. L’objectif est d’anticiper les mesures nécessaires à la préservation de la ressource en eau et de veiller à une gestion adaptée de l’eau potable, de l’agriculture et de la production d’énergie.

Plus largement, dans une logique de planification écologique, le gouvernement a lancé un plan d'action afin d’engager une gestion résiliente et sobre de la ressource garantissant de l’eau pour tous, de qualité et des écosystèmes préservés. Il vient ainsi répondre à trois enjeux majeurs :

  • Organiser la sobriété des usages pour tous les acteurs
    • Compter la ressource, planifier son usage et l’économiser.
  • Optimiser la disponibilité de la ressource
    • Réduire les pertes, valoriser les eaux non conventionnelles, améliorer et développer, lorsque cela est nécessaire, le stockage dans les sols, les nappes, les ouvrages
  • Préserver la qualité de l’eau
    • Prévenir les pollutions diffuses, préserver et restaurer le grand cycle de l’eau.

En savoir plus sur le plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau.

Pour faire face aux périodes d'insuffisance de la ressource en eau, les préfets peuvent prendre des mesures exceptionnelles, graduelles et temporaires de limitation ou de suspension des usages de l’eau non prioritaires pour les particuliers et les professionnels, selon 4 niveaux de gravité : vigilance, alerte, alerte renforcée, crise.
L’ensemble de ces arrêtés est disponible sur le site VigiEau.

Gestion globale des ressources en eau

En période de sécheresse, que l’on soit soumis ou non à des mesures de restriction, professionnels et particuliers doivent maîtriser leur consommation d’eau. Les agriculteurs et les industriels sont notamment encouragés à réduire leur consommation d’eau par de nouvelles pratiques et modes opératoires, comme le recyclage des eaux de nettoyage.

Chacun d’entre nous peut également maîtriser sa consommation d’eau quotidienne grâce à des gestes simples : privilégier les douches, installer des équipements sanitaires économes en eau, faire fonctionner les appareils de lavage à plein, réutiliser l’eau de pluie etc.

En cas de sécheresse, des difficultés d'approvisionnement en eau potable peuvent survenir. C’est pourquoi, suite aux sécheresses récentes, l’État (via les agences de l’eau) a investi pour sécuriser l'approvisionnement des communes fragiles et réduire les fuites. Le relèvement du plafond de dépense de 100 M€, intervenu par arrêté du 10 janvier 2023, compte 54 millions d’euros pour le domaine « eau potable et assainissement ». Le projet de loi de finances rectificative 2022 a attribué 50 M€ pour la résorption des fuites.

Non, pas de manière générale et absolue :

  • en cas de sécheresse, le préfet reste l’autorité compétente ;
  • les communes sont compétentes en matière de distribution d'eau potable ;
  • chaque personne physique, pour son alimentation et son hygiène, a le droit d'accéder à l'eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous.

Le maire, au titre de ses pouvoirs de police, a compétence pour prendre toute mesure de nature à préserver l'approvisionnement en eau potable de sa commune en cas de menace grave de tarissement de l’eau. Le cas échéant, cette mesure de police doit être justifiée, proportionnée et adaptée aux objectifs poursuivis. Tel pourrait être le cas, par exemple, si l’eau distribuée présente un caractère impropre à la consommation, qui peut être lié à la réduction de la production. En toute hypothèse, le maire devrait alors agir par tout moyen pour permettre un ravitaillement en eau potable permettant d'assurer la salubrité publique sur le territoire de la commune.

Les usages domestiques de l’eau comme l’arrosage dépendent du seuil de limitation défini dans votre département : sensibilisation, puis limitation de plus en plus forte des prélèvements pour l’arrosage des pelouses, des espaces verts, le lavage des voitures, le remplissage des piscines jusqu’à l’interdiction totale de ce type d’utilisation (hors usage eau potable).

Pour savoir si votre département est placé en vigilance, rendez-vous sur VigiEau.

Consulter le guide circulaire de mise en œuvre des mesures de restriction des usages de l’eau en période de sécheresse et sa synthèse.

Agriculture

Lorsqu’une sécheresse entraîne des pertes de récolte importantes (plus de 30% de pertes) en fourrages, en maraichage, en arboriculture ou en apiculture, ces dommages peuvent être reconnus comme des « calamités agricoles ». Les agriculteurs peuvent alors être indemnisés par un fonds spécial : le Fonds national de gestion des risques en agriculture (FNGRA), alimenté par l’État et les agriculteurs (contribution additionnelle aux primes d’assurance de leurs contrats d’assurance).

Les Directions départementales des territoires (DDT) préparent les dossiers de reconnaissance en calamités agricoles, qui sont ensuite expertisés et validés par le ministère en charge de l'agriculture, après passage en Comité national de gestion des risques en agriculture (CNGRA). Une fois les communes et les productions reconnues en calamités agricoles, la DDT ouvre la procédure qui permet aux exploitants de déposer une demande d'indemnisation individuelle. Ces indemnités couvrent en moyenne 20 à 30% des dommages.

Demander une indemnisation calamités agricoles.
 

Ressources énergétiques

Concernant la sûreté des installations nucléaires, dans la situation météorologique actuelle, aucun risque pour le refroidissement des réacteurs électronucléaire n'a été identifié.

Santé

En cas d’épisode de sécheresse, les niveaux d’eau s’abaissent, ce qui peut empêcher le prélèvement d’eau et son utilisation. Au-delà de la problématique à court terme de difficulté voire de rupture d’accès à l’eau potable, la baisse des niveaux d’eau entraîne également des dégradations de la qualité de l’eau (liés à une augmentation de la température de l’eau, à une moindre dilution de substances rejetées, à des fluctuations brutales, etc.). Cette altération de la qualité peut à son tour entrainer des difficultés de traitement et/ou une dégradation de l’eau distribuée.

À plus long terme, les situations de rupture dans le système d’alimentation en eau potable ont un impact structurel fort car la perte de pression voire la « vidange » des réseaux d’alimentation en eau entraîne un risque de contamination de ces réseaux, par l’intrusion d’eaux parasites contaminées ou le décollement des biofilms présents dans les canalisations par exemple, mais aussi un risque élevé de ruptures de canalisations lors de la remise en eau ou de la remise en pression.

En France, l’eau du robinet est l’un des aliments les plus contrôlés. Elle fait l’objet d’un suivi sanitaire permanent, destiné à en garantir la sécurité sanitaire.

Pour connaître les résultats des derniers prélèvements dans votre commune, consultez la cartographie en ligne sur le site du ministère de la Santé et de la Prévention sur : eaupotable.sante.gouv.fr

En complément, il est important de rester attentif aux messages délivrés par la personne responsable de la production et de la distribution de l’eau sur sa commune, sur la qualité de l’eau distribuée. 

En situation de sécheresse, il est du ressort des services de l’État compétents d’établir au préalable les listes des usagers prioritaires et des activités essentielles pour l’alimentation en eau potable, de définir les différents niveaux de priorité correspondants et de tenir à jour ces listes.

Cette priorisation permet d’opérer une gradation de la segmentation des réseaux de distribution au fur et à mesure que les volumes disponibles s’amenuisent.

Certains usagers sont donc considérés comme prioritaires pour l’alimentation en eau potable et sont identifiés dans une liste spécifique, établie dans chaque département.

Par exemple, les établissements de santé (hôpitaux, cliniques, maternités, centres de dialyse) et les personnes dialysées à domicile font partie des usagers prioritaires. Les EHPAD font également partie des cibles dont l’eau ne serait coupée qu’en dernier recours (et non sans avoir organisé l’approvisionnement en eau de secours le plus rapidement possible).

Pour en savoir plus, consulter l'instruction interministérielle ORSEC Eau potable (PDF).

Les Personnes responsables de la production et de la distribution de l’eau (PRPDE) dans chaque territoire sont responsables de réaliser cette information, selon des modalités qui peuvent différer d’une PRPDE à l’autre.

Lorsque toutes les solutions de sécurisation du réseau visant notamment à permettre de continuer à distribuer de l’eau potable par le réseau d’adduction public ont été mises en œuvre (interconnexions de réseaux, sollicitation de nouvelles ressources en eau, etc.) et qu’il n’est plus possible d’assurer un accès à l’eau de consommation humaine à tous les usagers, les solutions d’alimentation de substitution des populations en eau potable sont notamment les suivantes :

  • distribution d’eau embouteillée ou ensachée ;
  • production d’eau à partir d’unités mobiles de traitement ; 
  • approvisionnement par camions citernes autorisés pour le transport de produits alimentaires.

Les maires et les Personnes responsables de la production et de la distribution de l’eau (PRPDE) sont responsables de cette alimentation de substitution selon des quantités minimales définies par catégories d’usages. 

Pour en savoir plus, consulter l'instruction interministérielle ORSEC Eau potable (PDF).

Une campagne de communication pour économiser l'eau

La campagne de communication nationale « Chaque geste compte, préservons nos ressources », inscrite dans le cadre du plan d’action pour une gestion résiliente et concertée de l’eau, a pour objectif d’inciter chacun à la sobriété, à l’échelle individuelle et collective.

Découvrez six gestes simples du quotidien permettant de réduire votre consommation d’eau, en vignettes disponibles en téléchargement ci-dessous, et rendez-vous sur preservonsleau.gouv.fr pour retrouver l'ensemble de la campagne.