Volet maritime du plan de relance : le ministère de la Mer annonce 650 millions d’euros et ancre ses objectifs dans un cadre durable

Le Vendredi 4 septembre 2020
Afin de concrétiser l’engagement du Gouvernement en faveur d’une politique maritime nationale ambitieuse, le ministère de la Mer annonce que 650 millions d’euros pourront être mobilisés pour le secteur maritime dans le plan de relance, en lien avec les ministères concernés. S’inscrivant dans un cadre résolument durable, le volet maritime du plan de relance permettra de mener des actions de soutien et de développement de l’économie portuaire, des filières pêche et aquaculture et des industries de la mer. Il permettra également de renforcer la préservation et la résilience du littoral, de promouvoir les métiers de mer, d’aider les secteurs du tourisme et de la recherche et de mieux diffuser la culture maritime.

Au-delà des mesures transversales applicables à l’ensemble des entreprises, comme la baisse des impôts de production à hauteur de 10 milliards d’euros par an, deux volets du plan de relance sont exclusivement maritimes et pilotés par le ministère de la Mer.

 

  • La transformation durable des ports : en matière de souveraineté, le rôle des ports est fondamental. Principales portes d’entrée des marchandises sur le territoire national, ces infrastructures essentielles doivent engager une mutation profonde pour être compétitives, tout en respectant l’environnement. Il s’agit donc d’atteindre un triple objectif, environnemental, économique et social. Concrètement, cela signifie la mobilisation de 200 millions d’euros destinés à l’accompagnement et à l’accélération de la transition écologique des ports, par exemple avec l’alimentation en énergie propre des navires à quai et le développement d’infrastructures associant transition écologique et développement économique. Ces investissements permettront aux ports français de regagner des parts de marché et de sécuriser ainsi l’approvisionnement du pays.
  • Le renforcement d’un modèle de pêche et d’aquaculture durable : le ministère de la Mer accompagnera tous les maillons des filières pêche et aquaculture pour renforcer la sécurité alimentaire des Français, en préservant les ressources. 50 millions d’euros seront dédiés au soutien des filières, au développement de modèles durables d’aquaculture et à l’émergence d’un modèle plus durable pour la pêche.

Le ministère de la mer animera également le plan France relance dans les domaines suivants.

  • La préservation de l’environnement marin et du cadre de vie sur les littoraux : le plan de relance permettra d’accroître les moyens de la politique des aires marines protégées, d’améliorer le cadre de vie et celui des activités économiques sur le littoral en agissant sur la qualité des eaux, la restauration de milieux naturels et la résilience des zones côtières face au changement climatique.
  • Les industries de la mer : le plan de relance contribuera au maintien de la compétitivité des filières des industries et services de la mer, en particulier en soutenant l’innovation et la préparation de l’avenir, par exemple dans les domaines des navires non polluants et des systèmes autonomes d’exploration des océans. Ces industries seront également concernées par la décarbonation des activités, avec par exemple le déploiement de la stratégie nationale hydrogène, et le renforcement de leur résilience numérique, avec la cybersécurité.
  • Les mesures générales sur le tourisme durable concerneront bien sûr le tourisme littoral, pour en accroître la résilience et développer son rôle dans la relation entre les Français et la mer.
  • L’appui du plan de relance à la recherche contribuera à développer l’expertise scientifique sur l’océan, fondamentale pour éclairer la politique maritime et environnementale de la France.
  • Dans tous les secteurs du maritime, le ministère de la Mer portera une grande attention au développement de formations tournées vers les métiers d’avenir du maritime, pour renforcer l’attractivité des filières maritimes, porteuses d’emplois.

Au cours des prochaines semaines, avec le concours des services déconcentrés de l’État dans les territoires, Annick Girardin, ministre de la Mer, s’appuiera sur les collectivités et les acteurs socioprofessionnels afin de recenser les projets prioritaires permettant une relance maritime inclusive et décarbonée.

L’organisation de la prochaine édition du Comité interministériel de la mer (CIMer), au quatrième trimestre 2020, permettra de détailler les projets retenus.

L’obtention d’un volet maritime dédié dans le plan de relance n’est que la première étape du renforcement de notre politique maritime. Il est nécessaire que l’ensemble des acteurs du secteur puissent s’exprimer afin qu’elle soit partagée par tous. Ce plan est une formidable opportunité pour les acteurs de la mer, mais sa mise en œuvre ne sera pas automatique : l’aide de l’État sera conditionnée à un engagement des acteurs en faveur du défi du siècle, le défi environnemental.
Annick Girardin