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Lancement du plan d’action pour prévenir l’introduction et la propagation des espèces exotiques envahissantes

Le Mardi 15 mars 2022

Raisin d'Amérique
Crédits : Olivier Brosseau / Terra

Les espèces exotiques envahissantes constituent l’une des principales menaces pour la biodiversité mondiale. À l’occasion d’un déplacement dans la Marne ce mardi 15 mars, Bérangère Abba, secrétaire d’État chargée de la Biodiversité, annonce le lancement du premier plan national d’action pour prévenir l’introduction et la propagation des espèces exotiques envahissantes. Portant sur la période 2022-2030, ce plan s’accompagne de mesures concrètes de lutte contre ces espèces qui constituent une menace majeure pour la biodiversité.

Les espèces exotiques envahissantes, une menace pour la biodiversité

Une espèce exotique envahissante (EEE) est une espèce animale ou végétale introduite par l’homme sur un territoire hors de son aire de répartition naturelle, qui s’installe et se propage au point d’affecter la biodiversité locale. 

Ces espèces constituent une menace pour les écosystèmes, les habitats naturels ou les espèces locales. Elles accaparent les ressources, ou peuvent être prédatrices directes des espèces locales. Elles constituent un danger pour environ un tiers des espèces terrestres et ont contribué à près de la moitié des extinctions connues à l’échelle mondiale.

Les espèces exotiques envahissantes représentent également un risque pour notre santé, car elles peuvent être vectrices de pathogènes ou allergisantes, et elles peuvent avoir un impact négatif sur les activités économiques comme les activités agricoles, forestières, touristiques, ou encore la navigation fluviale.

L’introduction de ces espèces peut être volontaire ou fortuite. Elle est favorisée par l’essor du commerce et des transports internationaux. Cette menace pour la biodiversité va continuer à croître car elle bénéficie de facteurs aggravants comme les changements climatiques, qui facilitent la résistance et l’implantation d’espèces venues de régions plus chaudes. 

La France n’est pas épargnée : du fait de sa situation de carrefour et de la diversité de ses milieux, la métropole est exposée aux invasions d’espèces exotiques envahissantes. Les territoires insulaires, notamment en outre-mer, sont particulièrement vulnérables à la menace des EEE, du fait de leur isolement géographique et de leur fort taux d’endémisme.

[Vidéo] Espèces exotiques envahissantes : lancement du premier plan national d’action

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Les espèces exotiques envahissantes sont l'une des principales menaces pour la biodiversité.
Ces espèces, animales ou végétales, terrestres, marines ou d'eau douce, transportées par l'homme en dehors de leur territoire d'origine, s'installent et prolifèrent.
Prédatrices des espèces locales ou concurrentes pour l'espace, le soleil, la nourriture, les nids ou les habitats, elles appauvrissent la biodiversité locale.
76 % d’espèces exotiques envahissantes en plus en Europe depuis les années 1970
Le réchauffement climatique et l'accélération des échanges et des transports accentuent le problème.
Ces espèces peuvent aussi nuire à la santé humaine.
Elles ont un impact négatif sur les activités économiques, agricoles, forestières, touristiques ou de navigation.
12,5 Md € par an pour réparer les dommages causés par les invasions biologiques, en Europe continentale
La France, notamment d’outre-mer est particulièrement concernée.
Face à la prolifération des espèces exotiques envahissantes, la mesure la plus efficace est la prévention.
La France lance son premier plan d’action pour :
mieux prévenir l’introduction et la propagation des espèces exotiques envahissantes
renforcer la coordination et la mobilisation des acteurs
amplifier la coordination des politiques de santé humaine, animale et environnementale, (approche Une seule santé).
Quatre priorités d’intervention :
1 - Communiquer, sensibiliser et former les particuliers et les structures concernées
2 - Élaborer des guides d’informations pratiques sur les espèces exotiques envahissantes
3 - Consolider le cadre réglementaire
4 - Contrôler et surveiller
Citoyen, jardinier, touriste, pêcheur, élu, professionnel de l’animal ou du végétal…
nous pouvons tous agir pour enrayer la progression des espèces exotiques envahissantes. Soyons vigilants.

Un premier plan national, pour agir en amont

Une fois largement installées, les espèces exotiques envahissantes sont très difficiles à éradiquer et même à gérer, nécessitant des moyens humains importants, sur de longues durées. La prévention de leur introduction sur le territoire national ou de leur propagation est donc absolument déterminante. 

Dans le cadre de la lutte contre les espèces exotiques envahissantes en France, le ministère de la Transition écologique et l’Office français de la biodiversité lancent un premier plan d’action pour prévenir l’introduction et la propagation des espèces exotiques envahissantes. Il vise notamment à renforcer la coordination et la mobilisation des acteurs et amplifier la coordination des politiques de santé humaine, santé animale et santé de l’environnement dans une approche « Une seule santé ». Elaboré en concertation avec l’ensemble des parties prenantes, et notamment les instances scientifiques, les organisations socioprofessionnelles et les ONG, il détaille et renforce le volet prévention de la stratégie nationale relative aux espèces exotiques envahissantes adoptée en 2017. 

Ce premier plan d’action dédié aux EEE pose les bases d’une action collective plus efficace pour prévenir le plus en amont possible les invasions biologiques. Il s’attaque à l’introduction et à la propagation des espèces les plus préoccupantes au niveau européen ou national et renforce l’alerte et l’action précoce sur de nouvelles menaces. Il couvre l’ensemble du territoire national – métropole et territoires ultramarins, avec certaines dispositions renforcées pour ces derniers.

Ses actions déclinent quatre priorités d’intervention : 

  • Communiquer, sensibiliser et former les particuliers et les structures produisant, détenant ou concernées par les espèces exotiques envahissantes
  • Élaborer des guides d’informations pratiques sur les espèces exotiques envahissantes, en mobilisant les filières concernées
  • Consolider le cadre réglementaire, notamment en matière de contrôles
  • Mobiliser et renforcer les moyens administratifs et judiciaires pour s’assurer de la bonne application des dispositions législatives et réglementaires.

Du fait de l’intégration du marché européen, l’Union européenne est l’échelle la plus pertinente pour prévenir l’entrée de nouvelles espèces envahissantes. C’est pourquoi le plan d’action s’articule avec la politique européenne de lutte contre les EEE et notamment avec le Règlement (UE) n° 1143/2014 du Parlement européen et du Conseil du 22 octobre 2014 sur la prévention et la gestion de l’introduction et de la propagation des espèces exotiques envahissantes.

Des programmes pour renforcer l’action collective 

Lorsqu’une espèce est malheureusement introduite dans le milieu naturel, il est important d’agir au plus vite pour limiter sa propagation et son installation. C’est pourquoi l’État renforce également son appui aux opérations d’éradication ou de gestion d’espèces en voie d’installation. Dans le cadre de la stratégie nationale biodiversité 2030, un programme exceptionnel de 500 opérations « coup de poing » va être mis en place de 2022 à 2025 pour réagir rapidement face aux espèces susceptibles de s’installer. En 2022, il bénéficiera d’un soutien de 1,5 millions d’euros du ministère de la Transition écologique pour la réalisation d’une première série d’opérations. Ces actions seront conduites avec l’appui technique du centre de ressources sur les espèces exotiques envahissantes de l’Office français de la biodiversité, en partenariat avec le Comité français de l’UICN. Les agences de l’eau, pour leur part, apportent plus d’1 M€ par an à cette lutte.

Enfin, l’engagement des jeunes dans ces chantiers sera facilité grâce au programme « Jeunes Nature Expériences » du service civique, qui permettra à 1000 jeunes de mener une mission de service civique dédiée à la nature en 2022 et 2023. Une fiche de mission type validée par l’agence du service civique est mise ainsi à disposition des collectivités et des établissements publics comme Voies navigables de France qui a d’ores et déjà prévu de faire appel à ce dispositif. Dans le cadre de la stratégie nationale biodiversité 2030, le ministère de la Transition écologique dotera ce programme du service civique, dès 2022, de 500 000 euros supplémentaires.  

Par ailleurs, un nouvel arrêté listant des espèces d’espèces exotiques envahissantes est mis en consultation afin de poser des restrictions au commerce, à la détention et au transport d’espèces comme le Crabe bleu, la Crassule de Helms, la moule Quagga ou encore le frelon oriental.

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