La hausse de la température globale s’est encore accentuée, selon le dernier rapport du GIEC

Le Vendredi 6 août 2021


Crédits : Laurent Mignaux / Terra

Le Groupe intergouvernemental d’experts sur l’évolution du climat (GIEC) publie ce lundi 9 août 2021, le premier volume de son 6e rapport d’évaluation. Fruit de la collaboration internationale de plus de 250 scientifiques d’une soixantaine de pays, ce nouveau rapport présente l’état actuel du climat ainsi que des nouvelles projections climatiques mondiales et régionales.

Un constat alarmant

Le GIEC constate que la hausse de la température globale s’est encore accentuée, à un rythme qui fera très probablement dépasser le seuil de 1,5 °C de réchauffement depuis l’ère préindustrielle entre 2021 et 2040.

Pour limiter et stabiliser le réchauffement climatique sous les 2 °C d’ici 2100, le GIEC réaffirme qu’il faut baisser les émissions de CO2 rapidement, avec un objectif de zéro émissions nettes en 2050, et réduire fortement aussi les émissions des autres gaz à effet de serre.

Les changements déjà observés vont s’accentuer, notamment les extrêmes de température, l’intensité des précipitations, la sévérité des sécheresses, l’augmentation en fréquence et intensité des événements climatiques aujourd’hui rares.

Certaines conséquences du changement climatique, comme la montée du niveau de la mer ou encore la fonte des calottes glaciaires, seront irréversibles pendant des centenaires, voire des millénaires. Les mécanismes naturels d’absorption du carbone seront de moins en moins efficaces.

11 auteurs travaillant en France ont contribué
au volume 1 du rapport du GIEC.

6e rapport d’évaluation

Ce constat alarmant est dressé par le GIEC dans le premier volume de son 6e rapport d’évaluation (AR6, Assessment Report). Le document traite uniquement des aspects physiques du changement climatique (état actuel et projections). Son élaboration a été coordonnée par la climatologue Valérie Masson-Delmotte, coprésidente du groupe de travail 1. L’ensemble du 6e rapport est attendu pour 2022 :

  • Volume 1, éléments scientifiques : août 2021
  • Volume 2, impacts, adaptation et vulnérabilité : février 2022
  • Volume 3, atténuation : mars 2022
  • Rapport de synthèse : 2022

Il servira de base scientifique pour le premier bilan mondial de l’Accord de Paris.

La France et le GIEC

En France, de nombreuses équipes de recherche, impliquant plusieurs centaines de scientifiques, contribuent à différentes phases d’élaboration des rapports du GIEC.

La contribution financière française au budget général du GIEC s’élève à 1 million d’euros par an.

Et c’est l’Observatoire national sur les effets du réchauffement climatique (Onerc) qui est le point focal du GIEC pour la France, assurant un lien permanent entre la France et l’organisation internationale.

La France décidée à agir

Le rapport du GIEC renforce la volonté de la France de continuer à agir, au niveau international et au niveau national, pour limiter les émissions de gaz à effet de serre et se préparer aux impacts devenus inéluctables du changement climatique.

Sous l’impulsion notamment de la France, l’Union européenne a rehaussé son ambition en portant son objectif de réduction des émissions nettes à au moins 55 % d’ici 2030 par rapport à 1990 et a publié le 14 juillet une série d’initiatives législatives pour mettre en œuvre cette ambition.

Au niveau national, la loi climat et résilience, issue des travaux de la Convention citoyenne pour le climat, définit une série de mesures touchant à tous les domaines de la vie quotidienne : consommation, logement, déplacements, éducation… Cette grande loi de la transition écologique doit permettre d’atteindre une baisse d’au moins 40 % des émissions de gaz à effet de serre de la France d’ici 2030 par rapport à 1990, dans un esprit de justice sociale. Elle est associée à d’autres dispositifs (loi d’orientation des mobilités, loi anti-gaspillage pour une économie circulaire, loi de finances, Plan d’investissements d’avenir…) et au plan France Relance qui consacre 30 milliards d’euros à la transition écologique.

À travers le deuxième plan national d’adaptation au changement climatique, le Gouvernement met également en œuvre les actions nécessaires pour protéger les citoyens et adapter tous les secteurs de l’économie aux futures conditions climatiques, tout en améliorant leur résilience.