Publié le 22 mai 2026
Roquelaure "entreprises et biodiversité" : une nouvelle impulsion pour accélérer la transition écologique
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À l’occasion du Roquelaure « entreprises et biodiversité », Mathieu Lefèvre, ministre délégué chargé de la Transition écologique, a réuni 200 dirigeantes et dirigeants d’entreprises, fédérations professionnelles, opérateurs publics, chercheurs et membres de la société civile.
Il a rappelé à cette occasion l’enjeu stratégique que représente la biodiversité : elle conditionne la qualité de vie des citoyens, la résilience des territoires et la durabilité de notre modèle économique. Protéger la biodiversité, c'est préparer une économie plus robuste, plus résiliente et plus souveraine. Plus que jamais en 2026, investir dans la biodiversité, c’est à la fois un enjeu de transition écologique, de compétitivité et de souveraineté pour les entreprises.
Entreprises et biodiversité : des orientations solides et des leviers d’action à mobiliser
La Stratégie nationale pour la biodiversité 2030 fixe un cadre ambitieux pour réduire les pressions exercées sur les écosystèmes, restaurer le vivant et transformer durablement les modèles de production et de consommation. Dans cette stratégie, les entreprises occupent une place centrale : elles doivent mieux mesurer leurs impacts, les réduire et intégrer la biodiversité au cœur de leurs décisions stratégiques.
« Toutes les entreprises dépendent de la biodiversité et ont un impact sur elle ; elles peuvent être des acteurs de changement positif » : c’est l’un des principaux messages inscrit dans le rapport d’évaluation de l’IPBES relatif aux Entreprises et à la biodiversité, publié en février dernier et qu’a rappelé Clément FEGER, chercheur à AgroParisTech et co-auteur de ce rapport. Face à l’érosion accélérée du vivant, le ministère entend accompagner et valoriser les entreprises de toutes tailles dans leurs démarches de transformation écologique, et soutenir l’émergence de solutions concrètes conciliant activité économique et préservation des écosystèmes.
Cette démarche repose sur une conviction simple : les entreprises qui intégreront le plus rapidement ces enjeux seront plus robustes demain parce qu'elles maîtriseront mieux leurs risques, sécuriseront leurs approvisionnements et répondront plus vite aux attentes du marché. La biodiversité n'est pas une contrainte venue d'en haut : c'est une ressource et un avantage compétitif.
Renforcer l’accompagnement des entreprises par l’Etat et poursuivre la mobilisation des filières
Le ministre a annoncé le renforcement immédiat du dispositif « Diag Biodiversité », porté par Bpifrance et l’Office français de la biodiversité (OFB), afin d’aider davantage d’entreprises à évaluer leurs dépendances et impacts sur la biodiversité. Le niveau d’aide accordé aux petites et moyennes entreprises (PME) passe ainsi de 40 % à 50 % du coût du diagnostic. Le dispositif est également élargi aux entreprises de taille intermédiaire (ETI), qui pourront bénéficier d’un soutien à hauteur de 30 %.
Le ministère poursuit également le déploiement du programme « Entreprises engagées pour la nature » (EEN), porté par l’Office français de la biodiversité, qui permet aux entreprises de construire un plan de transition biodiversité robuste et proportionné à leurs enjeux et niveaux de maturité. Une version spécifiquement conçue pour les très petites entreprises (TPE) sera publiée d’ici fin 2026. D’ici la fin du mois, la version « biodiversité » de la méthode ACT de l’Ademe sera disponible et permettra d’évaluer la contribution de ces plans de transition aux objectifs nationaux et internationaux.
De nombreuses filières ont engagé des travaux collectifs, qui ont vocation à se poursuivre et à s’amplifier avec l’appui de l’OFB. Ces travaux doivent permettre de déterminer des trajectoires de réduction de l’impact des activités sur la biodiversité. Grâce au Life biodiv France, deux filières pionnières se lancent ce printemps dans l’exercice : cosmétique et agro-alimentaire.
Cet ensemble d’actions permet d’aborder 4 moments clé de la mobilisation des entreprises :
- le diagnostic des enjeux et des leviers d’action (Diag biodiversité) ;
- la formalisation d’un plan de transition et sa reconnaissance (EEN) ;
- l’évaluation du plan de transition de l’entreprise au regard des trajectoires nationales, européennes et internationales (ACT Biodiversité) ;
- l’inscription dans des démarches de filières.
Faire évoluer les modèles d’affaires grâce à la comptabilité écologique
La comptabilité de durabilité est un levier puissant pour valoriser les stratégies et investissements des entreprises engagées dans la préservation de la biodiversité, des ressources naturelles et du climat. C’est un facteur déterminant de passage à l’action.
Sous l’égide de l’Autorité des normes comptables (ANC) et dans le cadre de la Stratégie nationale biodiversité, un groupe de travail réunissant institutions publiques, entreprises, banques, investisseurs, ONG et chercheurs collabore depuis quelques mois pour intégrer la biodiversité dans les référentiels de comptabilité extra-financière. Leurs conclusions seront remises à l’automne 2026 afin de déployer des expérimentations à grande échelle dès le début de l’année 2027. Le ministère de la Transition écologique portera cette ambition au niveau européen en se faisant le porte-parole de la démarche, tout en engageant en parallèle un chantier sur la comptabilité financière. La mobilisation de tous les acteurs est requise pour réussir ce lancement dès 2027.
Accélérer le financement de la préservation de la biodiversité et de la renaturation grâce à « France Crédits Biodiversité »
Le ministre Mathieu Lefèvre a par ailleurs annoncé le lancement de « France Crédits Biodiversité », nouvelle dénomination des Sites naturels de compensation, de restauration et de renaturation (SNCRR), créés fin 2023, afin de renforcer l’attractivité de ce dispositif.
Ce dispositif vise à encourager et valoriser les opérations de restauration écologique sur l’ensemble du territoire national et à offrir un cadre robuste et lisible aux acteurs économiques souhaitant contribuer volontairement à la restauration de la biodiversité.
L’ambition est que le maillage territorial se renforce, et atteigne 30 sites « France Crédits Biodiversité » à horizon 2030, ce qui permettra de soutenir la contribution volontaire des entreprises à la restauration de la biodiversité, pour un volume attendu de 15M€.
Un écosystème d’acteurs est en émergence : il est nécessaire de poursuivre les travaux pour identifier les meilleurs leviers pour soutenir cette dynamique, afin que l’achat de crédits biodiversité devienne une action simple et valorisable pour les entreprises.
Un prochain rendez-vous national en novembre 2026
Pour poursuivre la mobilisation, le ministre réunira les acteurs économiques, scientifiques et associatifs les 3 et 4 novembre prochains à la Cité des sciences et de l’industrie, à l’occasion du Forum Biodiversité & Économie organisé par l’Office français de la biodiversité. Deux jours d’échanges et d’initiatives pour mettre en lumière les actions déjà engagées dans les filières économiques, accélérer les trajectoires biodiversité et faire émerger de nouveaux outils de transition pour les entreprises.
« La biodiversité n’est pas un sujet venu d’en haut qui s’imposerait aux acteurs : elle est au cœur d'un continuum avec les entreprises, les collectivités et les services de l'État. Il n'y a pas de transition écologique qui se fera uniquement avec des décrets ou des réglementations ; elle se construira avec le monde économique. C’est pourquoi le ministère de la Transition écologique renforce aujourd’hui ses outils d’accompagnement, en particulier pour les PME et les ETI, afin de faciliter le passage à l’action. Avec “France Crédits Biodiversité”, avec le soutien à l’innovation écologique et avec les travaux engagés sur la comptabilité environnementale, nous faisons le choix d’une écologie concrète, qui mobilise l’ensemble des acteurs économiques au service du vivant. »