Centrale de Cordemais : le Gouvernement confirme sa trajectoire de sortie du charbon

Le Vendredi 9 juillet 2021

Depuis le début du quinquennat, le Gouvernement a mis en œuvre son engagement d’arrêter progressivement les 4 dernières centrales à charbon de métropole : ces centrales représentaient en effet moins de 2% de la production électrique, mais 35% des émissions de gaz à effet de serre du secteur électrique.

D’ores et déjà, deux centrales - la centrale Gardanne-Meyreuil et la centrale du Havre - ont été arrêtées et la centrale de Saint-Avold cessera son activité en mars 2022. Ces trois fermetures représentent des défis sociaux et territoriaux majeurs que le Gouvernement a pleinement pris en compte en prévoyant un accompagnement individuel des salariés impactés et en favorisant l’élaboration de Pactes territoriaux. La construction d’une usine de production d’éoliennes en mer au Havre, qui sera opérationnelle dès 2022 et permettra de générer 750 emplois, s’inscrit directement dans cette stratégie de transition des territoires vers l’après charbon.

La centrale de Cordemais est située dans une région globalement peu dotée en moyens de productions,  ce qui induit des transports d’électricité de longue-distance qui est une source de fragilité. RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, avait souligné dès 2018 dans son bilan prévisionnel que « les unités de production au charbon de Cordemais peuvent être fermées une fois l’EPR de Flamanville en service, mais pas avant » pour éviter de fragiliser le système électrique de la zone Grand Ouest. Dans son dernier bilan, RTE soulignait que la centrale de Cordemais serait nécessaire à l'approvisionnement de la région ouest au moins jusqu'en 2024 et la mise en service du réacteur nucléaire EPR de Flamanville en Normandie.

Dans ce contexte, EDF étudiait le projet « Ecocombust » de conversion de la centrale vers la biomasse produite à partir de bois déchets, qui a fait l’objet d’une forte mobilisation des services de l’Etat pour accompagner son développement. Ce projet a fait l’objet d’essais techniques poussés de la part d’EDF qui ont permis de confirmer la capacité à produire des granulés issus de bois déchet et de les bruler en chaufferie industrielle. C’est une démarche innovante qu’EDF a réussi à mener à un stade technique avancé. C’est un acquis sur lequel pourront se fonder d’éventuels intéressés pour mener un projet de ce type.

Néanmoins, EDF a annoncé renoncer à le poursuivre compte tenu à la fois de l’évolution de son coût et du retrait, en avril 2021, de son partenaire industriel. Ce retrait a en effet remis en cause non seulement l’équilibre financier envisagé mais aussi le calendrier, ne permettant pas une mise en service industrielle avant 2024 au mieux, alors même que l’objectif était de convertir la centrale de Cordemais pour la période 2022-2024.

Pour des raisons de sécurité d’approvisionnement de la région ouest et dans l’attente de la mise en service de l’EPR de Flamanville, la centrale de Cordemais pourra donc être utilisée ponctuellement durant les pointes de consommation pour quelques dizaines à centaines d’heures par an au maximum. La loi Energie et Climat prévoit en tout état de cause une limitation drastique de son fonctionnement, à moins de 750 heures par an, soit moins de 10% de ses capacités. L’arrêt définitif se fera en fonction des préconisations de RTE, entre 2024 et 2026, date à laquelle la sécurité d'approvisionnement du système électrique, notamment dans l'ouest, devient structurellement assurée sans la centrale de Cordemais.

D’ici la fin du quinquennat, les fermetures de 3 centrales à charbon et la très forte limitation de fonctionnement de la dernière centrale à Cordemais auront permis de réduire de plus de 90 % les émissions liées au charbon en 2022 par rapport à 2017, tout en assurant la sécurité d’approvisionnement. D’ores-et-déjà, la production d’électricité à base de charbon atteint en 2020 un plus bas historique de 1,4 TWh contre 9,2 TWh en 2017.

Cette transition énergétique majeure portée par le Gouvernement s’accompagne d’un effort soutenu au développement des énergies renouvelables qui bénéficient en 2021 d’un soutien financier de l’Etat de 6 milliards d’euros, en hausse de 25% en un an.