Discours de Christophe Béchu pour les vœux aux forces vives de la transition écologique et des territoires

Le Jeudi 1 février 2024

Discours de Monsieur Christophe Béchu, ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires, pour les vœux aux forces vives de la transition écologique et des territoires

Seul le prononcé fait foi

 

Mesdames et Messieurs les parlementaires nationaux et européens,

Monsieur le préfet de la région d'Ile-de-France,

Monsieur le directeur général de la Caisse des dépôts et consignations,

Monsieur le Président de région Grand-Est, cher Franck,

Messieurs les Présidents de conseils départementaux,

Messieurs les Présidents d’associations d’élus,

Mesdames et Messieurs les maires,

Mesdames et Messieurs les dirigeants d’entreprises et d’associations,

Mesdames et Messieurs les directeurs d’administration et d’opérateurs de l’Etat,

Mesdames et Messieurs, acteurs du logement, des transports, de la mer, de la ville, de la biodiversité, des collectivités, du climat, vous qui faites vivre à un titre ou à un autre la transition écologique et les territoires de notre pays. Soyez les bienvenus.

Cette soirée me fait penser à une chanson de Johnny Hallyday. Pas sa plus connue, pas sa plus facile. Ce n’est même pas vraiment une chanson, c’est plutôt un slam avant même que le slam existe. Dans « Poème sur la 7ème », Johnny parle avec beaucoup de justesse d’un monde qui change, qui disparaît, qui n’est plus. Les cascades, les plages, les arbres… Et cette chanson elle me fait penser que si nous sommes tous rassemblés ce soir, c’est qu’au fond nous savons tous que l’écologie, c’est préserver ce qui compte pour nous : un environnement, un paysage, un terroir qui forge notre identité et notre rapport au monde. Un environnement, notre environnement, la France.

Il n’y a que l’écologie qui peut mettre dans une même pièce comme aujourd’hui, des agriculteurs et WWF, les patrons d’ADP, d’Air France et la LPO, les pêcheurs et Action logement, La fédération des usagers des usagers de la bicyclette et la Fondation pour la Mer. L’écologie nous rassemble parce qu’elle est le grand défi de notre siècle. Face à ce grand défi, la cohérence de ce grand ministère, sa raison d’être, c’est de faire avancer tous ces acteurs dans la même direction, de surmonter les contradictions qui apparaissent parfois, pour ne pas dire souvent, sur ce chemin.

La chanson de Johnny elle est pessimiste, mais quand vous faites de la politique il faut un peu d’optimisme. Quand vous êtes ministre de la transition écologique, cher Jean-Louis Borloo, cher François de Rugy, chère Barbara Pompili, chère Bérangère Abba, il faut beaucoup d’optimisme. Et quand vous êtes ministre et que vous faites vos vœux un 31 janvier, après tout le monde, en pleine crise des agriculteurs, il faut beaucoup, beaucoup d’optimisme.

Mais quand je vois rassemblée ici ce soir la grande famille de la transition écologique et des territoires, de l’optimisme, j’en ai, j’en puise, j’en ressens. Je voudrais donc vous souhaiter à toutes, à tous, dans vos responsabilités et dans vos vies personnelles, une excellente année 2024. Et je nous souhaite à nous une grande année pour l’écologie et la cohésion des territoires, qui sont intimement liés.

Du côté du Gouvernement, cette année commence fort. Et c’est par là que je voudrais commencer mon propos face à vous.

Vous redire, avec force, avec conviction, avec détermination, que la transition écologique est plus que jamais au cœur des préoccupations de ce Gouvernement. Elle l’est depuis 2017. Elle le sera encore plus en 2024, tout simplement parce que nous sommes persuadés que la transition écologique est le chemin de la protection de nos concitoyens, le chemin de la puissance, le chemin de la préservation de nos solidarités et le chemin de la souveraineté de notre pays. Le chemin de notre réconciliation avec notre environnement.

Ceux qui en doutent n’ont pas bien écouté le Premier ministre hier après-midi, quand il a appelé à accélérer sur la transition écologique et quand il a rappelé que la planification écologique et énergétique continuait d’être portée sous son autorité.

Ceux qui en doutent devraient se souvenir que c’est le Président de la République lui-même qui a eu l’intuition de faire marcher ensemble la transition écologique et les territoires dans ce ministère et qui précisément a fait confiance à un élu local pour assumer la charge de ce portefeuille. C’est le signal fort que la transition écologique ne se fera jamais sans les forces de nos territoires, sans les collectivités, sans les acteurs qui agissent au quotidien au plus près de nos concitoyens.

Ceux qui doutent de notre engagement écologique devraient se souvenir que le périmètre de ce ministère a encore grandi il y a quelques jours. Cette maison, qui était déjà une grande maison avec la transition écologique, le logement, les transports, la Ville, les collectivités territoriales et la biodiversité, s’agrandit encore avec l’extension de mes responsabilités à l’efficacité énergétique, au climat et au monde maritime. Cette grande maison est désormais une très grande maison. Et je veux saluer tout particulièrement les acteurs de la mer qui sont présents ce soir, qui retrouvent l’hôtel de Roquelaure comme port d’attache. Je salue en particulier Olivier Le Nezet, avec qui nous avons déjà établi des contacts quotidiens. L’interdiction de pêche pour les bateaux de plus de 8 mètres dans le golfe de Gascogne pour préserver la survie des dauphins illustre parfaitement la ligne de crête que nous devons trouver entre préservation de la biodiversité et souveraineté alimentaire, entre préservation de la ressource et compétitivité de la pêche française. Nous arriverons à mener ces deux combats de front, d’autant qu’à bien des égards ils ne font qu’un.

L’économie sans l’écologie c’est un court-termisme délétère. L’écologie sans l’économie c’est au mieux une illusion et le plus souvent une hypocrisie. Dans aucun domaine, dans aucun secteur nous ne pouvons nous résoudre à ce que notre production nationale ne diminue au profit de d’avantage d’importations. Nous ne pouvons pas laisser au dumping social s’ajouter un dumping environnemental que nous favoriserions par trop de contraintes.

Ceux qui doutent de notre engagement écologique, enfin, devraient tout simplement regarder les chiffres :

-           Depuis 2017, nous avons multiplié par 4 le rythme de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre, qui a atteint 4,6% sur les neuf premiers mois de l’année dernière. Avant 2017, c’était moins de 1% par an.

-           En 2024, c’est 10 milliards d’euros supplémentaires pour l’écologie. C’est un effort financier sans précédent. Et mon pôle ministériel gagne 760 agents après une réduction de 20 % des effectifs sur les 20 dernières années, tous gouvernements confondus, même ceux qui ne sont aujourd’hui avares ni de leçons ni de critiques.

-           Enfin, pour la toute première fois un pays, le nôtre, s’est doté d’une planification écologique sous l’autorité d’Elisabeth Borne. Une planification qui nous donne un cadre et une méthode pour diminuer nos émissions au rythme nécessaire et tenir nos engagements internationaux. En 2024, ce sont nos politiques de préservation de la biodiversité et d’adaptation qui viendront étoffer et compléter la planification. Nous sommes clairement en train de changer d’échelle.

Ne vous imaginez pas un instant que je vous donne ces chiffres pour vous dire que nous sommes arrivés. Vous voyez trop bien au quotidien dans vos domaines respectifs tout ce que nous avons encore à faire, à initier, à accélérer, à modifier, à ajuster…

Alors bien sûr, il y a ceux qui disent qu’on n’en fait pas assez. Mais rappeler des vérités c’est sortir du débat stérile et caricatural qui se résume finalement à deux disques rayés. Celui de ceux qui protestent que nous ne faisons rien et celui de ceux qui nous reprochent d’en faire trop ou trop vite. Je refuse les critiques politiciennes de mauvaise foi, émises d’ailleurs parfois par ceux qui quand leurs amis étaient en responsabilité ont fait moins et bien plus lentement.

Mais je veux remercier ceux qui critiquent, ceux qui sont les indispensables aiguillons d’une action publique qui a besoin, pour être plus efficace et plus rapide, d’être challengée. Beaucoup dans cette salle, associations ou personnalités, se reconnaîtront. Nous ne sommes pas toujours d’accord, ni sur le fond, ni sur la méthode. Vous n’avez pas toujours été tendres avec moi surtout à mes débuts – et parfois vous ne l’êtes toujours pas et c’est très bien comme ça, chacun est dans son rôle. Mais je crois que vous avez compris que nous nous battions pour la même cause et avec la même volonté de faire avancer les choses en sincérité.

Je veux être très clair parce que nous traversons une période politique où l’écologie risque gros. Nous sommes convaincus, comme l’a rappelé le Premier ministre lors de sa déclaration de politique générale, qu’« il n’y aura pas de transition écologique sans les Français ». Le cœur de ma méthode depuis que j’ai pris la charge de ce ministère, parce que c’était ma méthode en tant que maire d’Angers, c’est d’embarquer le plus grand nombre dans le mouvement de la transition écologique. Mais cette ambition de ne laisser personne sur le bord du chemin ne doit pas servir de prétexte à revenir en arrière sur la transition écologique. Il faut être très fermes sur nos ambitions et nos convictions, mais être très souples et très pragmatiques sur la façon de les atteindre. C’est une ligne de crête que je tiens depuis mon arrivée et que je tiendrai toujours.

La crise que traverse le monde agricole est au cœur de ces contradictions et de cette ligne de crête. Les agriculteurs ne sont pas les ennemis de l’écologie, ils en sont des artisans. Mais ils se trouvent parfois confrontés à un mur de complexité. Un seul exemple, qui a été donné par le Premier ministre : nous avons 14 réglementations différentes sur les haies et pourtant les haies continuent de disparaître dans notre pays. Personnellement, je suis de ceux qui estiment qu’une règle simple et de la confiance sont plus efficaces qu’une surabondance de normes et d’interdictions.

Je veux faire une petite parenthèse ici. La confiance n’exclut pas le contrôle. La simplification n’exclut pas la nécessité d’avoir une administration engagée, passionnée, compétente pour encadrer les activités humaines et faire respecter l’intérêt général. C’est le rôle de l’Etat. Je veux vraiment ce soir avoir un mot pour tous les agents de ce ministère et notamment ceux qui sont ciblés, menacés, intimidés depuis quelques jours : nous sommes à leurs côtés, nous sommes fiers d’eux. Et leur demander d’appliquer des textes trop lourds et des injonctions contradictoires, ce n’est pas leur rendre service.

Car c’est avec tous les agents de ce ministère, à Paris et en région, que nous arriverons à construire cette philosophie de confiance qui embarque et qui mobilise. Trois piliers pour ce pacte de confiance que nous allons construire :

-           D’abord, le terrain. Aller à la rencontre de ceux qui font, les écouter, les convaincre parfois et parfois, aussi, se faire engueuler. C’est ce que je fais depuis plusieurs mois avec le Tour de France de l’écologie qui m’emmène à la rencontre des Français. Ce sont aussi les COP régionales que j’ai lancées partout en France pour mettre autour de la table tous les acteurs d’une région et trouver ensemble des leviers de baisse de nos émissions de gaz à effet de serre. Cette méthode on va la poursuivre en portant ce bâton de pèlerin de l’écologie, pour ne rien céder sur le terrain aux extrêmes.

-           Ensuite, la simplification. Je l’ai dit en donnant l’exemple du monde agricole : l’écologie est parfois l’ennemie de l’écologie. Je souhaite que nous fassions sauter les verrous normatifs ou administratifs qui empêchent les Français, les entreprises et les collectivités de s’engager dans la transition écologique, les irritants, les ralentisseurs. Dans les prochains jours, je lancerai cette démarche d’accélération de la transition écologique pour une écologie plus simple, plus facile, plus proche des gens. J’aurai besoin de vous, j’aurai besoin de vos retours et de vos idées pour nous aider dans cette démarche.

-           Enfin, donner des solutions aux Français. L’ambition écologique ne doit pas conduire à laisser des Français au bord du chemin. Cela doit nous conduire en permanence à avoir l’obsession de la solution pour tous : si nous faisons les ZFE pour améliorer la qualité de l’air là où nous dépassons les normes sanitaires, et bien nous faisons aussi le leasing à 100 euros/mois et les services express régionaux métropolitains pour donner des solutions de mobilités aux Français les plus modestes ; si nous portons un objectif très ambitieux de maîtrise de l’étalement urbain avec le zéro artificialisation nette, et bien nous donnons aussi des outils de souplesse aux maires des plus petites communes pour développer leurs territoires. C’est ça une écologie des solutions : une écologie populaire, sociale, qui s’intéresse aux gens et à leurs contraintes sans renier, et je dirais même pour atteindre, l’ambition.

Je vous le dis avec gravité. Si nous n’arrivons à pas déployer cette écologie de terrain, de simplicité et de solution, si nous restons dans une écologie de posture et de facilité, alors nous ferons le lit des extrêmes. Le discours climato-populiste qui consiste à dire « arrêtez d’emmerder les Français avec l’écologie » gagne du terrain. Je veux le combattre de toutes mes forces car je crois profondément qu’il est contraire à l’intérêt national. Mais on n’y répondra pas par des postures extrémistes qui défendent une écologie brutale, qui conteste tout projet routier, par exemple, comme une preuve d’inaction. Les mois qui nous séparent des élections européennes seront des mois de combat politique où l’écologie sera un enjeu crucial. Je veux livrer ce combat pour l’ambition écologique. Et j’aurai besoin de vous tous.

Accélération, simplification, proximité : ça sera ma méthode pour 2024. En face de ces trois objectifs, trois priorités pour des actions concrètes.

D’abord faire de 2024 l’année de l’adaptation, un an après que j’ai parlé d’une France à +4°C en 2100. Le Président de la République en a parlé il y a quelques jours, le Premier ministre en a parlé hier : les effets du dérèglement climatique sont déjà là. Ils frappent violemment nos concitoyens à La Réunion ou dans le Pas-de-Calais. Mais de façon plus discrète, moins spectaculaire, ils touchent aussi les 11 millions de ménages français concernés par le risque de retrait gonflement d’argile qui fissure les maisons et ruinent le quotidien. Ils touchent les Français qui vivent en moyenne montagne et voient la neige disparaître. Ils touchent nombre de Français qui voient leurs paysages changer derrière leur fenêtre. Ils touchent déjà vos activités. Et ils bouleversent tout particulièrement le cycle de l’eau.

Comment vit-on dans une France à +4°C à la fin du siècle ? Comment on s’y prépare ? C’est évidemment un sujet d’anticipation des acteurs publics et privés. Mais c’est aussi un sujet éminemment démocratique. Le débat ne fait que commencer : dans quelques semaines, nous mettrons en consultation publique le Plan national d’adaptation au changement climatique. Je déclinerai cette consultation avec vous tous, dans tous les secteurs : le monde économique, la santé, les écoles, les transports… Je souhaite notamment mener un travail en profondeur avec le secteur agricole pour lancer ce chantier de l’adaptation de l’agriculture au changement climatique et de son financement. Je prendrai une initiative en ce sens lors du Salon de l’agriculture.

L’adaptation au changement climatique c’est aussi repenser la façon dont nous assurons le risque climatique. Comme l’a annoncé le Premier ministre hier, nous allons remettre sur le métier les mécanismes assurantiels publics et privés pour mieux indemniser nos concitoyens et assurer l’équilibre global du système.

L’adaptation, enfin, c’est repenser l’aménagement de notre territoire et mettre fin à l’étalement urbain débridé de ces dernières années. Ce sujet du ralentissement de l’artificialisation, ce sujet du ZAN il me tient à cœur car si j’entends les oppositions, je vois aussi sa nécessité. Cette cause elle réunit en même temps les maires du Pas-de-Calais, qui ont vu ce que l’artificialisation pouvait produire en cas d’événement climatique extrême, les agriculteurs qui ont besoin qu’on arrête de prendre sur le foncier agricole pour pouvoir nous nourrir, et les défenseurs de la biodiversité qui décline du fait des avancées de l’Homme. La préservation de nos terres, j’en suis convaincu, est l’un des grands projets français pour les prochaines années. Et il me fait penser à un autre sujet. En 1986, on disait que la loi littoral allait tuer toute l’économie littorale. Près de 40 ans plus tard, qui oserait remettre en cause cette loi ? Il arrive que des combats d’hier deviennent des évidences.

L’adaptation est donc un chantier majeur pour notre pays. Protéger les Français, protéger notre biodiversité, assumer la dimension régalienne de ce ministère et de l’écologie, c’est la première ligne de force de mon action pour cette année.

Deuxième priorité : incarner la promesse faite par le Premier ministre d’une écologie populaire, bonne pour la planète et bonne pour le pouvoir d’achat. Et là-dessus notre stratégie elle doit être très claire, très transparente et très déterminée : cibler les secteurs qui sont à la fois centraux dans nos objectifs de décarbonation et qui pèsent le plus fortement sur les dépenses des classes moyennes et populaires, je veux bien sûr parler du logement et des mobilités.

Sur la question du logement, le Premier ministre a annoncé un choc d’offre. Les acteurs du logement, que je salue, en ont besoin car ils souffrent et derrière leurs difficultés il y a la situation de millions de Français. Pour les soutenir, nous allons déployer une panoplie d’outils pour relancer la production et donner aux Français plus d’opportunités pour mieux se loger :

•           Comme l’a annoncé le Premier ministre, nous allons massivement simplifier et accélérer les procédures notamment en désignant 20 territoires engagés pour le logement avec l’objectif d’y créer au moins 30 000 nouveaux logements d’ici 3 ans.

•           Mais je souhaite que nous allions plus loin et je vous livre quelques pistes de réflexion que nous allons ouvrir :

  • Nous devons redonner du pouvoir d’achat immobilier aux Français. Pour cela, nous devons expertiser de nouveaux outils financiers comme les prêts in fine ou le modèle hypothécaire comme cela se pratique dans d’autres pays européens.
  • Nous devons réfléchir à des outils fiscaux et financiers innovants pour inciter les élus et les opérateurs à produire plus de logements.

Nous aurons l’occasion dans les tous prochains jours de lancer ces chantiers avec les acteurs.

A ce choc d’offre, j’ajoute celui de la décarbonation du logement avec une accélération sur la rénovation énergétique. Mi-février, j’annoncerai une simplification du DPE qui permettra de conserver l’ambition du calendrier initial tout en fiabilisant le dispositif pour les petites surfaces et en actant des mesures de flexibilité qui permettront aux propriétaires et aux locataires d’aborder la date du 1er janvier 2025 avec plus de confiance. Nous simplifierons également MaPrimRenov afin d’atteindre l’objectif de 200 000 rénovations performantes en 2024 et nous assurerons le lancement efficace des accompagnateurs de la rénovation des logements. Je salue le Président de la FFB et le Président de la CAPEB, avec qui j’aurai l’occasion de discuter de ces sujets le 15 février.

Un point qui me semble important, toujours sur le logement. J’ai entendu depuis hier les interrogations des acteurs du logement social et de la lutte contre le mal-logement. Je serai demain à la Fondation Abbé Pierre pour les 70 ans de l’appel du 1er février 1954. J’aurai l’occasion de revenir demain sur nos mesures pour lutter contre l’habitat indigne et pour le logement social.

Je souhaite ce soir insister sur un point sur lequel je veux être très clair : l’Etat est là et sera là aux côtés du logement social. Dans un marché en difficulté, en France et partout en Europe, le secteur du logement social est celui qui a le plus résisté grâce au soutien public. La production a chuté de 25% sur le privé et de 9% sur le logement très social. Ce n’est pas satisfaisant, mais c’est une consolation. J’entends aussi les interrogations sur la modification annoncée par le Premier ministre de la loi SRU et je voudrais rassurer. C’est une annonce qui acte le fait qu’opposer le logement intermédiaire et le logement social est contre-productif : la majorité des personnes qui vont dans le logement intermédiaire sont aussi éligibles au logement social. Donc en réalité, l’effet de ce qui a été annoncé c’est de desserrer la pression sur le social pour les plus modestes. Et évidemment nous allons travailler à des protections pour préserver la production de logement social et très social dans notre pays, en lien avec les élus locaux qui ont largement la main pour agir.

L’autre volet de cette écologie populaire ce sont les mobilités. Je salue ce soir les nombreux acteurs des transports auxquels j’ai déjà pu présenter mes vœux en répondant à l’invitation de l’UTP il y a quelques jours. Deux axes forts qui combinent décarbonation et pouvoir d’achat : le leasing social et le paquet sur le ferroviaire et les transports publics.

Le leasing est d’ores et déjà un succès populaire. Nous avons déjà dépassé les 25 000 véhicules électriques en leasing à 100 euros. C’est considérable et nous n’allons pas nous arrêter là. C’était une promesse du Président de la République, elle est là, c’est du concret.

Sur les mobilités du quotidien, nous allons poursuivre la reconquête ferroviaire avec le plan de 100 milliards, les trains de nuit, le déploiement des SERM, la poursuite de la signature des CPER et le titre unique. Je sais que nous pouvons compter sur des entreprises puissantes, réformées, dynamiques : je salue les dirigeants de SNCF Voyageurs, SNCF Gares et Connexions, Transdev et les autres acteurs. En retour, vous pouvez compter sur un Etat qui prend ses responsabilités, qui décide, qui s’engage : pas plus tard qu’avant-hier, j’ai trouvé un accord sur trois dossiers structurants pour la région Auvergne-Rhône-Alpes et notre pays : le Lyon-Turin, le Paris-Clermont et le contournement de Lyon. Ça c’est de l’écologie concrète, une écologie du quotidien.

Après l’écologie qui protège, après l’écologie du pouvoir d’achat, je voudrais terminer par la dernière priorité de mon action : une écologie de mobilisation nationale. Je l’ai dit, nous ne réussirons pas la transition écologique si nous n’arrivons pas à embarquer tout le monde. Vous incarnez la diversité des acteurs, des secteurs qui s’engagent. Il faut aller encore plus loin.

Mobiliser les entreprises, cher Patrick Martin, cher François Asselin, je sais que vous le faites au sein de vos organisations. Les entreprises ne nous attendent pas pour s’engager. Nous aurons l’occasion d’avancer ensemble dans les prochains jours en nous retrouvant autour de la table pour parler du made in France et de la consommation responsable.

Nous avons déjà beaucoup fait ces derniers mois sur la décarbonation des grands sites industriels. Nous allons continuer, mais je voudrais citer trois sujets sur lesquels nous allons avancer en priorité ces prochaines semaines :

-           D’abord, le foncier. Nous devons trouver le bon équilibre entre la sobriété foncière que j’évoquais tout à l’heure et l’impératif de réindustrialisation du pays. Nous annoncerons au premier trimestre les lauréats du dispositif « 50 sites clefs en main » pour accélérer la mobilisation de foncier industriel et portuaire tout en respectant cette logique de maîtrise de l’artificialisation. Dans la même idée, j’annoncerai en mars la liste des grands projets d’intérêt national et européen (PENE) qui nous permettront de concilier le ZAN avec les grand projets industriels d’avenir.

-           Deuxième sujet, la lutte contre la pollution plastique et l’économie circulaire. La pollution plastique est un fléau sur lequel je suis particulièrement mobilisé, notamment au niveau international avec la négociation du Traité plastique. C’est un fléau pour la santé humaine, pour le climat et pour la biodiversité tout particulièrement marine. Voilà un grand chantier qui impacte directement le monde de la mer. En 2060, si le monde ne réagit pas, il y aura plus de plastique que de poissons dans les océans. Sur notre territoire national, conformément à l’annonce du Premier ministre, nous allons travailler avec les 50 industriels les plus dépendants des matières plastique dans une démarche de réduction des usages, en développant l'éco-conception et la substitution des plastiques vierges. Il s’agira d’industriels de l’emballage mais également du secteur du bâtiment, de l’automobile… L’idée est de réduire la dépendance aux plastiques vierges soit en substituant les plastiques par d’autres matières soit en incorporant des plastiques recyclés dans des proportions significatives.

-           Dans le même esprit et dans la suite du PJL Industrie Verte porté par le ministère de l’économie, nous annoncerons dans quelques jours les premiers grands projets d’intérêt national majeur qui répondront aux impératifs de souveraineté nationale et de transition écologique. Et nous inscrirons les entreprises dans l’initiative d’accélération écologique que j’ai évoqué plus haut.

Il faut mobiliser les entreprises, mais aussi mobiliser les collectivités. Je me tourne vers les associations d’élus, les présidents de conseils régionaux et départementaux, les maires : mobiliser les collectivités c’est dans mon ADN et nous l’avons fait avec la création du Fonds vert qui est désormais pérennisé et abondé à 2,5 milliards d’euros pour cette année. Je dis souvent que les maires sont les hussards verts de la République. Cette vision est au cœur de ce ministère qui associe transition écologique et territoires. Elle sera au cœur des nouveaux axes de décentralisation et du projet de loi annoncé par le Premier ministre cet après-midi au Sénat.

Troisièmement, il nous faut mobiliser les citoyens, les associations et notre jeunesse. Nous le ferons aussi grâce au service civique écologique annoncé par le Premier ministre. Ce service civique de 50 000 jeunes à la fin du quinquennat est une version française des climate corps américains qui ont beaucoup de succès outre-Atlantique. Il s’agit de donner un débouché à l’envie d’engagement de notre jeunesse sur le climat, il s’agit de combattre l’éco-anxiété par l’action et l’engagement. Pour cela, la mobilisation de tous est nécessaire : nous solliciterons les opérateurs de l’Etat, les collectivités territoriales, le monde associatif pour fournir à nos jeunes des missions utiles pour le bien commun, pour la biodiversité et créer ce grand mouvement civique dont l’écologie est un pilier indispensable.

Enfin, il nous faut bien sûr continuer à mobiliser le monde ! Je m’engagerai cette année sur le Traité plastique, la préparation de la Conférence des Nations Unies sur l’Océan à Nice en 2025 et nous aurons bien sûr les grand rendez-vous de fin d’année avec la COP16 biodiversité en Colombie et la COP29 à Bakou qui seront des rendez-vous cruciaux pour la planète. La France y sera présente et ambitieuse.

Mesdames et Messieurs,

J’ai déjà trop parlé. J’ai essayé de vous résumer en quelques mots ma philosophie d’action pour cette année : l’ambition dans les objectifs, je dirais même l’intransigeance sur les objectifs, et le pragmatisme dans les moyens. J’ai essayé de vous résumer ma vision, sous l’autorité du président de la République et du Premier ministre : une écologie qui protège, une écologie des solutions, une écologie de mobilisation nationale.

Maintenant, j’ai commencé en citant Johnny, donc je vais finir en citant Orelsan : « Je peux pas le faire tout seul, va falloir qu'on le fasse ensemble ». Oui, il va falloir qu’on fasse tout ça ensemble. Agriculteurs et associations, entreprises et élus, pêcheurs et agents publics. Car tout se tient Mesdames et Messieurs. Dans notre vision, le combat des agriculteurs pour la terre, le combat de la station de Métabief pour préparer l’après-neige, le combat des sinistrés de la Roya et du Pas-de-Calais, le combat du maire de Soulac-sur-Mer confronté à l’érosion du trait de côte, le combat des entreprises qui s’engagent, le combat de la Fondation TARA ou celui de la FNH, ce sont les mêmes combats. A nous d’être les artisans d’un grand mouvement qui nous dépasse, qui donne ses véritables lettres de noblesse à l’action politique et à vos activités économiques, scientifiques, associatives. En servant la cause de l’écologie et des territoires, nous servons la cause de la France et des Français.

Une belle année à tous, vive l’écologie, vive les territoires, vive la République et vive la France.

 

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