Publié le 17 mai 2022

Mis à jour le 28 mars 2023

Pour y voir + clair sur le solaire

  • Mieux et moins consommer d’énergie

Thierry Degen / Terra

Le ministère de la Transition écologique vous aide à y voir plus clair sur le solaire. À partir de 7 affirmations lues ou entendues, il démêle le vrai du faux.

Le vrai/faux

Aujourd’hui, le taux de valorisation des matières des panneaux solaires (le silicium, le verre ou l’aluminium) atteint 95 %. Un éco-organisme chargé de la collecte et du traitement des panneaux photovoltaïques arrivés en fin de vie a été créé en 2015. Depuis sa création, 15 000 tonnes de panneaux ont été traités. La première usine française entièrement dédiée au recyclage de panneaux

photovoltaïques a également été inaugurée en 2018 et depuis, la montée en puissance de l’activité de recyclage continue en France et en Europe.

En 2019, l’Ademe a publié une étude qui confirme que les panneaux photovoltaïques installés en France ne contiennent pas de terres rares. 95 % des panneaux installés en France sont fabriqués à partir de silicium, extrait de sable ou de quartz.

C’est vrai que l’implantation d’installations solaires au sol mobilise de l’espace : on utilise désormais moins d’un hectare pour une puissance d’un mégawatt.

Mais c’est aussi faux dans la mesure où aujourd’hui la technologie photovoltaïque, facilement modulable, peut être déployée partout, et notamment en ville.

Dans ses dispositifs de soutien, le Gouvernement favorise les projets photovoltaïques

sur les toitures des bâtiments et les sites déjà artificialisés.

Il faut savoir également qu’aujourd’hui, on sait produire en France des tuiles photovoltaïques qui s’intègrent parfaitement au bâti et au patrimoine.

Les coûts associés à la production de l’électricité solaire diminuent rapidement et de manière continue depuis plus de 20 ans. Aujourd’hui, les prix de rachat de l’électricité pour les projets

photovoltaïques au sol sont désormais très proches de ceux du marché de l’électricité.

D’ailleurs, le premier grand parc solaire sans soutien tarifaire de l’État est entré cette année en service en Saône-et-Loire ce qui démontre la maturité économique de cette technologie.

C’est vrai que certaines étapes de la fabrication des panneaux solaires sont fréquemment réalisées en Chine. Mais plusieurs sites de fabrication existent toutefois en France : ceux de Sytovi à Carquefou, de Voltec à Dinsheim sur Bruche, de Sunpower/Maxeon à Toulouse, d’Akuo Sunstyle à Chatellerault, de Recom sillia à Lanion ou encore de Photowatt à Bourgoin Jallieu.

Au total, et en comptant aussi les sociétés qui conçoivent les projets, celles qui les réalisent et celles qui les exploitent, la filière représente plus de 6 000 emplois directs en France.

Le solaire est une énergie intermittente. Les cellules photovoltaïques qui récupèrent l’énergie du soleil ne produisent de l’énergie qu’en journée.

Les besoins en électricité sont toutefois fortement variables d’une heure à l’autre de la journée. La France dispose par ailleurs d’autres moyens pour piloter sa production électrique comme les centrales hydrauliques par exemple.

Et RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, responsable de l’équilibre du système électrique en France, confirme dans son dernier bilan prévisionnel et dans une étude commune avec l’Agence internationale de l’énergie que l’énergie solaire comme l’énergie éolienne s’intègreront sans difficulté dans notre système électrique métropolitain à un horizon de 10 ans, sans qu’il ne soit nécessaire de créer d’importants moyens de stockage ou de flexibilité pour

accompagner leur développement. À plus long terme, lorsque le solaire atteindra des proportions plus importantes, il pourrait être nécessaire de développer des solutions de flexibilité et de stockage, soit pour adapter la consommation d’énergie à la production solaire, soit pour garder l’énergie produite et la restituer à un autre moment.

Ces questions font actuellement l’objet d’études pour déterminer le meilleur mix énergétique pour la France et programmer les investissements qui seront nécessaires pour le mettre en oeuvre.

Le photovoltaïque n’est pas réservé au Sud, et c’est aujourd’hui une solution déployée partout en France et en Europe. De nombreux pays moins ensoleillés que la France, comme l’Allemagne, ont déjà largement adopté cette technologie.