Réunion du comité de suivi de la SNDI : de nouvelles avancées en termes de traçabilité, information du public, d’achat public « zéro déforestation » et d’engagement des entreprises

Le Lundi 23 novembre 2020

Bérangère Abba, secrétaire d’Etat, auprès de la ministre de la Transition écologique, chargée de la Biodiversité a réuni, le 18 novembre, le comité de suivi de la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI).

Cet événement a été l’occasion de faire un point d’étape et de donner une nouvelle impulsion, en présence des ministères de l’Agriculture et de l’Alimentation, du Commerce extérieur et de l’Attractivité ainsi que du ministère chargé des Comptes publics.

Afin de renforcer la dimension européenne de la lutte contre la déforestation importée, Pascal Canfin, président de la Commission de l'environnement, de la santé publique et de la sécurité alimentaire du Parlement européen ainsi qu’une représentante du Commissaire Sinkevicius sont également intervenus.

De ce comité de suivi, il ressort des avancées majeures qui tiennent en quatre axes :

  • la traçabilité : grâce à l’autorisation faite au ministère de la Transition écologique d’accéder et de traiter les données douanières d’importation, qui seront croisées avec des données satellitaires, les pouvoirs publics seront en mesure d’informer, par un mécanisme d’alerte et de manière confidentielle, les entreprises sur leur exposition au risque « déforestation  ». Il s’agit d’une réponse directe à l’attente des grands groupes français souhaitant s’engager dans cette démarche.
  • l’information du public : une plateforme publique, dont la version beta a été présentée, agrègera ces données pour informer les consommateurs, les entreprises, ONG et les acheteurs publics de l’impact global de nos importations sur les forêts dans le monde, pour favoriser une demande française de produits durables.
  • une politique d’achat public « zéro déforestation » d’ici 2022, avec un guide des bonnes pratiques distribué à 130 000 acheteurs publics dans les ministères, les services déconcentrés de l’Etat ou les collectivités territoriales. Tous sont concernés. C’est une mesure à fort effet levier puisqu’elle représente jusqu’à 10% de notre PIB.
  • les grandes entreprises s’engagent : les distributeurs Auchan, Leclerc, Carrefour, Groupe Casino, Les Mousquetaires, Système U, Lidl, Métro ont signé lors de cet événement un manifeste pour lutter contre la déforestation liée au soja. Ils s’engagent notamment à l’ajout dès 2021 des clauses de non-déforestation dans leurs contrats sur toutes les filières d’approvisionnement et à l’engagement de l’ensemble des marques nationales. Dans la foulée de cet engagement sur le soja, une démarche similaire a été lancée par les entreprises membres du Syndicat du Chocolat.

Ce que nous importons, utilisons en matières premières, consommons au quotidien, tout cela peut être synonyme de déforestation illégale à l’autre bout du monde. Pour mettre fin à cette situation, pouvoirs publics, entreprises et, ONG doivent de travailler ensemble pour développer des filières durables. Ce n’est pas seulement une opportunité, c’est notre responsabilité pour les générations futures.

Bérangère Abba