Lancement du nouveau plan national pollinisateurs 2021-2026

Le Mardi 23 novembre 2021


Crédits : Barbara Mai / Observateur Spipoll

Les insectes pollinisateurs domestiques et sauvages jouent un rôle essentiel pour préserver l’équilibre des écosystèmes naturels ainsi que les productions agricoles. Porté par les ministères de la Transition écologique, et de l’Agriculture et de l’Alimentation, le nouveau plan pollinisateur porte sur la période 2021-2026. Décliné en 6 axes, il rassemble des mesures concrètes en faveur des insectes pollinisateurs sauvages et des abeilles domestiques, pour restaurer leurs habitats et améliorer leurs ressources alimentaires disponibles, ainsi que pour restaurer les services écologiques rendus par la pollinisation.

Pourquoi un plan en faveur des insectes pollinisateurs ?

Les insectes pollinisateurs jouent un rôle majeur aussi bien dans la reproduction de plantes sauvages que pour la production agricole. 35 % de ce que nous mangeons dépend ainsi de la pollinisation par les insectes. Ils participent au maintien de la biodiversité dans son ensemble et constituent des maillons essentiels pour préserver l’équilibre des écosystèmes. En France, de très nombreuses espèces cultivées dépendent des insectes pollinisateurs, parmi lesquelles des espèces fruitières (pomme, poire, fraise…), maraîchères (tomate sous serre, melon, courgette…), et des espèces de grande culture (colza, tournesol…). 

90 %

des plantes à fleurs dépendent de la pollinisation par les insectes

1 espèce sur 10

d’abeille et de papillon est menacée d’extinction selon l’UICN

Depuis plusieurs décennies, les populations d’insectes pollinisateurs sauvages et des colonies d’abeilles domestiques déclinent, partout dans le monde. Différents facteurs y contribuent : 

  • la disponibilité et la qualité des ressources alimentaires et des habitats des pollinisateurs ; 
  • les pratiques agricoles, l’artificialisation des sols et la gestion paysagère ;
  • les rotations culturales et l’utilisation de produits phytosanitaires ;
  • le changement climatique ;
  • les dangers biologiques tels les agents pathogènes et les prédateurs.

Un nouveau plan national pour la période 2021-2026

Lancé par le Gouvernement  pour accélérer la mise en place d’actions pour lutter contre leur déclin, le plan national en faveur des insectes pollinisateurs et de la pollinisation 2021-2026 a été élaboré de manière concertée avec l’ensemble des parties prenantes. Il a notamment fait l’objet d’une consultation publique au mois de juillet 2021.  

Six axes thématiques, pour favoriser la protection des pollinisateurs

Le plan se décline en 6 axes thématiques majeurs : 

  1. Amélioration des connaissances scientifiques ;
  2. Leviers économiques et d'accompagnements des agriculteurs, apiculteurs et forestiers ;
  3. Accompagnement des autres secteurs d’activités (aménagements urbains, infrastructures linéaires, sites industriels, sites à grande emprise foncière, aires protégées) ;
  4. Préservation du bon état de santé des abeilles et autres pollinisateurs ;
  5. Réglementation pour la protection des pollinisateurs lors de l'autorisation et l'utilisation des produits phytopharmaceutiques ;
  6. Partage des pratiques agricoles favorables aux pollinisateurs.

[Vidéo] Lancement du plan national pollinisateurs 2021-2026

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Le Gouvernement présente un plan national en faveur des insectes pollinisateurs et de la pollinisation, pour la période 2021-2026.
Il cible l’ensemble des insectes pollinisateurs, domestiques ou sauvages.
90% des plantes à fleurs dans le monde dépendent de la pollinisation par les insectes
Protéger les pollinisateurs, c'est préserver la production agricole et la diversité des espèces végétales et animales.
6 axes majeurs :
1 : Améliorer les connaissances scientifiques sur les insectes pollinisateurs, et les facteurs qui les impactent
2 : Mettre en place des leviers économiques et d'accompagnement des agriculteurs, apiculteurs et forestiers
3 : Accompagner d'autres secteurs d’activités : aménagements urbains, transports, sites industriels, aires protégées, etc.
4 : Préserver le bon état de santé des abeilles et autres pollinisateurs
5 : Réglementer l'autorisation et l'utilisation des produits phytopharmaceutiques pour la protection des pollinisateurs
6 : Partager les pratiques agricoles favorables aux pollinisateurs
Protégeons les biens inestimables que nous rend la nature.

Les 8 actions phares du plan

  • Établir des listes rouges UICN des insectes pollinisateurs sauvages sur le territoire national, pour disposer de données objectives permettant d’orienter les actions de conservation ;
  • Mieux connaître les comportements et ressources alimentaires des pollinisateurs, pour déterminer l’influence des pratiques agricoles et apicoles et l’impact du changement climatique sur ces ressources, et faire émerger des solutions innovantes 
  • Acquérir de nouvelles connaissances sur les facteurs de stress des pollinisateurs, et les mécanismes d'adaptation des pollinisateurs aux stress, pour proposer des stratégies d’adaptation pertinentes ;
  • Mobiliser une diversité d’acteurs et disséminer largement les pratiques favorables aux pollinisateurs. Le plan prévoit l’intégration d’actions favorables aux insectes pollinisateurs dans les pratiques de nombreux secteurs d’activités : agriculture, forêt, aménagement urbain, industries, infrastructures de transport, ainsi que dans les espaces naturels protégés ;
  • Établir un partenariat avec le conseil national des villes et villages fleuris, pour renforcer la prise en compte des insectes pollinisateurs et de la pollinisation par les collectivités, et impliquer la société civile dans des actions en faveur des insectes pollinisateurs ;
  • Préserver le bon état de santé des abeilles, notamment via divers leviers d’accompagnement des apiculteurs : formation, maitrise sanitaires des exploitations apicoles et le déploiement de l'observatoire des mortalités et des affaiblissements de l'abeille mellifère (OMAA) sur l'ensemble du territoire national ;
  • Soutenir la filière apicole, pour garantir la viabilité économique des exploitations apicoles françaises et le maintien d’un cheptel apicole important sur le territoire national ;
  • Renforcer la protection des pollinisateurs lors de l’utilisation des produits phytopharmaceutiques, avec notamment la révision de l’arrêté du 28 novembre 2003 relatif aux conditions d’utilisation des produits phytopharmaceutiques en période de floraison.