Publié le 08 avril 2026

Temps de lecture : 3 minutes

ONE HEALTH SUMMIT : Santé-environnement : la France change d’échelle avec une stratégie nationale fondée sur “Une seule santé”

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Sous l’impulsion du Président de la République, la France organise à Lyon, du 5 au 7 avril 2026, le One Health Summit. Consacré à l’approche « Une seule santé », ce sommet vise à mieux prévenir les risques sanitaires en agissant à l’interface entre santé humaine, animale et environnementale. Dans un contexte d’intensification des risques et de fragmentation de l’action internationale, il réunit États, organisations internationales, scientifiques et acteurs économiques afin d’accélérer des réponses concrètes. Les travaux s’articulent autour de quatre priorités : maladies infectieuses, résistance aux antimicrobiens, systèmes alimentaires et pollutions. Dans ce cadre, la France annonce également des mesures nationales pour traduire cette approche dans ses politiques publiques.

Face à l’impact massif de l’environnement sur la santé humaine, animale et des écosystèmes, la France franchit une nouvelle étape. Le Gouvernement lancera en 2026 une stratégie nationale pour un environnement favorable aux santés, structurée, interministérielle et tournée vers l’anticipation des risques de demain.

Des progrès tangibles qui démontrent l’efficacité de l’action publique

En Europe, les facteurs environnementaux évitables sont responsables de 1,4 million de décès par an, soit au moins 15 % de la mortalité.

Face à cet enjeu, les politiques menées ces dernières années ont produit des résultats concrets.

Les plans nationaux santé-environnement ont permis de réduire significativement certaines expositions et leurs impacts :

  • diminution de 50 à 80 % des émissions industrielles de substances dangereuses
  • interdiction du perchloroéthylène dans les pressings
  • suppression du bisphénol A dans les contenants alimentaires
  • interdiction du dioxyde de titane comme additif alimentaire
  • encadrement renforcé des perturbateurs endocriniens
  • interdiction de l’octocrylène dans les produits solaires

Ces actions s’appuient également sur des avancées scientifiques structurantes, avec la participation française à des programmes européens et le développement d’outils innovants comme la plateforme PEPPER.

Les données les plus récentes confirment l’efficacité de ces politiques : les premiers résultats de l’étude EAT 3 montrent une diminution globale de plusieurs contaminants dans l’alimentation.

Des expositions persistantes qui appellent à aller plus loin

Ces progrès ne doivent toutefois pas masquer une réalité : certaines expositions demeurent largement répandues.

Les études de biosurveillance, notamment Esteban, mettent en évidence des expositions généralisées à certaines substances, comme les bisphénols, les phtalates ou certains PFAS.

Ces substances se retrouvent dans l’environnement, les écosystèmes et les organismes vivants, justifiant un renforcement de l’action publique.

Dans ce contexte, la France a déjà pris des mesures fortes, en interdisant l’usage de PFAS dans plusieurs produits dès 2026, en avance sur les travaux européens.

Une stratégie structurée pour anticiper, agir et durer

À l’issue du PNSE 4, l’État engage une nouvelle étape avec une stratégie nationale pour un environnement favorable aux santés.

Son ambition est claire : mieux anticiper, prévenir et maîtriser les risques environnementaux, en s’appuyant sur une approche globale intégrant la santé humaine, animale et celle des écosystèmes.

Cette stratégie permettra de structurer et renforcer l’action publique, en articulant les politiques existantes, en comblant les angles morts et en anticipant les risques émergents. Elle identifiera les enjeux thématiques prioritaires, notamment les perturbateurs endocriniens, les PFAS, la pollution de l’air, la qualité de l’eau ou encore les résistances aux antimicrobiens.

Sa mise en œuvre reposera sur une gouvernance interministérielle renforcée :

  • un pilotage conjoint assuré par la Direction générale de la santé et la Direction générale de la prévention des risques
  • un groupe santé-environnement (GSE) réunissant régulièrement l’ensemble des parties prenantes
  • un comité de pilotage interministériel chargé du suivi opérationnel
  • une mobilisation des territoires, notamment via les réseaux d’acteurs locaux

Un cap clair : inscrire durablement l’approche “Une seule santé”

Au-delà de cette stratégie, le Gouvernement entend inscrire durablement l’approche One Health dans les politiques publiques, en renforçant la coordination interministérielle et la mobilisation des acteurs.

La stratégie nationale sera publiée avant la fin de l’année 2026, à l’issue d’une phase de concertation.

Avec cette nouvelle étape, la France confirme une ambition : s’appuyer sur des résultats concrets pour aller plus loin et mieux protéger la santé face aux risques environnementaux.