COP25 Madrid : Discours d'Elisabeth Borne en plénière le 10 décembre

Le Mercredi 11 décembre 2019

– Seul le prononcé fait foi –

Madame la Présidente de la COP25,
Mesdames et Messieurs les ministres, mes chers collègues,
Mesdames et messieurs les membres du corps diplomatique,
Mesdames et Messieurs,
***

Depuis un an, les preuves scientifiques de l’urgence climatique s’accumulent. Elles sont irréfutables.

Nos concitoyens, et surtout notre jeunesse, s’en sont fait le relai. Après le temps des paroles, ils exigent des actes.

L’accord de Paris constitue une boussole qui doit guider notre action et c’est bien l’esprit de cette COP : l’heure d’agir est arrivé [« time for action is now »]. Et chaque minute compte.

L’année qui va s’ouvrir est déterminante pour réussir la transition écologique.  Pour changer nos sociétés. C’est notre responsabilité, individuelle et collective.

1.    Et cette responsabilité est d’abord celle des pays avancés.

Ils ont un devoir d’exemplarité dans leurs ambitions et dans les moyens d’y parvenir.

Pour la France, l’ambition, c’est la neutralité carbone en 2050.

Et pour l’Europe, nous défendons un rehaussement de l’objectif 2030 : moins 55 % d’émissions et un engagement vers le zéro carbone net au milieu du siècle.

Cette ambition, nous nous donnons les moyens d’y parvenir en décarbonant notre industrie et nos transports. En développant massivement les énergies renouvelables. En rénovant nos bâtiments. En sortant définitivement du charbon.

2.    Mais, être responsable devant l’urgence climatique, c’est aussi être au rendez-vous de la solidarité internationale.

Je refuse la posture qui consisterait à montrer du doigt les pays qui n’ont pas les moyens de cette transition et qui souvent payent déjà le prix du dérèglement climatique.
Je refuse l’hypocrisie qui consisterait à fixer des objectifs en sachant qu’il n’y a pas les moyens derrière.
La transition écologique se fera avec la solidarité, au sein de nos Etats et entre nos pays, en particulier vis-à-vis des plus vulnérables.

Et c’est pourquoi les pays développés se sont collectivement engagés à apporter d’ici l’année prochaine 100 milliards de dollars par an pour l’action climatique dans les pays en développement.

Cet engagement doit être tenu.

Lorsque la France a accueilli la reconstitution du fonds vert, personne n’y croyait. Et pourtant… avec l’engagement de tous, nous avons réussi à réunir 10 milliards de dollars. La France a doublé sa contribution, à 1,5 milliard.

C’est un exemple concret de solidarité et d’engagement tenu.
***
Mesdames et Messieurs, il n’y a pas de planète de rechange.

Le climat et la biodiversité sont notre patrimoine commun.

Et pour les protéger, il n’y a plus une seconde à perdre [« the clock is ticking »].

Le Président Emmanuel Macron a lancé en septembre un appel à la tribune des Nations-Unies. Pour le « retour du courage ».

Je crois que cette COP25 et l’année qui vient peuvent montrer qu’il est de retour.
 
Je vous remercie.