Publié le 22 janvier 2026
Le ministère de la Transition écologique renforce son action pour la protection de la biodiversité
La nature tend à disparaître. En France, une espèce sur cinq est aujourd’hui menacée, les populations d’oiseaux ont reculé de 30 % en trente ans et celles des les poissons migrateurs de 70 % en cinquante ans.
Face à ce recul rapide de la biodiversité, le ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature intensifie son action pour répondre à l’urgence écologique, en protégeant les milieux naturels et en restaurant les écosystèmes dégradés.
Cette mobilisation s’inscrit dans une dynamique collective, avec les collectivités territoriales, les acteurs locaux et le monde associatif, indispensables à la réussite des politiques de préservation de la nature.
Une stratégie nationale de long terme
La France s’est dotée d’un cadre clair avec la Stratégie nationale biodiversité 2030, adoptée en 2023, qui fixe un objectif ambitieux : enrayer le déclin de la biodiversité d’ici 2030.
Cette stratégie est complétée par le plan « Agir pour restaurer la nature », en cours d’élaboration, qui sera transmis à la Commission européenne à l’automne 2026. Il vise à restaurer en priorité les écosystèmes dégradés, en cohérence avec les engagements européens et internationaux de la France.
Des actions concrètes annoncées aujourd’hui en Charente-Maritime pour accélérer
À l’occasion de son déplacement en Charente-Maritime, Madame Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature, a annoncé une série de mesures pour accélérer l’action sur le terrain.
- Mieux protéger les espaces naturels les plus sensibles
La France s’est engagée à placer 10 % de son territoire en zones de protection forte, conformément à ses engagements internationaux.
Après les premières labellisations annoncées en décembre pour des espaces maritimes, de nouvelles zones de protection forte seront labellisées dans les prochains mois, notamment pour des écosystèmes fluviaux, parmi les plus riches en biodiversité et les plus menacés.
Des sites sont d’ores et déjà identifiés le long de grands fleuves, comme la Loire (Val de Loire, Pointe de Courpain) ou la Seine (Seine Champenoise). D’autres projets sont à l’étude sur l’Allier et le Rhône.
Parallèlement, le ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature engage un plan national de restauration des cours d’eau, en lien avec les agences de l’eau. La priorité est notamment donnée à la suppression des obstacles artificiels et obsolètes (anciens seuils, petits barrages, ouvrages abandonnés) qui freinent aujourd’hui la circulation du vivant.
- Restaurer les milieux dégradés et laisser la nature respirer
Sur le littoral, la ministre a confirmé le déploiement des jachères dans les estrans.
Il s’agit de mettre temporairement certaines zones au repos, en suspendant certaines activités – notamment la pêche à pied – afin de permettre la régénération naturelle des écosystèmes.
Après l’expérimentation réussie de Sainte-Marie-de-Ré, deux nouveaux sites sont annoncés en Charente-Maritime, à Charron et Nieul-sur-Mer. Ces sites feront l’objet d’un suivi scientifique et pédagogique, notamment en lien avec les établissements scolaires. D’autres projets sont par ailleurs en cours d’identification.
En parallèle, la ministre a annoncé le lancement d’un travail national, piloté par l’ADEME, pour améliorer la santé des sols forestiers. Ces sols, leviers essentiels pour la biodiversité et la résilience des forêts face au changement climatique, feront l’objet de projets pilotes d’ici la fin de l’année.
- Reconnecter les milieux et permettre au vivant de circuler
Routes, voies ferrées, infrastructures hydrauliques : les milieux naturels sont aujourd’hui fortement fragmentés, ce qui empêche les espèces de se déplacer, de se reproduire et de s’adapter.
Le ministère de la Transition écologique, de la biodiversité et des négociations internationales sur le climat et la nature renforce ainsi la mise en œuvre de la trame verte et bleue, qui vise à reconnecter les grands réservoirs de biodiversité entre eux en restaurant des continuités écologiques à l’échelle des territoires.
Concrètement, cela passe par le développement de dispositifs tels que les passages à faune (par exemple des ponts ou tunnels aménagés permettant aux animaux de traverser routes et infrastructures) ainsi que par la restauration de corridors naturels entre les milieux.
Il s’agit d’un enjeu fondamental : redonner de la mobilité au vivant, dans un contexte de changement climatique.
« La nature disparaît silencieusement sous nos yeux. Face à cela, nous devons agir. C’est le sens de la Stratégie nationale biodiversité 2030 et du plan « Agir pour restaurer la nature », qui sera transmis à l’Europe à l’automne 2026. Je suis venue aujourd’hui en Charente-Maritime pour présenter des mesures concrètes afin d’accélérer : mieux protéger les espaces fluviaux et maritimes, laisser la nature respirer et reconnecter le vivant. La réussite ne pourra être que collective, en associant pleinement les collectivités territoriales et le monde associatif. Car la biodiversité ne se protège pas depuis Paris, mais avec celles et ceux qui agissent chaque jour sur le terrain. »