La France se félicite de la mobilisation internationale et des avancées obtenues pour préserver et restaurer la biodiversité

Le Vendredi 10 septembre 2021

La France a organisé, depuis le 3 septembre dernier, le Congrès mondial de la nature de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN) à Marseille, en format hybride, afin de pouvoir rassembler et remobiliser le plus grand nombre d’acteurs autour des enjeux liés à la protection de la biodiversité. Ce Congrès s’achève aujourd’hui avec un message fort à l’attention du reste du monde : le manifeste de Marseille.

Marseille a été pendant 9 jours la capitale mondiale de la biodiversité, nous sommes fiers d’avoir pu faire avancer les discussions sur la protection de la nature afin que les positions et les messages qui ont été adressés ici, au Congrès, se concrétisent en 2022, en Chine, lors de la prochaine COP15. Demain, la mobilisation mondiale à la COP15 de Kunming doit être à la hauteur de ce défi. Car le constat est sans appel : tous les indicateurs de la biodiversité sont au rouge. Pour y faire face, nous devons encore augmenter la surface mondiale des zones protégées, mais aussi accélérer le partage des connaissances en matière de biodiversité, et s’assurer d’une augmentation homogène, au niveau mondial, des moyens financiers dédiés.

Barbara Pompili

Le Congrès mondial de la nature de l’UICN, qui se clôt aujourd’hui à Marseille, a été un moment primordial de concertation et de mobilisation. Si nous n’agissons pas vite, nous serons bientôt confrontés à une dégradation catastrophique qu’il nous sera difficile, voire impossible, d’enrayer. Parce que la décennie à venir sera décisive pour décider de la Terre que nous voulons laisser aux générations futures, nous devons impérativement prendre des engagements collectifs. Et s’attaquer, comme l’a rappelé le président de la République, à nos deux fronts communs : la perte de biodiversité et le changement climatique. La France prend sa pleine part dans cette bataille.
Des engagements forts au niveau international, une prise de conscience écologique mondiale, une action concrète au plus proche du terrain… Voici les ingrédients sur lesquels nous devons miser pour opérer un changement de paradigme.

Bérangère Abba

Après la mobilisation internationale menée par la France au début de l’année 2021 grâce à l’organisation du One Planet Summit dédié à la biodiversité, le Congrès mondial de la nature de l’UICN a été l’occasion d’une forte remobilisation autour de ces enjeux. Organisations gouvernementales, ONG, scientifiques… plus de 9 000 congressistes se sont réunis en format hybride, avec 5 700 participants sur place et 3 300 à distance. Ce fut également la première fois, sur initiative française, que le Congrès mondial de la nature de l’UICN était ouvert au grand public, via les Espaces Générations Nature (EGN) : ils ont rassemblé près de 25 000 personnes pendant les 9 jours du Congrès, et ce dans le strict respect des règles sanitaires actuellement en vigueur en France.

Cela a été l’occasion pour l’UICN de publier sa nouvelle « liste rouge », qui montre que près de 30 % des espèces existantes sur Terre sont désormais menacées d’extinction. Ce signal d’alarme nous rappelle que les taux d’extinction sont 100 à 1 000 fois supérieurs à la normale et que 75 % de la surface de la Terre est altérée de manière significative. 

Pour apporter une réponse à ce constat, le président de la République Emmanuel Macron a rappelé le rôle moteur de la France dans ce combat pour la biodiversité :

  • Avec la Coalition de la haute ambition pour la nature et les peuples, une initiative lancée par la France avec le Costa Rica : l’objectif est de protéger 30 % des espaces marins et terrestres en 2030. Cette initiative réunit désormais plus de 70 pays. En France, cet objectif de 30 % est déjà atteint pour notre territoire terrestre, et grâce aux efforts fournis, il le sera début 2022 pour le territoire maritime. 
  • Grâce à la coalition « Méditerranée exemplaire en 2030 », la France s’est également engagée plus loin pour protéger la Méditerranée : bien qu’elle représente moins de 1 % de la surface des océans, elle abrite plus de 17 000 espèces et un cinquième de la flore mondiale. Le président de la République a annoncé un objectif ambitieux de 5 % de protection forte en Méditerranée d’ici 2027 (soit une multiplication par 25 de ces espaces)
  • La France défend également la conclusion d’un traité international sur la pollution plastique : en février 2022, des négociations auront lieu dans le cadre de l’Assemblée des Nations unies pour l'environnement (ANUE), où la France défendra une résolution pour permettre d’engager des actions coordonnées. 
  • Le Gouvernement soutient également une finance au service de la nature, avec la « Task Force for Nature-related Financial Disclosure » (TNFD) : cette initiative permet de mesurer les risques, impacts et bénéfices des activités économiques en matière de biodiversité.

Par ailleurs, des motions importantes ont été adoptées sur :

  • La motion 125 visant à renforcer la protection des forêts matures en Europe et faciliter leur restauration, portée par le WWF-France et soutenue par la France, a notamment été adoptée lors de l'Assemblée des Membres d'hier, jeudi 9 septembre. Elle correspond à la position de la nouvelle stratégie européenne pour la forêt et la stratégie européenne pour la biodiversité, visant à la protection stricte des forêts anciennes et primaires à horizon 2030. 
  • On peut également citer la motion 003 visant à établir une commission de l'UICN sur le changement climatique, car c'est un signal fort d'alignement qui est envoyé, en amont de la COP 26 et de la COP 15, sur les liens entre biodiversité et climat. 
  • La motion 040 sur l'élaboration et l'application d'un cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 transformateur et efficace permet de donner un signal aux négociateurs en amont de la COP 15 et elle contient notamment la cible de 30% de protection, la réduction de la moitié de l'empreinte mondiale, la notion de stopper et inverser la courbe de la perte de la biodiversité, la notion de "nature-positive" et des éléments sur le cadre de mise en œuvre et la mobilisation des ressources. 
  • La motion 126 vise à faire progresser la conservation et l’utilisation durable de la diversité biologique marine et donne un signal fort pour un instrument international juridiquement contraignant portant sur la conservation et l'utilisation durable de la biodiversité marine des zones ne relevant pas de la juridiction nationale (Haute mer). 
  • Enfin, la motion 84 sur la lutte contre la pollution lumineuse et la motion 101 qui invite toutes les parties prenantes de l'UICN à soutenir un objectif de protection et de conservation efficace et équitable d'au moins 30% des zones terrestres et des eaux intérieures et des zones marines et côtières dans le cadre mondial de la biodiversité pour l'après-2020. Il s'agit d'un message fort envoyé à la communauté internationale en amont de la COP15, sur impulsion de la France qui défend ardemment cet objectif, en tant que co-présidente de la HAC pour la nature et les peuples. Ce message est d'autant plus important car il dépasse le clivage entre pays développés et en développement sur cet objectif.
  • Pour finir, l’inclusion des collectivités parmi les membres de l'UICN a été votée.

 

 

Retrouvez en ligne le manifeste de Marseille