Publié le 07 septembre 2026
Mis à jour le 08 septembre 2026
Avec une approche fondée sur la science, le Gouvernement inscrit le grand tétras et le lagopède alpin sur la liste des espèces protégées
Espèce emblématique des forêts de montagne, le grand tétras connaît depuis plusieurs décennies un déclin important de ses populations en France. Dans les Vosges, où l’espèce a connu une diminution particulièrement marquée, sa population a aujourd’hui pratiquement disparu. Ce déclin s’explique par la combinaison de plusieurs facteurs, parmi lesquels la dégradation et la fragmentation des habitats favorables à l’espèce, les perturbations de son environnement et les effets du changement climatique. Dans l’est de la France, la chasse a d’ailleurs cessé depuis des décennies.
Le lagopède alpin, qui fréquente les milieux d’altitude au-dessus de la limite des arbres, est lui aussi confronté à un déclin de ses populations, notamment sous l’effet du changement climatique qui fragilise progressivement ses habitats.
Face au déclin de ces deux espèces et sur la base des connaissances scientifiques disponibles, le Gouvernement renforce aujourd’hui le statut de protection du grand tétras et du lagopède alpin en les inscrivant sur la liste des espèces protégées.
Un changement d’approche dans les Vosges
Dans le massif des Vosges, un programme scientifique et expérimental de renforcement de la population de grand tétras a été engagé en 2024, avec la translocation d’individus issus de populations sauvages de Norvège. Trois opérations ont été conduites en 2024, 2025 et 2026, afin d’évaluer la capacité des individus introduits à se maintenir dans le massif et à contribuer à la reconstitution de la population.
Au regard de la mortalité de la quasi-totalité des individus réintroduits et de l’incertitude sur les résultats de cette expérience, aucune nouvelle opération de réintroduction ne sera réalisée. Les populations réintroduites continueront évidement de faire l’objet d’un suivi jusqu’à l’achèvement du programme en 2029.
Protéger l’espèce et restaurer ses habitats
L’inscription du grand tétras et du lagopède alpin sur la liste des espèces protégées permet de renforcer le cadre réglementaire applicable à l’espèce et de mieux prendre en compte sa conservation dans la gestion des territoires et des habitats.
Cette protection s’inscrit dans une approche globale de conservation fondée notamment sur l’amélioration des connaissances, le suivi des populations et la préservation et la restauration des habitats favorables à l’espèce. Elle vient ainsi compléter les mesures déjà engagées pour enrayer son déclin.
La protection du grand tétras et du lagopède alpin constitue une nouvelle étape dans l’action menée pour préserver cette espèce emblématique et les écosystèmes montagnards dont elle dépend. Elle s’inscrit pleinement dans les objectifs de la Stratégie nationale pour la biodiversité 2030, qui vise à enrayer l’érosion de la biodiversité et à restaurer les écosystèmes dégradés.
« Le grand tétras et le lagopède lapin sont des espèces emblématiques de nos forêts de montagne, aujourd’hui confrontées à un déclin préoccupant. Renforcer leur protection est une décision nécessaire au regard de son état de conservation. Nous devons tirer les enseignements des actions engagées et concentrer désormais nos efforts sur ce qui est indispensable à leur maintien : mieux connaître l’espèce, protéger les populations qui subsistent et préserver et restaurer les habitats dont elle dépend. » a déclaré Monique Barbut, ministre de la Transition écologique, de la Biodiversité et des Négociations internationales sur le climat et la nature.