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Publié le 16 avril 2026

Temps de lecture : 4 minutes

Comprendre le rôle du dispositif AdBlue

  • Véhicules

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Le dispositif AdBlue joue un rôle fondamental dans l’amélioration de la qualité de l’air sur l’ensemble du territoire. Il permet de réduire les émissions d’oxyde d’azote (NOx) en sortie des pots d’échappement des véhicules lourds thermiques. Ce système qui utilise l'additif liquide « AdBlue » permet ainsi de limiter les émissions polluantes des camions et de respecter les normes européennes anti-pollution en vigueur.

L’AdBlue, une solution clé anti-pollution

Des normes ont été imposées aux véhicules en matière d’émissions et de dispositif anti-pollution. La norme Euro a été mise en place par l’Union européenne en 1988 pour les véhicules lourds (normes Euro 0 à VI), afin de limiter les émissions de polluants liées aux transports routiers.

Pour les véhicules lourds de normes Euro IV, Euro V et Euro VI, les exigences en matière d'émissions polluantes, en particulier en matière d'oxyde d'azote (NOx), ont conduit les constructeurs à utiliser un système de traitement par réduction catalytique sélective (ou Selective Catalytic Reduction - SCR en anglais). On trouve donc désormais cet équipement sur la quasi-totalité du parc roulant de véhicules lourds thermiques.

Le système SCR repose sur l'utilisation d'un additif de nom commercial « AdBlue » (mélange de 67,5 % d’eau déminéralisée et de 32,5 % d’urée) injecté dans le système de traitement des gaz d'échappement, et permet de transformer 85 % de l’oxyde d’azote (NOx) en vapeur d’eau et azote inoffensif. Cet additif est transporté dans un réservoir spécifique du véhicule qui doit être régulièrement réapprovisionné (3 à 5 litres d'AdBlue consommés pour 100 litres de gazole consommés).

Pourquoi réduire les émissions d’oxyde d’azote ?

La qualité de l’air est un enjeu important pour la santé et l’environnement. 

L’oxyde d’azote fait partie des polluants dangereux pour la santé, il est responsable, avec les particules fines, de 40 000 décès prématurés chaque année en France.

Le secteur des transports est un émetteur important d’oxyde d’azote. Le transport routier en est le principal émetteur (à hauteur de 50 %), dont 98 % des émissions sont imputables aux véhicules diesel.

Peut-on rouler sans AdBlue ?

Non, les normes Euro imposent aussi l'installation d'un système de diagnostic embarqué (On Board Diagnostic ou OBD) qui adapte le dosage d'AdBlue et vérifie en continu l'efficacité du système de traitement.

En cas de défaillance du système (notamment lorsque le réservoir d'AdBlue est vide), le conducteur va d'abord être informé de la défaillance par une indication au tableau de bord puis, après un certain temps d'alerte, le système OBD va opérer une nette réduction du couple du moteur du véhicule générant une forte gêne à l'usage (capacité d’accélération et de démarrage limitée).
En complément, uniquement pour les véhicules Euro VI, après la phase de réduction du couple et sans résolution de la défaillance, la vitesse du véhicule va être fortement limitée (20 à 30 km/h).

Fraude au dispositif AdBlue : quels sont les risques ?

Un véhicule Euro VI équipé d’un dispositif de fraude qui neutralise le système AdBlue redevient aussi polluant qu’un véhicule Euro I commercialisé dans les années 1990 pour ce qui concerne l’oxyde d’azote (20 fois plus d’émissions environ).

Pour lutter contre la fraude, les contrôleurs des transports terrestres sont dorénavant dotés d’une mallette de diagnostic. Cette dotation s’accompagne d’une formation spécifique pour utiliser ce dispositif. La mallette de diagnostic est connectée à la prise « diagnostic OBD » des véhicules (située à proximité du tableau de bord) pour lire les informations et défauts enregistrés par l'électronique des véhicules.

Lorsqu'une fraude est suspectée sur un véhicule, celui-ci est envoyé dans un garage pour des investigations approfondies (démontage et recherche du dispositif de fraude).

La fraude est réprimée par l’article L318-3 du Code de la route qui prévoit en particulier une amende délictuelle d’un montant de 7 500 euros.

Outre la sanction pénale, l’agent de contrôle immobilise le véhicule jusqu’à sa remise en conformité, en général par un concessionnaire de la marque du véhicule. Le coût de cette remise en conformité peut atteindre des montants importants suivant la durée d’inactivité du dispositif AdBlue et les dommages causés aux circuits du véhicule. Ces réparations peuvent conduire également au remplacement de boîtiers électroniques du véhicule.

Les gains issus de la fraude pour les entreprises en infraction sont largement inférieurs aux conséquences économiques en cas d’immobilisation et de remise en conformité d’un véhicule.

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