Publié le 23 décembre 2025

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Lancement d’un appel à manifestation d’intérêt pour la modernisation du phare du Créac’h

Situé sur l’île d’Ouessant, le phare du Créac’h se distingue par une optique monumentale, la plus grande de France, dont la rotation repose sur un bain de mercure. S’il a longtemps fait sa singularité, ce dispositif présente aujourd’hui des risques sanitaires et environnementaux. Le retrait du mercure constitue ainsi une opportunité de concevoir une solution innovante, conciliant sécurité, protection de l’environnement et préservation de l’identité patrimoniale du phare.

Un besoin de modernisation des phares au regard des enjeux environnementaux et sanitaires

 

Historiquement, le mercure a été largement utilisé dans les phares afin d’assurer la rotation fluide des optiques diffusant la lumière essentielle pour la navigation maritime de nuit, à une époque où les risques sanitaires et environnementaux liés à cette substance n’étaient pas encore pleinement identifiés.

Aujourd’hui, le mercure est reconnu comme une substance cancérogène, mutagène et reprotoxique (CMR) et dangereuse pour l’environnement. En conséquence, son utilisation est progressivement arrêtée à l’échelle internationale, européenne et nationale. Dans ce contexte, l’État a décidé de retirer le mercure de l’ensemble des phares maritimes en France d’ici 2030.

Si des solutions techniques existent désormais pour assurer la rotation d’optiques de petite taille sans mercure, aucune technologie éprouvée n’est à ce jour disponible en France pour assurer la rotation des optiques de grandes dimensions, telles que celle du phare du Créac’h. Cette situation appelle à une mobilisation collective afin d’identifier et de développer des solutions innovantes conciliant sécurité maritime, exigences sanitaires et préservation du patrimoine.

Le Créac’h : un phare majeur qui nécessite une attention particulière et une solution adaptée

Phare emblématique du patrimoine maritime français, le Créac’h occupe une place particulière en France. Construit en 1863, il est aujourd’hui équipé d’une double optique installée en 1937. L’édifice est par ailleurs classé monument historique depuis 2011. Bien que non classé, le signal lumineux est également un élément remarquable de ce phare.

L’optique, d’un poids de 17 tonnes, repose sur un bain de 85 litres de mercure, soit un volume trois fois supérieur à celui de la deuxième plus grande cuve en France. Cette caractéristique exceptionnelle justifie le classement du phare au titre des installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et est, à ce titre, prioritaire dans la politique d’élimination du mercure dans les phares. Cette action concertée permettra de protéger la santé des agents, de limiter les risques pour l’environnement, tout en maintenant la sécurité de la navigation et en respectant l’attachement à sa signature lumineuse.

La concertation locale a permis d’aboutir à un appel à manifestation d’intérêts

 

L’attachement profond des marins, des Ouessantins et de tous ceux qui sont sensibles à l’histoire et à la signature lumineuse de ce phare emblématique a conduit à la mise en place d’un dialogue approfondi avec l’ensemble des parties prenantes.

Ces échanges ont notamment pris la forme, tout au long de l’année 2025, de comités de pilotage (COPIL) associant société civile, élus et Etat. Ces réunions ont permis de définir les objectifs d’un appel à manifestation d’intérêt (AMI) dédié.

Une opportunité pour mettre en lumière le savoir-faire français, héritier de l’œuvre d’Augustin Fresnel

 

Le lancement de cet appel à manifestation d’intérêt (AMI) vise à faire émerger un projet innovant, capable de concilier sécurité maritime, santé des travailleurs, protection de l’environnement et conservation de l’identité du phare.

Des objectifs ont été définis, parmi lesquels la sécurité maritime mais aussi la préservation des huit faisceaux et du bâti, ainsi que la conservation des éléments historiques du phare. Enfin, l’ensemble de ces objectifs doit s’inscrire dans un cadre d’exigences techniques permettant de garantir le respect des obligations liées à la sécurité maritime et au patrimoine mais aussi la crédibilité et la pérennité de la solution qui sera retenue.

La phase de candidatures à cet AMI est ouverte jusqu’au 22 mars 2026. Toutes les informations sont disponibles sur le site https://www.dirm.nord-atlantique-manche-ouest.developpement-durable.gouv.fr/ami-modernisation-du-phare-du-creac-h-a1699.html