Publié le 24 février 2026
Au Salon de l’agriculture, Monique Barbut rencontre la filière forêt-bois et fixe ses priorités pour la forêt française
À l’occasion du Salon de l’agriculture, Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a rencontré les représentants de la filière forêt-bois. Dans un contexte marqué par l’urgence climatique et les difficultés conjoncturelles du secteur, elle a fixé ses priorités pour la forêt et annoncé des mesures opérationnelles immédiates.
La forêt française est à un tournant. Présente sur près d’un tiers du territoire national, la forêt constitue un pilier majeur de notre patrimoine naturel, économique et paysager. Longtemps pensée sur des équilibres climatiques désormais dépassés, elle doit aujourd’hui se transformer pour continuer à jouer pleinement son rôle écologique, économique et social au service des territoires.
Adapter la forêt, c’est d’abord penser le temps long : diversifier les essences, renforcer la résilience des peuplements et préparer dès aujourd’hui les forêts de demain, capables de résister aux sécheresses, aux maladies et aux ravageurs.
La ministre fixe ses priorités autour d’une conviction simple : sans action aujourd’hui, il n’y aura pas de forêt demain.
Adapter et renouveler la forêt pour préparer l’avenir
La première priorité porte sur le renouvellement forestier et la gestion durable. L’objectif est de permettre aux forêts françaises de résister aux sécheresses, aux maladies, aux ravageurs et aux événements climatiques extrêmes.
L’action de l’État se concentrera sur :
- Le renouvellement des peuplements et la diversification des essences ;
- Un ciblage renforcé des aides publiques vers les situations les plus urgentes : forêts sinistrées par les incendies, crises sanitaires ou phénomènes de dépérissement ;
- L’accompagnement des propriétaires publics et privés vers des pratiques de sylviculture durable et résiliente ;
- Le renforcement de la souveraineté nationale en semences et plants forestiers.
Concrètement, cette diversification passe par l’introduction progressive d’essences mieux adaptées aux sécheresses et aux températures élevées, par la réduction des peuplements monospécifiques vulnérables aux maladies, et par l’anticipation des crises sanitaires émergentes dont la propagation est favorisée par le réchauffement climatique.
Prévenir les incendies : une priorité absolue
Dans un contexte de feux plus fréquents et plus intenses, la prévention des incendies de forêt constitue un axe central de l’action publique.
La ministre fait donc de la mise en œuvre effective des obligations légales de débroussaillement une priorité nationale, car il s’agit de mesures simples, connues et efficaces pour protéger les populations, les habitations et les massifs forestiers.
Des mesures opérationnelles immédiates
Face aux difficultés conjoncturelles, aggravées par les récentes intempéries, la ministre a annoncé des mesures opérationnelles immédiates.
La première d’entre elles étant la réouverture, dès cette semaine, du guichet de renouvellement forestier porté par « France Nation Verte », afin d’assurer sans interruption la continuité des soutiens aux acteurs forestiers.
Le dispositif évoluera dans les prochaines semaines pour mieux répondre aux enjeux d’adaptation et de résilience. Le nouveau cahier des charges s’appliquera aux dossiers déposés à partir du 1er juillet 2026.
Dans le même esprit, un appel à manifestation d’intérêt est lancé via l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (ADEME) pour soutenir des expérimentations territoriales en matière de gestion forestière. Des territoires pilotes pourront ainsi tester de nouveaux leviers et faire émerger des solutions efficaces, appelées à être déployées à l’échelle nationale.
Enfin, les travaux visant à sécuriser juridiquement les interventions forestières, au niveau national comme au niveau européen, seront accélérés.
« La forêt française doit rester un patrimoine vivant et un atout stratégique. Notre responsabilité est de la rendre plus résiliente, de la préserver et d’en faire un pilier de notre souveraineté écologique et économique. »