Innovation dans le bâtiment

Le Mercredi 10 novembre 2021

Dans le cadre du plan de relance de la filière construction, les Pouvoirs Publics ont souhaité soutenir une mobilisation collective des acteurs pour moderniser la filière, favoriser la montée en compétences des professionnels, améliorer la qualité et réduire les coûts dans la construction neuve et la rénovation.

La construction industrialisée

Fin 2018, le ministre de la ville et du logement, Julien Denormandie, a missionné messieurs Michel et Rivaton pour apporter une réflexion sur les thématiques suivantes : la construction à moindre coût, la dématérialisation de l'information dans le champ de l'immobilier, la production de bâtiment bas-carbone, le développement de nouvelles technologies au service de la gestion de l'espace, le développement des usages et services à destination de nos concitoyens.

Les deux missionnés ont produit un rapport intitulé « L’industrialisation de la construction » : celui-ci présente de nombreux arguments et illustrations en faveur d’une industrialisation de la construction selon une approche « hors-site ».

En France, le ministère chargé du logement accompagne la mutation technologique du secteur de la construction depuis plusieurs années déjà. Le concept de préfabrication a été promu par la loi ELAN. Des évolutions du code de la construction, pour passer d’une logique de moyens à une logique de résultats, sont en cours dans le cadre des travaux issus de la loi ESSOC (réécriture du code de la construction et de l’habitation en logique de résultats). La diffusion de l’infrastructure logicielle BIM, qui est l’épine dorsale sur laquelle reposent ces méthodes de construction, progresse grâce au plan BIM 2022. Aujourd’hui, ce rapport s’inscrit pleinement dans la logique de performance recherchée par la RE 2020, dont les travaux d’élaboration ont mis en avant les enjeux d’industrialisation des processus et modes constructifs et de compétitivité des filières.

Le concept hors site est défini comme de la préfabrication à laquelle s'ajoute une dimension industrialisée de l'assemblage sur site et sur le transport de la production au site.

L’approche hors-site est une opportunité pour le secteur de la construction : en effet, la construction industrialisée présente plusieurs atouts. Elle permet de mieux contrôler la qualité, réduire les coûts de construction, réduire les délais notamment grâce à la production et à l'assemblage en usine. Elle permet de réduire les nuisances en phase chantier. Elle vise également à construire avec un coût carbone maîtrisé, en faisant émerger des techniques constructives durables.

Le rapport formule ainsi 14 propositions afin de favoriser et améliorer l'offre du hors-site, qui cons. Ces propositions sont organisées autour de 5 enjeux qui sont :

•             Relever le juste coût de la construction ;

•             Encourager l'innovation industrielle ;

•             Améliorer l'accès à la commande publique ;

•             Aménager le cadre juridique ;

•             Structurer la filière de la formation initiale et continue.

Appel à manifestation d'intérêt : "Mixité pour la construction bas carbone"

Emmanuelle Wargon, ministre déléguée auprès de la ministre de la transition écologique, chargée du Logement a annoncé lors d’une visioconférence ce jeudi 18 février 2021 l’ouverture d’un appel à manifestation d’intérêt intitulé « Mixité pour la construction bas carbone ».

Cet AMI s’inscrit pleinement dans les objectifs de la future réglementation environnementale des bâtiments neufs qui promeut la diversité des modes constructifs et la mixité des matériaux dans l'esprit de la réduction de l'empreinte carbone des bâtiments. Cette réglementation incite en particulier à l'utilisation de matériaux qui stockent le carbone de l'atmosphère pendant la durée de vie des ouvrages.

L'AMI constitue également un des outils de mise en œuvre du PIA4 dans le cadre du Plan #France Relance pour la période 2021-2025 au titre de la stratégie d’accélération pour la ville durable, laquelle comporte un axe sur l’appui à la structuration des filières biosourcées et géosourcées.

Il s'articule avec les travaux des deux comités stratégiques de filière (forêt-bois et industrie des produits de construction) au titre du développement de la mixité des matériaux de construction et, pour le CSF forêt-bois en particulier, de l’adaptation du tissu industriel de la filière bois-construction à la mixité.

Il vise à identifier les projets développant des produits de construction, systèmes constructifs ou démonstrateurs constituant des solutions constructives innovantes (en construction neuve ou en rénovation) mixtes alliant du bois, d’autres matériaux biosourcés ou géosourcés avec des matériaux conventionnels (acier, verre, béton notamment).

De ce fait, il constitue une poursuite des travaux conduits

- par les trois plans bois passés qui ont permis de lever de nombreux freins techniques, réglementaires et sociologiques à la construction bois

- par les précédents PIA et en particulier le 3e qui a permis de soutenir des projets de construction bois de grande hauteur, de faire émerger des opérations construites en matériaux biosourcés et de soutenir la préfabrication

- par le « club des industriels » sous l'égide de l'association Adivbois constitué à l’occasion de la construction des villages olympiques de Paris 2024.

La réduction de l’empreinte carbone des bâtiments constituera le principal facteur de sélection des projets attendus, mais aussi le recours à la construction hors site, la ré-employabilité et la démontabilité.

La liste des porteurs de projets potentiels couvre un large panel de professions et de compétences.

Comme cela a pu être pratiqué dans le cadre du PIA3, cet AMI est soutenu par le SGPI et l’ADEME. Il est ouvert jusqu’au 31 mars 2021 sur la plateforme dédiée.

Il ne donne pas droit à financement. Après sélection, les candidatures retenues permettront de dimensionner un ou plusieurs appels à projets opérationnels et ciblés sur des opérations de soutien à l’innovation, sans exclure les projets qui n’auraient pu se positionner au stade de l’AMI. Ces AAP bénéficieront du soutien financier du PIA4, avec un budget prévisionnel identifié de 20 M€.

Le Ministère de la Transition Écologique et l’ADEME sont à la disposition des porteurs de projets pour toute question, en amont de la soumission. Les personnes à contacter sont :