Publié le 24 août 2026
France 2030 : l’État soutient six nouveaux projets pour accélérer le développement de navires bas-carbone en France
À l'occasion de la seconde relève de l'appel à projets « CORIMER Navire Bas-Carbone », Philippe Tabarot, ministre des Transports, Catherine Chabaud, ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche, et Sébastien Martin, ministre délégué chargé de l'Industrie, avec Bruno Bonnell, secrétaire général pour l'investissement en charge de France 2030, annoncent six nouveaux lauréats pour un montant total de 21,4 millions d'euros.
Ces projets confirment l'ambition de l'État d'accélérer l'émergence de solutions industrielles françaises capables de décarboner durablement le transport maritime, tout en renforçant la compétitivité de la filière navale nationale. L'appel à projets « CORIMER Navire Bas-Carbone », lancé en janvier 2025, a pour objectif de soutenir les solutions d'innovation permettant de réduire rapidement et durablement les émissions du transport maritime. Il est porté par le Conseil d'Orientation pour la Recherche et l'Innovation des Industriels de la Mer (CORIMER) et piloté par le Secrétariat général pour l'investissement (SGPI). Ce dispositif s'inscrit pleinement dans l'ambition de France 2030 : transformer durablement des secteurs clés de notre économie par l'innovation technologique, faire de la décarbonation un levier de souveraineté industrielle, et positionner la France parmi les champions européens des technologies maritimes bas-carbone. Un engagement fort de l'État pour faire émerger des solutions souveraines de décarbonation du transport maritime
Avec cet appel à projets, l'État poursuit son soutien déterminé à la transition écologique du transport maritime, en cohérence avec les objectifs nationaux et européens de relever le défi de la neutralité carbone. Au-delà de l'enjeu environnemental, ce dispositif porte une ambition industrielle claire :
1/ Soutenir le développement, la première industrialisation et le déploiement de technologies bas-carbone conçues et produites en France ;
2/ Renforcer la compétitivité des industriels français sur un marché mondial en forte croissance ;
3/ Structurer une chaîne de valeur maritime innovante ;
4/ Renforcer la souveraineté technologique française sur ces solutions d'avenir et équipements stratégiques.
Il contribue ainsi pleinement à la réindustrialisation verte du pays en favorisant l'émergence de nouvelles technologies, le développement de premières capacités industrielles sur le territoire national et la création d'emplois qualifiés au sein de la filière.
Une seconde relève qui confirme la dynamique de la filière
Opérée pour le compte de l'État par l'Agence de la transition écologique (ADEME), cette seconde relève de l'appel à projets a suscité une mobilisation large : 17 dossiers ont été déposés, conduisant à la sélection de 6 projets lauréats. Cette progression témoigne du dynamisme de la filière maritime française et de sa capacité à proposer des solutions innovantes couvrant plusieurs grands leviers de la décarbonation maritime : propulsion vélique, chaînes multi-énergie, réduction de la consommation par le traitement du biofouling, développement d'un moteur maritime gazeux innovant et électrification des activités portuaires côtières.
Cette seconde relève fait suite à une première relève, qui avait permis de soutenir trois projets pour un montant total de 6,8 millions d'euros. Depuis le lancement de l'appel à projets « CORIMER Navire Bas-Carbone », ce sont désormais neuf projets qui bénéficient du soutien de France 2030, pour un montant cumulé de 28,2 millions d'euros, en faveur de l’émergence de solutions innovantes et souveraines de décarbonation pour le maritime.
« Avec ces six nouveaux lauréats, l'État confirme sa volonté d'agir concrètement pour transformer en profondeur le transport maritime. De la propulsion vélique à la motorisation biométhane, en passant par l'électrification des activités portuaires, ces projets illustrent l'excellence et la diversité de l'innovation française, et notre capacité à faire des navires français l'avant-garde de la décarbonation du transport maritime mondial. Une dynamique qui fait écho au succès de l’appel à projets pour la décarbonation du transport et des services maritimes, financé par le fléchage des recettes du marché carbone européen (ETS maritime), lancé le 2 avril dernier et qui s’est clôturé le 6 juillet avec 92 candidatures reçues. »
« Ces 6 nouveaux projets confirment la dynamique collective engagée par le secteur, industriels, chercheurs, armateurs et territoires, en faveur de la décarbonation du transport maritime et accompagnée par l’Etat à travers cet appel à projets « Navires Bas- Carbone » et l’appel à projet pour la décarbonation du transport maritime, financé par les recettes du marché carbone européen. Les solutions développées pour la marine marchande pourront demain bénéficier à la pêche, à la plaisance, et même à la marine nationale, créant ainsi un cercle vertueux d’innovation partagée. En mutualisant nos savoir-faire et en accélérant le déploiement de ces technologies, nous renforçons non seulement notre souveraineté industrielle, mais aussi notre leadership dans le maritime bas-carbone. »
« Avec ce dispositif, nous faisons de la décarbonation du maritime un projet industriel stratégique. La mobilisation croissante des porteurs de projets, avec 17 dossiers déposés lors de cette seconde relève, confirme que nous structurons durablement une filière maritime innovante, créatrice d'emplois et de souveraineté industrielle. »
« Je me réjouis de cette annonce, qui confirme l’engagement durable de l’État et de la filière en faveur de la décarbonation maritime. Ces projets illustrent le dynamisme de notre écosystème d’innovation sur différents leviers de décarbonation et notre capacité à développer en France les solutions maritimes de demain. Nous devons désormais poursuivre notre engagement collectif pour le soutien à la R&D et à l’innovation maritime au service de notre souveraineté, de notre compétitivité et de la réindustrialisation. »
Le plan d'investissement France 2030 :
✓ Traduit une double ambition : transformer durablement des secteurs clefs de notre économie (santé, énergie, automobile, aéronautique ou encore espace) par l'innovation technologique, et positionner la France non pas seulement en acteur, mais bien en leader du monde de demain. De la recherche fondamentale, à l'émergence d'une idée jusqu'à la production d'un produit ou service nouveau, France 2030 soutient tout le cycle de vie de l'innovation jusqu'à son industrialisation.
✓ Est inédit par son ampleur et ses objectifs ambitieux : 54 Md€ seront investis pour que nos entreprises, nos universités, nos organismes de recherche, réussissent pleinement leurs transitions dans ces filières stratégiques. L'enjeu : leur permettre de répondre de manière compétitive aux défis écologiques et d'attractivité du monde qui vient, et faire émerger les futurs leaders de nos filières d'excellence. France 2030 est défini par deux objectifs transversaux consistant à consacrer 50% de ses dépenses à la décarbonation de l'économie, et 50% à des acteurs émergents, porteurs d'innovation, et par un principe d'exclusion systématique des projets qui seraient défavorables à l'environnement (au sens du principe Do No Significant Harm).
✓ Sera mis en œuvre collectivement : pensé et déployé en concertation avec les acteurs économiques, académiques, locaux et européens pour en déterminer les orientations stratégiques et les actions phares. Les porteurs de projets sont invités à déposer leur dossier via des procédures ouvertes, exigeantes et sélectives pour bénéficier de l'accompagnement de l'État.
✓ Est piloté par le Secrétariat général pour l'investissement pour le compte du Premier ministre et mis en œuvre par l'Agence de la transition écologique (ADEME), l'Agence nationale de la recherche (ANR), Bpifrance et la Banque des Territoires.
Plus d'informations sur : https://www.gouvernement.fr/france-2030 | @SGPI_avenir
À propos du CORIMER
Le CORIMER (Conseil d'Orientation pour la Recherche et l'Innovation de la filière des industriels de la MER) est une instance de dialogue et de co-construction stratégique pour soutenir l'innovation de l'économie maritime. Il vise à unifier et à optimiser le pilotage du soutien public à l'innovation dans le domaine maritime et à mieux cibler tant les dispositifs d'aides publiques que les projets industriels structurants à fort potentiel de compétitivité pour la filière. Ses missions s'articulent ainsi autour de deux grands axes : la construction et l'orientation de la stratégie d'innovation et de R&D pour la Filière et l'identification, l'accompagnement et le suivi de projets d'innovation et de R&D à fort potentiel.
France 2030 mobilise 54 milliards d'euros en faveur des technologies d'avenir. Ce plan national vise à faire émerger des ruptures technologiques, à accélérer l'industrialisation des innovations et à renforcer la souveraineté française dans des secteurs stratégiques, dont celui des navires bas-carbone.
ANNEXE – Présentation de six nouveaux projets
PROJET GDS 3 PORTÉ PAR GRAIN DE SAIL SHIPPING, EN PARTENARIAT AVEC LES CHANTIERS DE L'ATLANTIQUE
Implanté en Bretagne, ce projet porte sur la conception, la construction et l'exploitation d'un démonstrateur de navire porte-conteneurs à propulsion vélique principale, affichant une empreinte carbone minimale en navigation.
En s'appuyant sur l'expertise des Chantiers de l'Atlantique, GDS 3 contribue à l'émergence d'une filière industrielle française de la propulsion vélique de fret, capable de produire des navires de charge bas-carbone compétitifs et exportables.
PROJET EO3 PORTÉ PAR ENERGY OBSERVER, EN PARTENARIAT AVEC EO CONCEPT
Ce projet breton consiste à développer, construire et exploiter un navire laboratoire destiné à démontrer la faisabilité technique et opérationnelle d'une chaîne multi-énergie intégrée, combinant plusieurs sources d'énergie bas carbone à bord d'un même navire, et notamment à l’ammoniac.
En prolongeant l'expérience acquise par Energy Observer depuis plusieurs années, EO3 permet de tester en conditions réelles de nouvelles briques technologiques appelées à équiper la prochaine génération de navires bas-carbone.
PROJET SEARENITY PORTÉ PAR SUBSEA TECH, EN PARTENARIAT AVEC NAVAL GROUP, L'ÉCOLE NATIONALE SUPÉRIEURE DE TECHNIQUES AVANCÉES, L'UNIVERSITÉ DE BRETAGNE SUD ET CMA CGM
Basé en Pays de la Loire, ce projet vise le développement d'un drone sous-marin entièrement autonome et modulaire, capable d'assurer un nettoyage précoce et fréquent du biofouling - ces salissures marines qui alourdissent la traînée des coques et augmentent la consommation de carburant des navires.
En associant un grand armateur, un industriel de la défense et deux établissements d'enseignement supérieur, Searenity illustre la capacité de la filière à construire des solutions d'efficacité énergétique directement opérationnelles, à fort potentiel de déploiement sur l'ensemble de la flotte mondiale.
PROJET CORSICA FAVORITE 2025 PORTÉ PAR SAILCOOP
Implanté en Nouvelle-Aquitaine, ce projet porte sur la conception, la construction et l'exploitation d'un navire à passagers zéro énergie fossile, destiné à assurer des traversées entre le continent et la Corse en réduisant d'au moins 80 % les émissions de CO2 par passager.
Porté par une société coopérative, Corsica Favorite 2025 démontre qu'une offre de transport de passagers bas-carbone peut être développée sur des liaisons structurantes pour la continuité territoriale, ouvrant la voie à une décarbonation du transport de passagers vers la Corse.
PROJET VECTRA PORTÉ PAR LE SYNDICAT PROFESSIONNEL DES PILOTES DES PORTS DE MARSEILLE ET DU GOLFE DE FOS, EN PARTENARIAT AVEC MAURIC ET ALTERNATIVES ÉNERGIES
Ce projet, conduit en Provence-Alpes-Côte d'Azur, permet le développement d'une Vedette Électrique de Travail RApide, déclinée en série, pour la décarbonation des activités en mer réalisées en zone côtière, notamment le pilotage des navires à l'entrée des grands ports.
En associant les pilotes maritimes eux-mêmes à la conception de leurs futurs outils de travail, Vectra ouvre la voie à l'électrification d'une flotte de service essentielle au fonctionnement quotidien des grands ports français.
PROJET BIOMOGAS PORTÉ PAR SAPAIC INDUSTRIES, EN PARTENARIAT AVEC FEV
Implanté en Auvergne-Rhône-Alpes, ce projet vise le développement d'un moteur gazeux V12 de 1 000 kW fonctionnant au biométhane, pour répondre aux objectifs de décarbonation du transport maritime.
En proposant une motorisation lourde dédiée au biométhane, Biomogas ouvre une voie complémentaire à l'électrification et aux carburants de synthèse, en valorisant une ressource renouvelable disponible sur le territoire national. Ce financement va permettre de réaliser les tests sur le moteur, et d’en développer la carte électronique.