Publié le 04 mars 2026

Temps de lecture : 6 minutes

Mouvements de terrain

  • Risques naturels terrestres

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Les mouvements de terrain (glissements de terrain, écroulements et chutes de blocs, coulées boueuses, effondrements de cavité) regroupent un ensemble de déplacements du sol ou du sous-sol.

Définition et typologies de mouvements de terrain

Les mouvements de terrain regroupent un ensemble de déplacements, plus ou moins brutaux, du sol ou du sous-sol, d’origine naturelle ou anthropique. Les volumes en jeux peuvent aller de quelques mètres cubes à plusieurs millions de mètres cubes. La gamme de vitesses de déplacements est très variable : les déplacements peuvent être lents (quelques millimètres par an) à très rapides (quelques centaines de mètres par jour). Généralement, les grands mouvements de terrain (mobilisant un volume important) sont peu rapides et par conséquent les victimes peu nombreuses. En revanche, ces phénomènes sont souvent très destructeurs, car les aménagements humains y sont très sensibles et les dommages aux biens sont considérables et souvent irréversibles. Les bâtiments, s’ils peuvent résister à de petits déplacements, subissent une fissuration intense en cas de déplacement de quelques centimètres seulement. Les désordres peuvent rapidement être tels que la sécurité des occupants ne peut plus être garantie et que la délocalisation et la démolition restent les seules solutions. Annuellement, ils provoquent en moyenne la mort de 800 à 1 000 personnes dans le monde et occasionnent des préjudices économiques et des dommages très importants.

Les différentes typologies de mouvements de terrain

  • Les glissements de terrain se produisent généralement en situation de forte saturation des sols en eau. Ils peuvent mobiliser des volumes considérables de terrain, qui se déplacent le long d’une surface de rupture.
  • Les effondrements de cavités souterraines : l’évolution des cavités souterraines naturelles (dissolution des roches du sous-sol) ou anthropiques (carrières et ouvrages souterrains) peut entraîner l’effondrement du toit de la cavité et provoquer en surface une dépression généralement de forme circulaire.
  • Les tassements et les affaissements : certains sols compressibles peuvent se tasser sous l’effet de surcharges (constructions, remblais) ou en cas d’assèchement (drainage, pompage).
  • Les écroulements et les chutes de blocs : l’évolution des falaises et des versants rocheux engendre des chutes de pierres (volume inférieur à 1 dm3), des chutes de blocs (volume supérieur à 1 dm3), des éboulements (volume supérieur à 100 m3) ou des écroulements en masse (volume pouvant atteindre plusieurs millions de m3).
  • Les coulées boueuses sont caractérisées par un transport de matériaux sous forme plus ou moins fluide. Elles se produisent sur des pentes, par dégénérescence de certains glissements avec afflux d’eau.
  • Les laves torrentielles, phénomènes se produisant dans les lits des torrents au moment des crues, sont caractérisées par une concentration en matériau solide très élevée ressemblant plus à l’écoulement d’une pâte que d’un liquide à proprement parler.

La prévention du risque mouvements de terrain

L’État met en œuvre une politique de prévention des risques liés aux mouvements de terrain. La protection des populations et la gestion des terrains exposés à ces risques constituent l’une des préoccupations fortes des services de l’État dans les politiques de prévention relatives aux risques naturels majeurs.

Les méthodes et stratégies de prévention sont à adapter aux différents types de mouvements de terrain.

Prévention et maîtrise de l'urbanisation

La maîtrise de l’urbanisation s’exprime au travers des plans de prévention des risques naturels (PPRN), prescrits et élaborés par l’État. Dans les zones exposées au risque de mouvements de terrain, le PPRN peut prescrire ou recommander des dispositions constructives, telles que l’adaptation des projets et de leurs fondations au contexte géologique local, des dispositions d’urbanisme, la réalisation d’études géotechniques et la maîtrise des rejets d’eaux pluviales et usées. Dans certains cas, l’inconstructibilité est la seule solution.

Stratégie de protection visant à réduire la vulnérabilité des territoires

Dès qu’un phénomène de mouvement de terrain est identifié, il est nécessaire de déterminer les caractéristiques et l’ampleur du mouvement de terrain ainsi que la stratégie de protection à mettre en œuvre : en agissant sur l’aléa à la source pour supprimer ou réduire la probabilité d’occurrence du phénomène, ou en agissant directement sur les enjeux (habitations, activités…) pour réduire leur vulnérabilité.

Le fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM), dit « fonds Barnier », permet de soutenir des mesures de prévention ou de protection des personnes et des biens exposés aux risques naturels majeurs.

Afin d’alerter et d’évacuer les enjeux qui ne sont pas déplaçables, une surveillance peut également être mise en place. Elle consiste à recueillir périodiquement et souvent de manière automatisée des données qualitatives et quantitatives caractérisant l’état d’un site et son évolution.

L’information du citoyen

La culture du risque est essentielle. Chaque citoyen doit prendre conscience de sa propre vulnérabilité face aux risques et pouvoir l’évaluer pour la minimiser. Pour cela, il est primordial de se tenir informé sur la nature des risques qui nous menacent, ainsi que sur les consignes de comportement à adopter en cas d’événement (informations en mairie, ou mises à disposition par les services de l’État dans le département).

Depuis 1994, le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) inventorie tous les mouvements de terrain dans l’Hexagone, en Corse et dans les départements des Antilles, de la Guyane et de La Réunion. La base de données sur les mouvements de terrain (BDMvt) recense et géolocalise de façon homogène, l'ensemble des informations disponibles en France, sur des situations récentes et sur des événements passés. 

La surveillance

Lorsque les mouvements de terrain déclarés présentent un risque important pour la population, des mesures de surveillance sont souvent mises en œuvre. Ces mesures permettent de contrôler l’évolution du phénomène et son éventuelle aggravation. Le déclenchement d’un mouvement de terrain, qui peut avoir des conséquences catastrophiques, est en général précédé d’une période d’accélération des déplacements, détectable sur les mesures. Néanmoins, l’interprétation des signes précurseurs sur la stabilité générale du site surveillé nécessite l’intervention d’experts confirmés et il n’est pas toujours possible d’évacuer préventivement les populations.

L’indemnisation

Les préjudices occasionnés par les mouvements de terrain sont couverts au titre de la garantie catastrophes naturelles des contrats d’assurance dommages aux biens. Le processus d’indemnisation peut être engagé si un arrêté interministériel de déclaration de l’état de catastrophe naturelle est paru au Journal officiel pour la commune concernée.
Le fonds de prévention des risques naturels majeurs peut venir en appui pour l’expropriation ou l’acquisition amiable de biens exposés à un risque majeur.

Programme d’actions pour la prévention des risques liés aux cavités (Paprica)

L’appel à projets « Programme d’actions de prévention des risques cavités » (PAPRICA) propose une démarche globale et proactive, portée par les collectivités ou leurs groupements, pour engager une politique de prévention des risques proportionnée à l’échelle d’un territoire exposé. Il est ouvert à toute commune ou communauté de communes ayant une partie de son territoire exposée aux mouvements de terrains liés à la présence de vides souterrains naturels ou anthropiques (hors concessions minières ou cavités relevant du régime des installations classées).

Ce dispositif, inspiré du programme d’actions de prévention des inondations (PAPI), est un moyen pour les collectivités de s’investir durablement dans la prévention du risque lié aux cavités en étant porteuses du programme de prévention tout en bénéficiant d’un appui de la part de l’État, grâce au fonds de prévention des risques naturels majeurs (FPRNM).

Le cahier des charges du dispositif a été établi par la direction générale de la prévention des risques (DGPR) et l’institut national de l’environnement industriel et des risques (Ineris). 

Ressources documentaires autour des mouvements de terrain