Pollution de l'air : quel impact sur la santé des Français ?

Le Mercredi 14 avril 2021


Crédits : Laurent Mignaux / Terra

Parallèlement à sa mobilisation durant la crise de la Covid-19, Santé Publique France s’est attachée à poursuivre sa mission dans le cadre du programme « Air et santé » : prévenir les impacts de la pollution de l’air sur la santé. Une étude a ainsi été menée, en lien avec l’Ineris, le Citepa, les AASQA et l’Observatoire régional de santé d’Île-de-France, afin de comprendre l’impact des mesures de gestion de crise sur la santé et sur l’environnement. Les résultats sont dévoilés ce mercredi 14 avril sous la forme de deux scénarios à court et long termes. Ces derniers confirment le lien entre exposition aux polluants atmosphériques et mortalité prématurée, et mettent en exergue la force de l’action publique comme levier de réduction des émissions de polluants.

Pollution de l’air et mortalité prématurée, un lien avéré et observé durant le confinement

Dans le cadre de la crise sanitaire de la Covid-19, la France a observé un ralentissement des flux de marchandises et de personnes. Santé Publique France a travaillé à estimer quels ont été les impacts de ces ralentissements et du confinement de mars 2020. En effet, cette réduction des flux et des activités a engendré une baisse notable des émissions de polluants atmosphériques, spécifiquement du dioxyde d’azote (NO2), dont l’émission est principalement liée au trafic routier, et des particules fines.

Résultat : 2 300 décès auraient été évités grâce aux baisses des niveaux de polluants présents dans l’air ambiant. Une estimation basée sur le lien inévitable entre l’exposition aux polluants atmosphériques et leur effet sur la santé.

Une nouvelle estimation du poids de la pollution de l’air ambiant sur la mortalité prématurée

Santé Publique France propose également un scénario lié à une étude de plus long terme, ayant été réalisée entre 2016 et 2019, visant à revoir l’estimation globale des impacts sanitaires de la pollution de l’air sur les décès prématurés.

Ainsi, les dernières évaluations en matière de mortalité liée à la pollution de l’air ambiant sont de 40 000 décès attribuables chaque année à une exposition durable aux particules fines et 7 000 attribuables aux oxydes d’azote.

Cette estimation est réalisée grâce à un outil développé par l’Organisation mondiale de la santé, l’EQIS, c’est à dire l’évaluation quantitative d’impact sur la santé, qui permet d’illustrer l’impact de l’air ambiant sur la santé.

Une action volontariste et de long terme nécessaire pour diminuer l’impact de la pollution atmosphérique sur la santé

Les estimations de Santé Publique France viennent réaffirmer l’enjeu de santé publique autour de la pollution de l’air et incitent à poursuivre durablement les efforts de réduction sur toutes les sources de pollution.

La France, dans le cadre de sa politique ambitieuse en matière de santé environnement, s’attache à agir pour réduire la pollution de l’air à travers des politiques publiques structurantes.

  • Depuis 2019, la loi d’orientation des mobilités impose l'instauration d'une zone à faibles émissions mobilités (ZFE-m) en 2021 à une dizaine de territoires en dépassement, de façon régulière, des normes de qualité de l'air afin d'y limiter la circulation des véhicules les plus polluants. Le projet de loi climat et résilience rend obligatoire la mise en place de ZFE-m pour les agglomérations de plus de 150 000 habitants d’ici le 31 décembre 2024. Ce sont ainsi un total de 44 ZFE-m qui seront opérationnelles en 2025.
     
  • L’article 36 du projet de loi climat et résilience interdit les liaisons aériennes intérieures au territoire national dès lors qu’un trajet alternatif en train, moins émetteur de CO2, existe en moins de 2h30.
     
  • Le chauffage domestique au bois, s’il est une source d’énergie neutre en carbone, est le principal responsable des émissions de particules fines dans l’atmosphère dans les agglomérations denses. Pour y remédier, le ministère de la Transition écologique fixe l’objectif de réduire de 50 %, d’ici 2030, cette pollution atmosphérique liée au chauffage au bois domestique dans le plan d’action pour un chauffage au bois domestique performant. Une consultation publique est ouverte jusqu’au 30 avril pour formaliser ce plan.

Par ailleurs, des mesures réglementaires, fiscales et incitatives existent depuis plusieurs années pour réduire les sources de polluants atmosphériques dans les différents secteurs d’activité, parmi lesquelles les vignettes Crit’air, l’interdiction du brûlage des déchets verts, la taxe générale sur les activités polluantes, la désulfuration du fioul domestique ou encore la prime à la conversion pour le remplacement des véhicules diesel anciens.