Publié le 02 avril 2026
Mis à jour le 03 avril 2026
Lancement de l'appel à projets pour la décarbonation du secteur maritime
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Philippe TABAROT, ministre des Transports, Catherine CHABAUD, ministre déléguée chargée de la Mer et la Pêche et Sébastien MARTIN, ministre délégué chargé de l'Industrie lancent un appel à projets pour soutenir la décarbonation du transport maritime. Alors que le secteur est engagé dans la réduction de ses émissions de gaz à effet de serre et que la crise actuelle sur les prix du carburant révèle une fois de plus la vulnérabilité structurelle de notre économie face à la volatilité du marché des énergies fossiles et la nécessité de souveraineté énergétique, cet appel à projets, concrétisation de l’engagement du comité interministériel de la mer du 22 mai 2025, s'inscrit dans la réponse de long terme du Gouvernement pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles et accélérer la transition vers des solutions de propulsion durables.
La décarbonation du transport maritime : un défi crucial pour atteindre nos engagements climatiques
Le secteur du transport maritime représente aujourd’hui près de 3 % des émissions de gaz à effet de serre (GES) en Europe, dont 85 % proviennent du transport de marchandises. Or, à mesure que les autres secteurs accélèrent leur transition, cette part pourrait croître significativement dans les années à venir.
La crise actuelle de l’énergie rappelle avec acuité l'urgence d'agir : la dépendance du secteur maritime aux combustibles fossiles n'est pas seulement un problème climatique, c'est une fragilité économique majeure pour les armateurs, les ports et l'ensemble de la chaîne logistique. Réduire cette dépendance, c'est donc à la fois répondre à l'urgence du moment et préparer un secteur maritime plus résilient pour l'avenir.
Face à cet enjeu, la France s'inscrit pleinement dans le cadre de la stratégie de l'Organisation maritime internationale (OMI), adoptée en juillet 2023, qui engage les États membres sur la voie de la neutralité carbone nette d'ici 2050, avec un cap intermédiaire exigeant une réduction d'au moins 20 % des émissions dès 2030.
Depuis 2024, dans le cadre du marché carbone européen, les entreprises de transport maritime sont tenues d’acheter des quotas d'émission pour chaque tonne de gaz à effet de serre rejetée, incitant les armateurs à engager des investissements importants pour la décarbonation de leurs activités.
Ces efforts des armateurs se concentrent sur la modernisation de leur flotte actuelle et son renouvellement, notamment par l’acquisition de navires neufs équipés de technologies bas carbone. De leur côté, les chantiers navals et les équipementiers sont pleinement mobilisés pour concevoir ces solutions technologiques innovantes, indispensables à la décarbonation du secteur. Enfin, les ports complètent cette dynamique en jouant un rôle indispensable pour développer des infrastructures de recharge et d’avitaillement adaptées aux nouveaux besoins des armateurs.
Un appel à projets doté de 62,2 millions d'euros pour accélérer la sortie des énergies fossiles
Pour accompagner ces investissements, l’Etat lance l’appel à projets (AAP) « Aides à l’investissement pour la décarbonation du transport et des services maritimes », qui s’inscrit dans une dynamique économique d’incitation et d’amplification destinée aux acteurs du secteur. Cet appel à projets est ouvert à partir du 2 avril 2026.
Le dispositif est opéré par l’ADEME, sous pilotage de l’Etat. Il vise à soutenir les projets stratégiques dans trois domaines principaux :
- la décarbonation directe des navires, à travers l’acquisition et le déploiement d’équipements et solutions embarquées innovantes destinées à améliorer l’efficacité énergétique des navires actuels, et l’acquisition de navires neufs propres, à émission nulle ou plus performants sur le plan énergétique ;
- les investissements industriels pour la décarbonation des navires, à travers le renforcement des capacités de production européennes (création ou extension d’usines et de chantiers navals et de nouvelles lignes de production d’équipements ou de systèmes destinés à cette décarbonation, et/ou développement de navires bas carbone) ;
- les investissements dans les infrastructures portuaires contribuant à cette décarbonation, à travers le déploiement d’infrastructures et d’équipements portuaires de ravitaillement de navires en carburants alternatifs ou en alimentation électrique.
Les bénéficiaires potentiels incluent les propriétaires de navire, les armateurs, les affréteurs, les chantiers navals, les équipementiers, les ports maritimes, les exploitants de terminal, les souteurs et les distributeurs de carburant alternatif.
Cet appel à projets permettra de soutenir la base productive et technologique française et européenne, grâce à un critère de résilience intégré dans l’évaluation des projets.
En pratique
Les projets seront sélectionnés selon une grille de notation prenant en compte plusieurs critères :
- l’efficacité environnementale,
- l’efficacité des aides publiques en matière de décarbonation,
- la qualité technico-économique du projet,
- ainsi que sa contribution à la résilience et à la compétitivité industrielle européenne.
Les candidats pourront solliciter l’ADEME pour organiser une réunion de pré-dépôt, afin d’éclairer leur compréhension du dispositif.
« La crise actuelle des carburants nous rappelle chaque jour le coût de notre dépendance aux énergies fossiles. Pour nos marins, nos armateurs et nos ports, la transition énergétique n'est pas une contrainte abstraite : c'est une nécessité économique et une condition de leur compétitivité future. A travers cet appel à projets, concrétisation de l’engagement du CIMER2025, l’Etat accompagne la filière dans cette direction. L’affectation d’une partie des recettes issues du marché carbone au bénéfice du secteur maritime était attendue par les professionnels : c’est chose faite. Une part de ces ressources finance désormais directement la transformation du secteur et prépare son avenir. »
« La filière des industries de la mer et le transport maritime sont au cœur de la puissance maritime de la France, ils en sont l'un des piliers les plus solides. Avec cet appel à projets nous leur donnons les moyens concrets d'anticiper, d'innover et de prendre une longueur d'avance dans la course mondiale à la décarbonation maritime. Cet appel à projets matérialise un principe simple : que les revenus issus du marché du carbone, c’est-à-dire issus des « droits à polluer » des entreprises, financent la décarbonation du transport maritime. La mer est notre avenir et nous avons le devoir de la préserver. »
« La décarbonation du maritime est une opportunité industrielle pour la France et pour l’Europe, et une nécessité face à la concurrence internationale. Cet appel à projets permet de soutenir des projets à fort impact environnemental sur toute la chaine de l’industrie maritime, des chantiers navals aux ports, des équipements aux navires, avec des retombées directes sur l’emploi industriel. »