Numérique et environnement : le Gouvernement publie sa feuille de route

Le Mardi 23 février 2021


Crédits : MTE

Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, Bruno Le Maire, ministre de l’Économie, des Finances et de la Relance, et Cédric O, secrétaire d’État chargé de la Transition numérique et des Communications électroniques, annoncent la publication d’une feuille de route interministérielle numérique et environnement, pour faire converger transitions écologique et numérique.

Rendre le numérique plus responsable est une attente forte des Français, exprimée par la Convention Citoyenne pour le climat et installée depuis plusieurs années dans le débat public national. C’est un sujet complexe, car nécessitant de répondre à deux enjeux : d’une part, la maîtrise de l’empreinte environnementale du numérique, d’autre part, celui de l’utilisation du numérique comme levier au service de la transition écologique.

Fruit de plusieurs mois de concertation et d’élaboration, la feuille de route numérique et environnement compte 15 actions et donne le cap vers un numérique au service de la transition écologique.

Faisons converger les transitions

La feuille de route numérique et environnement : une mobilisation de tous les acteurs pour mesurer, réduire et optimiser

     

    La feuille de route numérique et environnement marque le lancement d’une nouvelle politique publique centrée sur la nécessité de faire converger transitions écologique et numérique. Son objectif est de permettre à l’ensemble des acteurs des sphères publique et privée, comme des citoyens, de s’inscrire dans une démarche de soutien à un numérique plus responsable. Cette nouvelle politique publique concilie exigences environnementales et objectifs économiques de compétitivité des entreprises ainsi que d’emplois sur le territoire français.

     

    Trois axes, alimentés de mesures ambitieuses et structurantes, composent cette feuille de route.

    1. Connaitre pour agir : développer la connaissance de l’empreinte environnementale numérique.
    2. Soutenir un numérique plus sobre : réduire l’empreinte environnementale du numérique, liée à la fabrication des équipements et au développement des usages.
    3. Innover : faire du numérique un levier de la transition écologique.

    " Le numérique fait partie notre quotidien : il a beaucoup à apporter à la transition écologique, mais il a aussi une empreinte environnementale qu’il faut maîtriser, dans un contexte de forte hausse des usages. La feuille de route du Gouvernement vient définir un cadre d’action concret pour répondre à cet enjeu, qui a été notamment exprimé par la Convention Citoyenne pour le climat."

    Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique.

    Parmi les mesures phares de la feuille de route :

     

    • mise en place d’un baromètre environnemental des acteurs du numérique, via l’instauration d’un pouvoir de collecte de données pour l’ARCEP, en associant l’Ademe ;
    • formalisation de codes de bonne conduite avec les acteurs du numérique (fabricants, fournisseurs de contenus, éditeurs de logiciels) en matière d’impact environnemental, qui pourraient être portés à l’échelle européenne pour devenir opposables ;
    • transmission d’une première lettre de cadrage du Gouvernement demandant à l’ARCEP de travailler aux voies et moyens de prise en compte des enjeux environnementaux dans les critères d’attribution des prochaines bandes de fréquence 26Ghz ;
    • saisine de l’ARCEP pour une analyse des pratiques commerciales de terminaux subventionnés et de leur impact, suite à la demande de la Convention Citoyenne pour le Climat, afin de permettre au Gouvernement de prendre d’éventuelles mesures ;
    • vers un Etat exemplaire dans ses achats : ambition d’atteindre l’achat de 20% de téléphones fixes et portables et de matériel informatique reconditionnés ou de seconde main et adoption de l’écoconception par les services publics numériques dans le cadre de la feuille de route Tech.gouv ;
    • lancement d’une campagne de sensibilisation sur les pratiques numériques moins polluantes, parce que l’impact écologique des usages peut être minimisé par une meilleure information des Français ;
    • accompagnement des startups greentech à fort potentiel par la Mission French Tech, pour accélérer leur développement ;
    • lancement d’appels à projet pour soutenir le développement de solutions innovantes mettant la 5G et l’Intelligence artificielle au service de la transition écologique.

     

    L’impact environnemental du numérique en quelques chiffres :

     

    • 75% de l’impact environnemental du numérique se concentre sur la phase de fabrication des équipements

    • 88% des Français changent de téléphone portable alors que l’ancien fonctionne toujours, entre 50 et 100 millions de téléphones dorment dans des tiroirs. Pas moins de 70 matériaux différents, dont 50 métaux sont nécessaires pour fabriquer un smartphone.

    • Le flux de déchets d’équipements électriques et électroniques augmente de 2% par an en Europe.

    • Moins de 40% de ces déchets sont recyclés en Europe.