Projet de loi Climat et Résilience – Sortie de Conseil des ministres

Le Mercredi 10 février 2021

Seul le prononcé fait foi

Mesdames et Messieurs, 

Je viens de présenter le projet de loi Climat & Résilience en Conseil des ministres et je vais essayer de vous en résumer l’esprit et la lettre.  

Je dois préciser d’abord que je n’ai jamais considéré qu’en matière de transition écologique, il suffisait de prendre une règle et de tracer une ligne droite. Que ce serait au fond une pure question de calculs ou d’équations.  

La transition, celle que je porte depuis toujours, se mène avec les Français, par les Français, pour les Français. 

Il ne s’agit pas seulement de changer les moteurs de nos voitures ou les machines de nos usines. Il s’agit de changer de civilisation, de culture, de modes de vie.  

C’est le sens profond du texte que j’ai l’honneur de présenter aujourd’hui. 

Un projet à part dans notre histoire politique, imaginé par 150 citoyens tirés au sort et en passe de prendre sa place parmi les lois de notre République. 

Alors, qu’ont proposé ces citoyens ? Quel chemin la Convention Citoyenne pour le Climat a-t-elle tracé pour que notre pays réussisse sa transition ? 

Ils nous ont tout simplement demandé de faire entrer l’écologie, et donc le bon sens, dans nos vies. 

De rompre avec des tendances historiques qui nous conduisent dans le mur, mais aussi d’apporter des solutions pratiques aux Françaises et aux Français pour qu’ils deviennent les acteurs de la transition et jouissent d’une vie meilleure au quotidien.

Oui, ce texte est bien un texte de ruptures avec ce qui ne fonctionne pas dans notre modèle de développement. 

  • Un texte qui mettra un coup d’arrêt à l’étalement urbain sans fin 
  • Un texte qui empêchera de mettre en location des logements indécents sur le plan énergétique
  • Un texte qui mettra fin au recours à l’avion pour une réunion de travail à Bordeaux quand on habite à Paris 
  • Un texte qui réduira le trop grand nombre de morts liés à la pollution de l’air en régulant la circulation des voitures les plus polluantes dans nos grandes villes. 

Au-delà de ces ruptures, c’est aussi un texte qui va changer notre vie à tous, au quotidien : 

  • Lorsque nous ferons nos courses, avec plus de produits en vrac et des étiquettes mentionnant leur impact carbone 
  • Lorsque nos enfants iront à l’école, où ils seront sensibilisés aux enjeux de la protection de l’environnement et se verront proposer des menus végétariens à la cantine
  • Lorsque nous serons exposés à la publicité, avec moins de place pour les produits les plus polluants, comme les énergies fossiles, et moins d’écrans numériques qui tournent à vide la nuit dans les vitrines des boutiques 
  • Lorsque nous devrons choisir une voiture, avec la fin de la vente des véhicules les plus polluants dès 2030
  • Lorsque nous devrons nous loger, avec des bâtiments plus confortables et des factures d’énergie moins élevées. 

En bref, ce projet fait pénétrer l’écologie au cœur du modèle français, dans ce qu’il a de plus fondamental : l’école, les services publics, la Justice, mais aussi le logement et l’urbanisme, la publicité et les transports.  
Cette loi agira sur notre façon de faire société. 

Elle complètera l’œuvre d’un quinquennat marqué par de grandes lois de transformation écologique : 

  • Dans le domaine de l’énergie et du climat, avec notamment la fermeture des dernières centrales à charbon du pays 
  • Dans le domaine des mobilités, avec la priorité donnée aux transports en commun et au vélo
  • Dans le domaine de l’économie circulaire, avec la fin du tout plastique et du tout jetable

Et, bien sûr, ce texte s’ajoute à un plan de relance historiquement vert, qui consacre 30 milliards d’euros à la décarbonation de notre économie. 

C’est toutes ensemble que ces mesures nous donnent les moyens de tenir nos engagements climatiques. Le chemin est long, les efforts ne doivent pas se relâcher, mais un travail immense aura été réalisé durant ce quinquennat, un travail de réforme écologique globale, dans tous les domaines d’activités, dans toutes les facettes de la société. 

Et le projet de loi Climat & Résilience a ceci de spécifique qu’il est le texte qui rend possible la transition, en agissant sur ce qu’il y a de plus immatériel, mais aussi de plus crucial : nos comportements et nos modes de vie. 

C’est ce texte qui fera demain de l’écologie un réflexe, qui conduira chacun d’entre nous à rénover nos logements, à utiliser les transports en commun ou le vélo, à acheter une voiture électrique, à manger peut-être un peu moins de viande mais de la viande locale, élevée dans de bonnes conditions.

Au milieu de cette crise sanitaire si pénible et si dure, ce projet de loi marque une lueur d’espoir dont le pays a besoin. Pour nous rappeler qu’un monde meilleur est possible. Que nous ne sommes pas condamnés au pessimisme et au déclin. Qu’il ne dépend que de nous de réussir à relever le plus grand défi du siècle.

Voilà ce que sera l’héritage de cette loi, l’héritage de la Convention citoyenne pour le Climat : un changement de société, lié à une expérience démocratique inédite voulue par le Président de la République, et qui aura, j’en suis certaine, fait basculer la France dans l’ère écologique.   
C’est tout le sens de l’appel à l’action des 150 Françaises et Français qui se sont réunis. Et c’est ma fierté de porter devant vous ce projet de loi et à travers lui, leur voix, la voix de l’écologie.

Je vous remercie.