Discours de Sébastien Lecornu lors de l'inauguration de l’usine du futur Schneider Electric au Vaudreuil (Eure)

Le Mardi 3 avril 2018

Mesdames et messieurs les parlementaires,
Mesdames et messieurs les élus,
Monsieur le Président du Conseil départemental,
Monsieur le Président-Directeur général,
Mesdames et messieurs les salariés de Schneider, et particulièrement du site du Vaudreuil,

 

Merci à tous d’avoir fait le déplacement, dans des circonstances peut-être difficiles pour certains.

En premier lieu, je vous prie de bien vouloir excuser l’absence du Premier ministre, Edouard Philippe. Il aurait voulu être présent aujourd’hui — hélas ! ses responsabilités et l’actualité ne le lui ont pas permis.

Pascal Lehongre vous a accueilli, non seulement en sa qualité — éminente ! — de Président du Conseil départemental, mais aussi en sa qualité de fin connaisseur de Schneider.

Je vous accueille tout d’abord, en voisin, en Eurois.

Parce que j’ai ici mes racines personnelles, je veux dire, à mon tour, ma reconnaissance et mon attachement à votre présence dans ce département.

Avec vous, dans l’Eure, nous partageons de nombreuses préoccupations et entretenons un partenariat de long terme, constructif. Je pense en particulier à la formation des jeunes et au développement de l’alternance, ou encore à l’insertion par l’emploi, que vous avez mentionnée, Monsieur le Président-Directeur général. Je pense aussi au défi de l’attractivité de notre territoire, qui est un point clé pour la qualité de vos recrutements et ce qu’il est convenu d’appeler désormais “l’acquisition de talents”. Sur ces chantiers, nous travaillons ensemble.

Je vous accueille aussi en Normand. Est-il besoin de le rappeler ? Le Gouvernement a, pour la Normandie, … une affection particulière. Au-delà de l’Eure, vous êtes présents dans toute la région, et je le redis : c’est une chance.

Enfin, j’ai la joie de vous accueillir, aujourd’hui, en tant que membre du Gouvernement, particulièrement engagé sur la thématique de la transition écologique.

Ici, au Vaudreuil, vous produisez — notamment — des variateurs de vitesse. Pour le membre du Gouvernement, en cette période où beaucoup s’interrogent sur le rythme des réformes que nous conduisons, sous l’impulsion du Président de la République … je ne veux pas y voir un signe !

Ou bien, si c’est un signe, c’est un signe d’encouragement pour la vision industrielle que nous défendons : celle d’une montée en gamme et d’une insertion assumée et réussie dans la compétition internationale.

Soutenir l’industrie française : priorité du Gouvernement

Redisons-le très simplement : nous avons besoin d’avoir des champions mondiaux. Nous voulons que les entreprises françaises prennent des parts de marché à l’étranger, qu’elles y investissent, qu’elles s’y développent ; et nous l’assumons.  

En un mot : nous croyons dans l’avenir de l’industrie française — et quand on sait que 80% de la production du Vaudreuil a vocation à être exportée, il nous semble que nous avons raison d’y croire.

Cette approche conquérante, optimiste, combative, est la nôtre. Bien sûr, elle vient avec le souci d’un haut niveau de garanties sociales et une vraie prise de conscience de la responsabilité sociétale qui incombe aux entreprises — je le dis en votre présence, Monsieur le Président-Directeur général, qui présidez le Global Compact France, qui est l’initiative de référence des Nations unies en la matière. Cela inclut évidemment le souci d’un développement économique durable, respectueux des équilibres naturels — j’y reviendrai dans un instant.

Mais la condition de tout cela, c’est la réussite économique, industrielle ; et le Gouvernement, sous l’autorité d’Edouard Philippe, et en particulier de Bruno Le Maire, poursuivra dans les prochaines années l’effort engagé depuis mai 2017 dans cette direction.

Sans les détailler, laissez-moi redire les étapes que nous avons franchies depuis 10 mois :
- Les mesures fiscales adoptées dès l’été dernier en faveur de l’investissement ;
- La simplification du code du travail et la réforme en cours de la formation professionnelle ;
- Les réformes que nous conduisons pour l’enseignement, en particulier pour l’apprentissage et l’enseignement supérieur ;
- La rénovation du Conseil national de l’industrie, la création du label “French Fab” et de “France industrie”, née de la fusion du Cercle de l’industrie et du Groupement des fédérations industrielles (GFI) ;
- Le lancement du fonds pour l’innovation et pour l’industrie, doté de 10 milliards d’euros ;
- Le plan d’investissement dans les compétences ;
- Ou encore les mesures annoncées la semaine dernière par le Président de la République pour le développement de l’intelligence artificielle.

Au milieu de tous ces efforts, je veux saluer l’implication de Schneider dans l’Alliance pour l’Industrie du Futur. Au sein de l’AIF, vous avez pris un rôle actif dans plusieurs chantiers, notamment pour structurer les réseaux d’entreprises à l’échelon régional, et connecter les grands groupes, comme le vôtre, au tissu industriel des 30.000 PME manufacturières françaises.

Oui : les initiatives pour l’industrie, soutenues par les pouvoirs publics — à tous les niveaux, du local au national — se multiplient. La semaine de l’industrie, qui vient de se terminer, les a encore mises en lumière.

Ces initiatives sont encouragées par nos résultats économiques :
- la production industrielle française a augmenté de 2,7 % en 2017 ;
- nous attendons une hausse de 4 % des investissements industriels en 2018 ;
- pour la première fois depuis 2000, le solde d’emplois industriels a augmenté : + 6 400 pour le 4ème trimestre 2017.

Certes, ces résultats sont encourageants. Mais il n’est pas question de se reposer sur ces lauriers fragiles. Nous revenons de loin. De nombreux chantiers sont encore devant nous — et je citerai en particulier :
- Le projet de loi PACTE ;
- L’accélération de nos efforts pour le déploiement du très haut débit ;
- La structuration de nos efforts au niveau européen, rendue absolument indispensable par la guerre commerciale qui s’annonce sur l’acier et l’aluminium.

Mais d’ores et déjà, vous savez pouvoir compter sur la détermination et l’engagement du Gouvernement pour soutenir l’industrie française et lui donner les moyens de réussir dans les défis auxquels elle fait face, et qui sont nombreux.

Le Vaudreuil : un site industriel exemplaire dans sa transition écologique

Parmi ces défis, il en est un sur lequel je souhaite m’attarder un peu : c’est celui de la transition écologique — et notamment de la transition énergétique.

Sur ce point particulier, l’usine du Vaudreuil offre un exemple remarquable de ce qui attend tout le tissu industriel.

D’abord dans l’exemplarité du site industriel lui-même ; dans la gestion quotidienne des presque 15.000 mètres carrés et des 360 salariés qui lui donnent vie. L’usine du futur se doit d’être une usine durable et responsable : qui économise l’énergie et l’eau, qui réduit ses émissions de carbone, qui réduit et recycle ses déchets.

Les efforts réalisés pour réduire les consommations et pour intégrer l’énergie solaire grâce aux panneaux photovoltaïques installés en toiture en sont un exemple. J’aimerais que toutes les entreprises fassent la même démarche d’utiliser leurs toits pour produire de l’énergie propre !

La loi de transition énergétique fixe l’objectif de produire 40% de notre électricité en 2030 à partir de renouvelables. Cela veut dire plus que doubler le taux actuel alors que nous sommes aujourd’hui un peu en retard sur la trajectoire d’atteinte de nos objectifs 2020. Cela ne se fera pas sans les entreprises !

C’est pourquoi nous avons placé les entreprises au coeur des groupes de travail sur le développement des énergies renouvelables — groupes que j’ai l’honneur de conduire, à la demande du Président de la République.
 
Ce fut le cas pour l’éolien ; ce fut le cas encore pour la méthanisation, avec la problématique très spécifique des exploitants et des entreprises agricoles ; ce sera le cas pour le groupe de travail consacré au photovoltaïque, dont nous démarrerons les travaux dans les prochaines semaines. Le Vaudreuil sera une source d’inspiration.

Les produits qui sortent du Vaudreuil sont au service de la transition énergétique

Mais au-delà de l’exemplarité du site industriel qui nous rassemble aujourd’hui, la transition énergétique est, pour Schneider comme pour un nombre croissant d’industriels, au coeur de votre business model et cela se traduit, très concrètement, dans les produits qui sont fabriqués au Vaudreuil.

Attardons-nous un instant sur le cas des variateurs électroniques de puissance qui sortent du Vaudreuil, et faisons un petit calcul. On sait que la mise en place d’un variateur électronique de vitesse sur un moteur permet des économies d’énergie de 15 à 30%.

Or, les moteurs électriques représentent environ 70 % des consommations électriques de l’industrie. Et l’industrie représente plus de 20% de la consommation finale d’électricité en France.

Si nous utilisions à plein le potentiel d’économies d’énergie dans les systèmes motorisés — il y a beaucoup de chemin à parcourir — nous pourrions réduire massivement la demande d’électricité de l’industrie, et donc la consommation électrique française : théoriquement, jusqu’à 10% !

C’est pour cela que l’Etat soutient ces variateurs via le mécanisme des certificats d’économie d’énergie. Avec les CEE, l’État a accompagné l’équipement de plus 1 gigawatt de moteurs depuis 2015 — soit 18,4 terrawatt-heures cumac délivrés.

Ce petit calcul est un peu simpliste certainement, mais il illustre bien les perspectives de développement ouvertes par la révolution énergétique en cours. Et nous pourrions le reproduire dans bien d’autres domaines liés à l’intelligence énergétique, depuis le pilotage de la production et des réseaux jusqu’à la rénovation des bâtiments — pour laquelle Nicolas Hulot et Jacques Mézard ont lancé une concertation dont les résultats seront présentés prochainement.

C’est dire les opportunités immenses qui sont devant nous pour notre combat pour la transition énergétique — et donc, les opportunités immenses pour l’avenir du site du Vaudreuil.

La transition écologique est vecteur de développement économique

Les unes ne vont pas sans les autres. C’est la philosophie qui sous-tend l’action du Gouvernement : notre développement économique et la transition écologique iront de pair.

De même que les entreprises, pour la première fois, étaient associées au sommet international pour la planète du 12 décembre dernier ;

De même qu’elles sont au cœur du plan pour la libération des énergies renouvelables que j’ai évoqué ;

De même qu’elles sont au cœur de l’accélérateur de la transition écologique (ACTE), présenté par Nicolas Hulot vendredi dernier ;

De même qu’elles sont au cœur des contrats de transition écologique que nous déployons actuellement dans une vingtaine de territoires, en métropole et en outre-mer ;

De même, l’avenir de l’industrie française, l’avenir de la Normandie, de l’Eure, du Vaudreuil, passeront par cette double opportunité : celle du développement de nos entreprises, et celle de la transition écologique.

Je vous remercie.